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08/05/2015

Le petit bout de la lorgnette

lorgnette.pngJe suis toujours surpris mais  aussi effrayé aussi de voir tant de personnes honnêtes et  généreuses ne percevoir la politique qu'à travers des mesures ponctuelles sans les resituer dans un aspect d'ensemble.  Que ce soit actuellement dans la politique du chômage ou encore de la privatisation de services publics, le refus de la taxe sur les millionnaires ou la politique de l'immigration, bien des braves gens n'y voient que des détails. Ils trouvent même souvent des mesures justifiées par la simple constatation d'abus dont ils ont parfois connaissance personnelle ou par le simple fait qu'ils en entendent parler. Se contentant de voir à travers la lorgnette des anecdotes, faits divers et informations parcellaires dont les médias, y compris les réseaux sociaux, contribuent à exagérer l'importance, ces bons citoyens négligent l'ensemble. Cela ressemble bien à l'objet vu à travers la lorgnette dont on ne voit que les détails mais  qui vous font échapper à l'ensemble.  En regardant les nombreux reportages actuels sur la libération dont nous fêtons aujourd'hui le septantième anniversaire, je me dis que bien de braves allemands se sont laissés, eux aussi, piégés par cette lorgnette. Bien sûr qu'il y avait des juifs voleurs, comme il y a aujourd'hui des chômeurs tricheurs. Bien sûr que la crise économique mondiale des années 30 frappait très fort l'Allemagne avec un taux de chômage allant jusqu'à 30%. Les discours nazis, à l'image de ceux de la lorgnette de la Marine Le Pen , s'adaptaient suivant les auditoires. Ils atténuaient l'antisémitisme devant les hommes d'affaire en prenant plutôt comme cible les communistes.  Bref, le peuple allemand était pris par des informations et des promesses très parcellaires faisant espérer un redressement plus général de l'économie et du pouvoir d'achat. Nous connaissons la suite. Et dire qu’il existe encore des nostalgiques du nazisme. Mais ceux-ci  sont peut-être bien moins dangereux que la masse de citoyens qui ne découvre pas ce vers quoi les conduisent des gouvernements creusant le fossé entre riches et pauvres.  Nous revivons ce que d'aucuns ont tendance à oublier. N'y-a-t-il pas parallélisme des années 20, avec la surproduction industrielle, la spéculation boursière, les déséquilibres financiers? N'y-a-t-il pas dans les recettes du libéralisme dominant dans notre Europe la reprise du même paradigme économique qui nous fait croire que le seul moyen d'augmenter le profit est de diminuer les coûts des entreprises (salaires,...) et de leur permettre d'obtenir avec plus de facilité des ressources financières auprès des banques? Que c'est en baissant les salaires et traitements des fonctionnaires et les indemnités de chômage, en diminuant les dépenses publiques de long terme, que le pays ira mieux?  Tout cela était dit et pratiquer depuis plus de soixante ans. Nous en constatons aujourd'hui l'échec. Cet échec qui ouvre la porte aux politiques de repris sur soi et de nationalisme.  Il y a bien des convergences avec l'Europe d'avant-guerre et celle dans laquelle les gouvernements de droite nous entraînent aujourd'hui. Celle d'un chômage chronique, d'un volume d'échanges internationaux insuffisant, d'un accroissement des personnes vivant dans la précarité et la pauvreté. Laissons-nous donc guider par une vision plus globale que celle de généraliser des détails. Je ne dis pas que ma vision de gauche est la seule qui détienne la vérité, mais je n'en vois pas d'autres. Je crains par-dessus tout  que la crise dont la fin n'est pas pour demain avec des politiques libérales et sociales démocrates ne serve  de tremplin aux partis fascistes et pire encore à une nouvelle guerre.  

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