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14/03/2015

Un baromètre politique qui bouge très peu

 

baromètre.jpgA lire le dernier baromètre sur le comportement électoral qu'auraient aujourd'hui les belges a de quoi surprendre par sa relative stabilité, malgré quelques variations à gauche. Notons d'abord que depuis la fédéralisation du pays, il n'y a plus qu'un seul parti vraiment national: le PTB. Les sondages n'en tiennent pas compte puisqu'ils suivent les résultats par région et non sur l'électorat belge. Ceci rend encore plus complexe le "jeu" politique. Les rapports de force au fédéral et aux régions déterminent des coalitions maintenant différentes, suivant des logiques pour le moins floues. Etrange et surprenant de voir une stabilité dans les partis libéraux, alors qu'il semble qu'une analyse des modèles de vote ferait croire qu'on ne vote pas selon les mêmes critères au Nord et au Sud du pays. Les enjeux en Flandre seraient plus communautaires et le vote structurel lié à l'économie moins prégnant . Au regard de ce dernier sondage, j'en doute. En tout cas, l'électorat francophone ne semble pas tenir rigueur de la trahison du MR dans son choix de coalition communautaire, ni même des mesures antisociales que ce gouvernement ne cessent de prendre. L'électorat flamand semble continuer à faire confiance dans la politique économique de droite de la NVA, qui a mis sous le boisseau ses revendications séparatistes, avec une légère baisse de la part des purs et durs qui rejoignent le Vlaams Belang. Le succès de ce parti, à bien y regarder, ne met pourtant pas  un terme à la fragmentation du champ politique flamand, avec trois familles traditionnelles oscillant entre 14% et 17%.Les actions syndicales, elles, restent bien au niveau fédéral avec leur front commun de revendications. Etonnant donc de voir d'un côté un mécontentement croissant des travailleurs et de l'autre si peu de changement dans les intentions de vote. La démocratie parlementaire semble bien être en divorce de plus en plus grand avec celle qui s'exprime dans la rue. Je ne trouve pas beaucoup d'explications sur cette incohérence. Il persiste certainement une tradition plus grande qu'on ne pourrait croire dans les choix de votes, selon le milieu et la culture de l'électeur. La communication via les médias joue aussi un rôle non-négligeable. Ce qui compte avant tout pour les partis et leurs ténors est d'être vus, bien plus que d'être entendus réellement sur les choix qu'ils posent. L'image est devenue plus importante que le produit. L’impact de l’audimat dans un espace médiatique qui plébiscite de plus en plus des personnalités politiques télégéniques, blablateuses, menteuses est très important même si souvent éphémère. L'information alternative au pouvoir est aussi très censurée, voire muselée.

 

Ce sondage comporte pour moi un seul petit espoir de changement. C'est la montée partout dans le pays du PTB. Cela est sans doute dû à ce que ce parti est le seul actuellement qui montre sa capacité à déployer un discours répondant aux craintes de l’opinion. Ce parti, parce qu'il est encore national, ose combattre les différences dont s'empare De Wever pour diviser la classe ouvrère qui n'a rien à y gagner. Les "deux démocraties à part entière " que voudrait le prince d'Anvers reviendrait à établir une concurrence nuisible aux travailleurs tant du Sud que du Nord et du Centre de notre pays. L'histoire des revendications ouvrières nous montrent que c'est dans l'union qu'elles réussissent. Notre pays a besoin d'un grand renouveau de la classe politique, ce que l'électeur comprendra, je l'espère, si pas aujourd'hui, demain. Bien plus  qu'une réforme des structures institutionnelles qui alimentent les escarmouches politiciennes; bien plus qu'une pure acceptation du dogme de l'austérité qui ne remplira pas les caisses de l'Etat, ne multipliera pas les emplois et accroitra la pauvreté des uns et la richesses des autres, c'est d'un total changement de cap, et non de petits compromis, dont nous avons besoin. Nous en avons assez d'un  PS, en tant que gestionnaire inamovible de la Région wallonne et de la Communauté française,  du  MR et autres partis traditionnels tant au Nord qu'au Sud, toujours prêts à trouver les éternelles combines pour se servir plutôt que de nous servir.

 

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