mik dupont UA-70672535-1

27/02/2015

Moralité politique

morale.pngComme dit hier, nous ne demandons pas à nos édiles politiques d'être des saints, de faire vœux de pauvreté et encore moins de chasteté ou de fidélité sexuelle. On se fiche de savoir qui divorce de qui ! Leur vie personnelle, avec ce qu'elle a de jardin privé, ne nous regarde pas. Qu'ils fassent ou non la fête, non plus. Je trouve vraiment malsain le déballage médiatique sur la vie privée quand celle-ci n'a rien de condamnable légalement. Attendre de nos politiques qu'ils soient  exemplaires, parfaits, comme d'ailleurs personne de nous ne l'est, serait une grave erreur. Evitons donc le fantasme de la pureté parfaite! L'éthique que nous leur demandons est d'un autre ordre. Nous élisons nos représentants pour s'occuper de l'intérêt général. Cela exige de savoir ne pas faire interférer intérêt privé et intérêt général. C'est là que se situe la pierre angulaire de la morale qu'ils doivent s'imposer et que nous devons veiller à faire respecter. Cette pierre n'est autre que les conflits d’intérêts d’ordre financier. L'illustration en est d'ailleurs une nouvelle fois donnée par les affaires Kubla, De Decker, Mathot qui aujourd'hui font la une. Que  Mathot et Moreau fassent la fête à Vegas ou ailleurs; que Kubla fasse la fête au Congo est leur affaire. Mais, qu'ils la fassent par rapport à des commissions occultes de marchés publics devient alors notre affaire. Que A. DeckerL "monnaie" son carnet d’adresses, n'a plus rien du droit commun.  Les liens douteux, faits d’allers-retours permanents entre politique et administration, entre administration, politique et monde des affaires, entre médias et politiques devraient aboutir à des règles claires de gouvernance. Nous en sommes bien loin, malgré les belles déclarations. Amusant d'ailleurs de voir les amis ou ennemis politiques se déclarer en état de choc quand l'un des leurs se fait prendre la main dans le sac, comme si tout d'un coup ils ignoraient les petits arrangements. Hypocrisie totale. Les mêmes rechignent souvent pour établir de vraies règles pour améliorer et faire progresser l'éthique politique. Bref, ce qu’on demande d’abord à ceux qui incarnent la politique, c’est d’appliquer les lois et les règlements dans les mêmes conditions que les autres citoyens.

L'autre point aussi insupportable est le hiatus entre le discours et les pratiques. Comment admettre qu'un commissaire européen, Pierre Moscovici (PS), qui gagne 25.000€ par mois se prononce pour ne pas  casser le modèle économique et social de la Grèce, mais  se prononce contre l'augmentation de 40% le Smic, parce qu''argent que les Grecs doivent utiliser pour nous rembourser! Lorsqu'on proclame des valeurs de solidarité, au risque de tomber dans une forme d'hypocrisie totale, il faut les vivre. Là aussi, nos représentants en sont très loin. La raison en est que la  politique a fini par laisser la place au pouvoir économique et financier. Or, celui-ci n’est régi par aucune morale. Seule compte la recherche de la rentabilité. Cette logique finit par irriguer la société tout entière, y compris la classe politique. Je ne vois que le PTB qui ose réellement casser cette logique et dans son discours et dans sa pratique. C'est la raison principale de mon adhésion à ce parti. Mais à côté de ce contre-pouvoir politique qu'il représente, il ne faudrait pas oublier de renforcer d'autres, comme celui d'une justice vraiment indépendante et capable de sanctionner sévèrement les " cols blancs" , de médias d'investigations réelles et non de simples diffuseurs de scandales. Il faut aussi certainement veiller à mieux former nos jeunes à  se forger des convictions politiques.  Sans un sursaut moral, la classe politique risque de donner du grain à moudre au populisme malsain de partis comme le FN en France ou le PP chez nous.

10:09 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Merci de m', inscrire dans vos supporters

Écrit par : Widart Dominique | 27/02/2015

Les commentaires sont fermés.