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20/03/2015

Violence d'aujourd'hui et d'hier

violence1.jpgJe ne voudrais évidemment pas relativiser la violence, les vols, les incivilités, et tout ce qui aujourd'hui fait les choux gras d'une presse friande de faits divers qui créent un sentiment croissant d'insécurité dans notre société.  Je les entends tous ceux qui regrettent un hier bien plus calme, selon eux, sans les racailles d'aujourd'hui, ces voyous mal  éduqués. Je les entends aussi ceux qui mettent sur le dos des "étrangers" l'accroissement de la délinquance. Cela fait le bonheur de politiques récupératrices d'extrême droite qui misent sur la peur pour développer des thèses racistes. Et pourtant, un minimum de sens de l'histoire démontre qu’il n'y a, au fond, rien de nouveau sous notre soleil.  Les braquages de fourgons de transfert de fric ressemblent très fort aux attaques du XVIIIème siècle où les bandits masqués, leur coup fait,  remontaient à cheval et s’éloignaient au galop, après avoir coupé les traits de l’équipage, de façon à rendre toute poursuite impossible. Faut-il se souvenir des fameux coupeurs de bourses, semblables à nos pickpockets d'aujourd'hui? Avons-nous oublié toutes dénominations de truands, de malandrins, d'argotiers, de gueux et autres qui jalonnent l'histoire ancienne et moderne  pour décrire  toute une délinquance qu'aucune politique n'a jamais pu éradiquer.

Nos réflexions, critiques et exigences n'ont rien de neuf. L'auteur de Mémoires, le juriste Jacques Du Clercq , chroniqueur du XVe siècle, dénonçait déjà la malhonnêteté des autorités, le laxisme des tribunaux, l'injustice sociale. Il allait même exprimer un besoin de sécurité, jusqu'à accepter le joug royal!  A la même époque, Sébastien Brant, humaniste et poète satirique allemand, déplorait le mauvais exemple que donnaient les adultes. Nos "nobles" débats entre répression et prévention n'ont aussi rien de neuf. La peine de l'amende, du fouet ou même de la mort, montrait ses limites et d'aucuns s'attachaient déjà à une "médicalisation" des délinquants.

Que dire alors de la délinquance que nous appellerions aujourd'hui des cols blancs?  Certes, les paradis fiscaux n'existaient pas. Par contre, rappelons que les francs-bourgeois, logés gratuitement à Paris, grâce à la libéralité d'un particulier et avec exemption d'impôts n'étaient que des truands!

Méfions-nous de considérer qu'hier était mieux qu'aujourd'hui. Méfions-nous de tomber dans le simplisme des solutions à encore trouver. Une chose est en tout cas évidente: la pauvreté engendre toujours une forme de violence. Plus l'écart entre riches et pauvres se creuse, plus il y de délinquance. Violence et pauvreté vont souvent de pair. Plutôt que de crier avec les loups, de relayer en permanence des faits divers sordides, il  serait plus utile d'inviter chacun à aiguiser son esprit critique. Cherchons à comprendre au-delà des apparences, les racines réelles du mal que nous dénonçons afin de contribuer à la construction d'une société de paix!

10:02 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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