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07/04/2015

Eveiller ou réveiller le citoyen à la "chose publique"

citoyen.jpgPrenez le bus, le train. Asseyez-vous à une terrasse de café et vous entendrez rarement le citoyen parler politique, si ce n'est parfois à propos d'un scandale financier ou sexuel de l'une ou l'autre figure politique Par contre, les résultats sportifs, le fait divers dramatique ou people, la toux de mémée ou  la météo maussade, de tout cela vous entendrez parler. De la difficulté du boulot, du collègue qui ne fout rien et gagne plus que vous, de la vie qui devient de plus en plus dure et couteuse, vous entendrez aussi. Lorsque vous entendrez quelques réflexions politiques, elles seront brèves et laconiques: " Tous les mêmes, des pourris". Les gros clichés populistes  ressortiront comme des couperets ne laissant aucune chance à une réflexion un peu sérieuse et documentée. Pire encore, vous entendrez parler de l'insécurité due à cette masse d'arables assistés qui fait que nous ne nous sentons plus chez nous. Soyons lucides et honnêtes, la réalité est celle-là.  Vous me direz que les dernières manifestations syndicales, celle de "Tout autre chose" ont quand même eu un gros succès. Oui c'est vrai et encourageant. Mais face à la grande masse désintéressée, c'est malgré tout très peu. La léthargie populaire reste nettement plus importante que son éveil à la chose publique. Ne soyons pourtant pas pessimistes, nous citoyens plus branchés et plus engagés dans le combat démocratique, nos mouvements, pour minoritaires qu'ils soient, dérangent plus que nous le pensions la classe politique au pouvoir. L'exemple grec montre à l'évidence combien la contestation populaire qui a amené Syriza au pouvoir peut inquiéter les nantis de la nomenklatura  européenne et l'amener à revoir la violence de leur politique d'austérité.  La seule contestation ne suffit évidemment pas. Dénoncer est insuffisant pour faire bouger les choses. Les professionnels du pouvoir auront vite l'argument du savoir. Ils nous expliqueront en long et en large que le "y a qu'à" est trop facile, mais qu'eux sont confrontés à la complexité des problématiques et dossiers qu'ils ont à traiter.  Ils n'ont pas complètement tort. La complexité de gérer et d'innover est réelle. Mais laisser une classe politique devenue professionnelle à la barre de notre navire n'est pas nécessairement  éviter le naufrage. Réduire son risque nécessite que nous apprenions tous, au moins les rudiments essentiels au pilotage. Nos excuses du manque de temps ou de notre manque de compétence masquent  plus la réalité d'un désintérêt réel pour ce que nous estimons à tort inutile, ennuyeux et dérangeant notre vie pantouflarde. Ne cachons pas notre fainéantise collective et solidaire face à notre courage pour obtenir et épanouir nos petits besoins individuels.  Si ce que nous nommons "la démocratie participative" nous parait sympathique, dans les faits de notre engagement, nous préférons laisser le champ libre à ceux que nous estimons avoir choisi par un petit point rouge sur un bulletin électoral, quitte à les trouver tous les mêmes et les traiter de pourris et de vendus peu de temps après!  Comment donc  éveiller ou réveiller le besoin d'un engagement qui demande un minimum d'information et ne se contente pas de la foutue manie contemporaine des raccourcis twitter et compagnie qui nous enferme dans l'ignorance de tous les savoirs, y compris évidemment politiques. Je n'ai pas la clé miracle pour ouvrir la porte de la connaissance politique et encore moins celle qui réussirait à faire entrer le citoyen dans l'agora de la parole et de l'action. Eveiller le citoyen dépend sans doute de toute une pédagogie bien complexe qui pourrait lui offrir les outils essentiels d'un décodage minimum des mécanismes politiques qui le rendent si souvent esclave d'un pouvoir opaque dont jouent ceux qui règlent non seulement l'épaisseur de leur portefeuille, mais aussi tout leur environnement social, éthique, culturel, territorial, sanitaire ,éducationnel,   et j'en passe. A côté de celle des pigeonnés heureux ou malheureux, la place des citoyens combattifs  et responsables reste encore à inventer


 

 

 

 

 

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