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25/04/2015

Parler pour ne rien dire

 

 

devos.pngLe regretté Raymond Devos commençait son spectacle par: " Mesdames et Messieurs ... Je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire".

Sans avoir son talent, avouons qu'en regardant un peu notre quotidien et sans en faire un show nous jonglons bien souvent dans cette triste ou joyeuse habitude de papotage considéré comme utile ou inutile. Le génial comique savait sans doute mieux que tous les philosophes que par l’expression du  " parler pour ne rien dire", on dit nécessairement quelque chose quand on parle. La banalité quotidienne de nos dires ne reflète pas nécessairement notre pauvreté intérieure. Etre riche de cœur, de pensée n'est pas synonyme de richesse de vocabulaire,  d'expressions bien construites, de grandiloquence,  à propos de situations ou de choses dites sérieuses et intéressantes.  De notre démarche d'écoute, y compris des choses les plus banales, dépend très souvent notre découverte de l'extraordinaire dans l'ordinaire.  Les "clichés" du "ça va?", de la météo, comme introduction de dialogue et  ceux du " c'est la vie"  ou du " c'est clair" , comme conclusion, sont bien souvent des éléments indispensables à poursuivre  un échange plus "dense" sur ce qui tisse ma vie dans ce qu'elle a de personnelle ou  de sociétale.  Ceci dit, ne nous cachons pas notre besoin de reconnaissance glissé par nos dires banaux ou pas.  Nos désirs de partages sont souvent ambigus. Les nouveaux modes de communication (smartphone, réseaux sociaux, etc.) révèlent bien cette ambigüité. Bien plus que de partages, ils dévoilent une tendance actuelle du vouloir séduire, de savoir se vendre sur base de ce qui est apparence et non plus connaissance. Méthode bien connue des politiciens à qui nous reprochons ce qu'à notre échelle nous pratiquons aussi, même si nous n'employons pas aussi parfaitement qu'eux le verbe! Restons modestes et réalistes. Nous pensons souvent plus à nous qu'à notre interlocuteur, autant parfois que l'homme politique ne pense à lui bien plus qu'à la société. Ce n'est jamais aussi clair que ce que nous ne l'imaginons ou le voulons. Voilà qui ne doit ni nous rendre cyniques, ni moralistes, ni culpabilisés, mais simplement  lucides. Sur ce, je me tais et bon week-end ensoleillé ou pluvieux!

 

 

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