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09/04/2015

L'expertise ministérielle

 

expertise.png"La guerre est une chose trop grave pour la confier aux militaires", a-t-on fait dire à  Georges Clemenceau. Pas faux. Il en va probablement de même lorsqu'on nomme  un médecin à la sante, un avocat à la justice, un prof à l'enseignement, un économiste à l'économie, etc., etc. Non seulement la défense d'un corporatisme risque bien de biaiser  la gestion du département, mais il y a aussi risque d'avoir peu de recul pour innover en la matière par crainte de bousculer les traditions professionnelles.  En tout cas, il devrait y avoir un bilan de compétence réalisé chez nos dirigeants pour évaluer les résultats que donnent les attributions des portefeuilles ministériels à ceux censés les mieux connaître.  Si on s'en réfère au monde de l'entreprise, ce bilan est réalisé par l'employeur. Comme dans le cas présent, c'est nous les employeurs, nous devons bien constaté que les résultats de santé publique risquent bien d'être dramatiques par la médecine élitiste défavorable au peuple menée par une doctoresse! La justice sera-t-elle mieux gérée parce son ministre est avocat, professeur de droit des entreprises et de droit financier? J'en doute. La politique à l'Asile et la Migration risque d'être mise à mal par un secrétaire d'Etat qui pourtant à l'origine a un titre qui devrait lui donner la fibre sociale puisqu'il est licencié en pédagogie! La seule qu'il pratique est de mettre l'élève étranger à la porte!  Nos ministres, désignés par le prince des partis (entendez les présidents)  ne sont pourtant pas des cancres. Loin de là. Un rapide recensement nous donne ceci: 3 médecins ( De Block, Bacquelaine, Sleurs) ; 6 juristes ou avocats Michel, Reynders, Marghem, Jamar, Peeters, Geens; 1 ingénieur commercial (De Croo) et 1 licencié en commerce (Vandepute); 1 licencié  en sciences appliquées économiques ( Van Overtveldt); 1 licencié en romane ( De Crem); 1 licencié en communication appliquée (Tommelin);  1 licencié en informatique et administration des affaires (Jambon), 1 licenciée en sciences politiques ( Galant); 1 licencié en sciences pédagogiques ( Vrancken).  Tous ou presque semblent donc avoir terminé leurs études universitaires ou supérieures. Le panel des formations de nos édiles fédéraux devraient, en principe, nous donner une garantie de leurs capacités intellectuelles. A en voir par exemple la façon de calculer de Madame galant, on peut en douter. Un titre académique ne suffit pas toujours à faire de quelqu'un de compétent. Pierre Bérégovoy n'avait qu'un CAP d'ajusteur et a exercé avec compétence son poste de premier ministre français. Raymond Forni, a été président de l'Assemblée générale française, alors qu'il avait dû abandonner ses  études en classe de 1re à l'âge de 17 ans et entrer comme ouvrier aux usines Peugeot. Vrai qu'il avait obtenu bien plus tard  son baccalauréat en suivant des cours  par correspondance puis s'était inscrit à la faculté de droit. Chez nous,  Achille van Acker,  était un autodidacte qui avait quitté l'école à 10 ans et réussit à bien exercer son ministère du travail, de la santé et de la prévoyance sociale. Nombreux sont ceux aussi qui petits  sont tombés dans la marmite. Le fait d'être" fils de", comme Michel, De Croo, De Crem, etc, n'offre pas pour la cause un certificat de garantie de compétence.  La course pour nos politiciens afin d'obtenir un jour le poste ministériel, tant convoité par eux, dépend essentiellement d'une stratégie à la fois électorale en s'assurant la primauté d'un fief ( être le premier dans son village avant d'être deuxième à Rome), et celle de savoir bien courtiser celui ou celle qui sera un jour président du parti, ou mieux encore tenter de l'être soi-même.  Rien de vraiment démocratique dans ce processus complexe de parvenir à la haute marche ministériel où la seule compétence requise sera sans doute de bien s'entourer de "nègres" experts qui quelquefois d'ailleurs vous raviront le poste.

 

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