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04/04/2015

Militantisme et critique politique

 

militanstisme.jpgJe me suis souvent demandé si un militantisme de parti pouvait être compatible avec un esprit critique. La réponse n'est évidemment pas simple. Il me semble pourtant qu'une conviction n'empêche pas une éthique de recherche et de savoir. Si mon affiliation et ma participation  à un parti, à partir d'une conviction personnelle, relève en partie d'un subjectivisme, elles ne m'empêchent pas de poursuivre un savoir, y compris sur ce qui serait contraire à mon interprétation de l'objet politique. Faut-il encore bien définir et se mettre d'accord sur ce qu'est cet objet. Quel est la part dans cet objet de l'individuel et du collectif? Que demandons-nous à la politique? De façon très pragmatique, je constate, surtout aujourd'hui, une longue liste de dénonciations souvent émotionnelles, non-construites et peu réfléchies, sur tout ce qui a trait à la vie économique, au travail, à la consommation, à la sécurité, à l'évolution culturelle, à l'information à partir d'une organisation politique qui ne fait qu'aggraver la différence entre riches et pauvres, ne peut enrayer le chômage et l'angoisse tant des jeunes que des vieux sur un avenir incertain.  Ce malaise n'est pas nouveau. Il s’est  traduit, à travers  toute l'histoire des sociétés, par des revendications, des révoltes, issues d'une morosité ou d'un utopisme. Dans notre  monde si souvent enclin à la subjectivité, à l'individualisme où chacun, comme le confirme l'usage intensif des réseaux sociaux, explique les évènements  qui le concernent par des données personnelles bien plus que collectives, le militantisme politique retrouve toute sa valeur. Par son analyse critique, il  fournit  à ses adhérents, autant qu'aux autres un minimum de connaissances sur les rapports de la vie économique et sociale sur leur quotidien. C'est aussi par un engagement collectif qu'en politique nous apprenons à décoder l'écart entre discours et parole, mais plus encore entre action et résultat. L'éthique en politique se mesure bien aux résultats obtenus pour offrir un mieux être au plus grand nombre. Celui-ci commence par un  revenu suffisant pour tous.  Nous en sommes  très loin!  A côté de tous les débats byzantins de la classe politique, le point le plus important demeure la situation des moins favorisés. L'argument massue que défendent la majorité des partis, y compris socialistes, sur l'utilité de la croissance pour augmenter le bien-être des moins privilégiés repose sur une image fausse, trop bien ancrée dans la population.  Ce sont les pauvres qui ont eu le plus à souffrir de la croissance passée.  Faire croire à leur meilleure situation par une relance de la croissance relève d'une stratégie de riches pour détourner l'attention urgente qu'il y a pour réduire les inégalités.

 

L'échec du système capitaliste devient de plus en plus évident. Mais il demeure un danger. Il a toujours eu plus d'un tour dans son sac! Nous le voyons encore dans notre système de concertation sociale où il joue quelques concessions pour survivre. Mon  appartenance aujourd'hui à un parti marxiste, ne m'enlève en rien l'esprit critique envers le système communiste.  S'opposer au capitalisme du profit ne peut nier les expériences malheureuses du communisme.  Pas de dogmatisme. Le renversement de la bourgeoisie et l'appropriation de tous les moyens de productions n'offrent pas la garantie d'une société plus égalitaire et sans pauvres.  Je défends en tout cas une augmentation des pouvoirs concrets des travailleurs, tout en évitant un pouvoir bureaucratique gouvernant "au nom du peuple", tel qu'appliqué malencontreusement dans les pays communistes. L'échec des deux systèmes trouve probablement leur origine dans une vision trop attachée et liée à un système purement " économiste". Il me semble pourtant l'égalité plus réalisable dans un système communiste refondé sur une conciliation possible avec un respect de libertés individuelles.  Je ne crois pas à un modèle capitaliste capable de ne plus sacrifier les hommes à l'économie, mais je crois à un communisme capable de devenir démocratique.

 

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