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02/05/2015

Le rêve libéral et le cauchemar populaire

michel mai.pngNous savons combien les discours politiques sont des anthologies de slogans plus ou moins littéraires, mais presque toujours menteurs. Plus ils sont raccourcis et hauts en couleurs, plus ils sont porteurs. Le premier mai reste un jour où les ténors du verbe osent tout. A écouter en premier le premier, il y a de quoi tomber à la renverse. Le top chef du show libéral nous a servi une recette traditionnelle fameusement et faussement revisitée. Il fallait oser le faire. Ne voilà-t-il pas  qu'il lance du haut de la tribune bleu, devant les nantis bourgeois, que le saut d'index est solidaire et social. Parce qu'il va  créer de l'emploi et donner nouveau souffle à l'économie des entreprises!  On attend toujours l'efficacité du libéralisme pour créer des emplois décents, autres que ceux que veulent offrir le grand capital des multinationales pour accroître les bénéfices de leur  actionnaires. Mais le discours de Michel ne s'arrête pas à l'archaïsme de la recette libérale sur l'emploi. La conception des travailleurs à défendre transparait dans la citation de ceux-ci.  Etrange absence des ouvriers dans ceux cités. La valeur ajoutée de ceux qui se retroussent les manches chaque matin n'est attribuée  qu'à ceux qui portent chemise et non bleus de travail. A vomir. Mais il y a encore plus fort. C'est toute la partie de la défense des petits indépendants. Clientélisme oblige. L'illusion des cacahouètes qui leur sont offertes masquent évidemment la disparition de cette classe par des multinationales à qui on offre des cadeaux fiscaux qui, eux, valent un pesant d'or.  Pas un mot évidemment contre celles-ci.  Après les élans du rêve libéral qui n'est que la liberté de la jungle où ne peut réussir que celui qui est le plus fort, le plus intelligent, le plus friqués surtout, vient celui de la peur. Pour tenter de justifier une fiscalité plus juste envers les millionnaires, Michel évoque crapuleusement le petit épargnant, lui laissant croire que les méchants loups rouges vont lui pomper ce qu'il a pu péniblement économisé.  Il fout la trouille à ces petits possédants qui veulent léguer le peu qu'ils ont acquis honnêtement. Alors, on y trouve argument pour diminuer le taux d'impôt de donation et de succession dont profiteront les millions gagnés dans la spéculation.  Le tour est joué. La fiscalité plus juste passe à la trappe. Dans une logorrhée  imagée de l'attaque d'un Elio, considéré avec justesse, il faut l'avouer, comme un docteur Jekyll et M. Hyde, le moraliste libéral se fait le chantre de la liberté dans une économie réelle, alors qu'il ne défend dans les faits que les joueurs de celle devenue casino.  Le premier schizophrène traite son adversaire du moment d'atteinte de cette maladie commune d'ailleurs à toute la classe politique.  Ah, les fameuses manches retroussées tant vantée par le fils de. Elles ne manquaient pas à ce meeting bleu de la tromperie populaire. Toutes les éminences avaient laissé tomber la cravate, la laissant sans doute au vestiaire pour mieux nous y pendre en cachette. Cerise sur la gâteau, le maître bleu ne manquait pas de louer toutes les premières clarinettes de  sa fanfare qui sous le muguet semblait retrouver l'harmonie de façade. Un petit mot de flatterie pour chacun, allant même jusqu'à situer papa et l'ennemi n°1 Reynders dans la lignée des Charles Rogier, Jean Rey!! Vrai que beaux modèles d'alliance de la finance et du politique! Michel a lui aussi l'art de faire passer le cauchemar du peuple  en rêve de fausse liberté.  Son discours peut faire date dans le long catalogue des tireurs de ficelles pour lesquels je n'éprouve que dégoût et révolte. Michel, dégage...

 

09:45 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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