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27/03/2015

Le PS, le PTB et la classe ouvrière

trahison.pngEn lisant un article ( merci Claude)  de Bernard Pudal sur "L’ambition perdue du PCF" sur le site idée.fr et reprenant largement l'analyse de Julian Mischi dans son livre "  Le communisme désarmé", je me disais  qu'il n'y a plus en Belgique que le PTB-PVDA et quelques autres petits partis communistes,  qui ne s’éloignent pas des réalités ouvrières concrètes, de celles des chômeurs et des "exclus".

Membre sympathisant de ce parti, sans aucune implication dans sa hiérarchie, je ne peux que me réjouir de sa progression. Celle-ci est due, à mon avis, non seulement à sa lutte contre la pauvreté, mais aussi parallèlement à sa présence de plus en plus grande dans les entreprises, non seulement par des soutiens en raison de licenciements ou de fermetures, mais bien dans le quotidien. Le renouvellement formalisé du PS avec la FGTB et les mutuelles ne changera pas fondamentalement la conscience de l'abandon du PS de la classe ouvrière.  Ses inflexions  dans les programmes et gouvernances libérales sonneront un jour ou l'autre, comme le Passok en Grèce, une  chute vertigineuse.  

Tout n'est pourtant pas gagné pour le parti marxiste. En entrant dans des parlements et des communes, il doit veiller à ne pas tomber dans une logique de concurrence électorale. Ce risque existe parmi d'autres. Son programme d'une politique alternative résumé dans son "plan cactus" est extrêmement bien élaboré, concret, pragmatique, mais aussi, je l'ai déjà souligné très (trop) "keynésien". La lutte des classes s'y trouve mais en filagramme.  Vaincre la pauvreté dans les pays riches ne peut se résumer à l'exigence d'une taxe des millionnaires, aussi utile et urgente soit-elle ou à d'autres mesures capables d'endiguer une pauvreté grandissante dans le pays. La vraie défense de la pauvreté se fait essentiellement par la dénonciation de l'exploitation et son "explosion".

Le marxisme reste une méthode d'analyse et d'action plus actuelle qu'en apparence. Les temps ont pourtant changé. La classe dite ouvrière aussi. Elle s'étend aux intellectuels, enseignants ingénieurs, techniciens et cadres. Une ouverture sociologique du parti ne peut cependant pas se traduire par une mainmise des "penseurs" ou  d'"intellectuels" sur sa marche, son organisation, sa représentation.  C'est heureux et hautement symbolique de voir enfin siéger dans un parlement des  ouvriers. Le fait d'avoir placé Frédéric Gillot et Ruddy Warnier en place utile  va dans le bon sens.  Ces deux parlementaires font  bien leur nouveau boulot, sans quitter le terrain dont ils sont issus. Leur discours sonnent justes et vrais. Raoul Hedebouw et Marco Van Hees, sans avoir été vraiment ouvriers ont grandi dans les jardins de la lutte des classes. Cela se ressent et leur succès est à la mesure de cette fidélité. J'espère et veux croire que leur succès n'entraînera pas chez eux un  processus général de professionnalisation de la vie politique. C'est un autre danger. Il ne faudrait pas que, comme dans tous les autres partis,  les classes populaires finissent par être exclues de la représentation politique.

Le PS, mais aussi son syndicat et ses mutuelles se sont enfermés aujourd'hui plus que jamais dans la logique de survie de leur appareil. Ils ne sont pas les seuls. Le PTB se doit d'éviter cette logique tentante. Il doit poursuivre son action qui ouvre la voie à une représentation populaire en interne et externe. Cet enjeu ne sera facile, mais il indispensable à la crédibilité de ses objectifs.

19:10 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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