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22/04/2015

Grèves: utiles ou non?

 

en grève.pngPrétendre que les grèves n'auraient jamais été utiles est, pour celui qui connait un peu l'histoire,  nier leur influence sur bien des domaines.  Il est bien rare d'ailleurs de voir dans l'humanité des progrès qui soient arrivés sans lutte. L'argumentation qu'elles étaient bonnes et utiles dans le passé, mais qu'au vu de la situation actuelle, elles ne servent plus à rien sinon d'aggraver la situation économique, est ignorer le grignotage des acquis sociaux de ce gouvernement, déjà entamé par celui de Di Rupo.  Ce qui s'était amélioré depuis un demi-siècle est en train de s'effondrer.  Alors que l'accroissement des forces productives est en constante progression, nous ne pouvons que constater un accroissement de la paupérisation. Preuve que le problème se trouve donc bien dans la répartition de la richesse. D'un côté, l'augmentation de la vente des produits de luxe et de l'autre la diminution du pouvoir d'achat de la grande majorité d'entre nous illustre bien cette inégalité de répartition. Point besoin de grandes études statistiques et autres pour le comprendre! Mais il n'y a pas que le pouvoir d'achat. Il y a aussi tout le service public, celui qui doit veiller à notre bien-être général. Il  subit un rabotage lent mais intolérable. Ne vaut-il pas  mieux faire grève que de soutenir toute la philanthropie actuelle, du genre télévie et cap 48 , pour obtenir un système qui protège notre santé et soigne les malades et moins valides. Le salaire, bien que très important, n'est pas   l'unique revendication syndicale.  L'intervention législative sans pression de la rue n'a jamais été progressiste. La grève, si elle n'a pu toujours faire changer dans l'immédiat des mesures s'est révélée efficace dans la prévention, empêchant de nouvelles mesures injustes.  En ces temps difficiles de suppression d'index, de réforme des retraites, de véritable saccage dans le chômage, les soins de santé, devrions-nous nous contenter  de l'apathie molle et consentante en prétendant que  nous devons nous plier à la démocratie représentative; que c’est le parlement qui fait la loi ? En démocratie la contestation est aussi un droit, voire un devoir. Les conquêtes, même si partielles, qu'ont pu obtenir les mouvements sociaux ont été plus nombreuses que celles issues du parlementarisme.  Les "dégâts"  des grèves, prétextés par le pouvoir, sont bien moindres que ce qu'il veut nous faire croire.  La grève reste le principal mode d’expression  utile de notre mécontentement.  Il est plus que temps, alors que notre culture  individualiste s'accroit, de remettre au goût du jour l'action collective. Les  stratégies de salut individuel plutôt que celles qui supposent une coalition avec les pairs n'ont jamais porté de fruits.  Il faut réapprendre la grève, bien plus que de vouloir la réformer. Il faut cesser, pour ses opposants, à la caricaturer. Ceux-là même qui n'y voient que des promeneurs, buveurs, chanteurs, seront pourtant heureux de recevoir  ce que par l'action des engagés syndicaux ils auront obtenu.  L’accord de gouvernement a été rédigé sur commande des patrons et des riches. Il est temps  de crier notre colère et de vouloir y mettre aussi notre mot. Ce n'est qu'ensemble que nous aurons cette force de changer la rédaction.

 

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