mik dupont UA-70672535-1

13/06/2015

Mon père. In memoriam

numérisation0098.jpgC'est la fête des pères. Celui du mien aussi, lui qui a disparu en 1993 et qui aimait tant être entouré ce jour de ses 7 enfants. Il n'a pas été un père parfait, mais qui l'est? Lui pas moins que moi, bien au contraire. Dois-je avouer qu'assez jeune, je n'ai pas eu de lui une image idéale. C'est pourtant lui qui m'a éveillé à la politique. D'abord, comme mon grand- père, mais lui sur une liste catho, mon père fut conseiller communal issu d'une liste d'intérêts communaux pluraliste. Il ne m'a pas fallu des années pour ne point adhérer à sa tendance qui était un étrange mélange de libéralisme teinté encore de christianisme " social". Déçu sans doute de ne point être choisi comme échevin, malgré son deuxième score en voix après celui d'un bourgmestre qu'il adorait mais qui mourut trop rapidement. Il avait alors créé sa propre liste et essuyé un gros échec. Son égo blessé, bien plus je crois que ses convictions, il était devenu très bleu et anti calotin!  Comptable et conseiller fiscal de nombreux petits indépendants, il voyait le libéralisme comme grand défenseur de la classe moyenne. De ma petite enfance, je conserve donc l'image d'un père engagé, fasciné par les grands orateurs de son époque. Mais en premier, il était surtout très attaché à ce que nous puissions gravir les échelons sociaux, sans trop s'attacher à ce qui peut y mener, sinon une forme d'image. Cela me mettait mal à l'aise et a sans doute été un facteur important de mon échappatoire familiale à mes 18 ans en entrant au monastère. Papa n'a jamais vraiment favorisé la véritable autonomie de ses enfants. Il y avait comme une obligation inconsciente de lui rendre compte. Lui qui avait été un père très absent durant notre enfance, au vu de ses engagements associatifs, politiques et professionnels, s'était rendu habilement assez omniprésent avec l'âge. Je lui suis évidemment reconnaissant de m'avoir ouvert le cœur et l'esprit pour le "combat" d'un monde meilleur, qu'il voulait certainement aussi, surtout pour les siens. Si je ne sais gommer de ma mémoire toutes les lacunes de notre éducation, toutes les fractures affectives du père absent puis omniprésent,  je retiens surtout les bons moments que j'ai pu passer avec lui lorsqu'il est venu, avec maman, habiter chez moi dans un appartement indépendant que je leur avais aménagé. Heureux aussi d'avoir pu lui manifester des gestes d'affection lors de sa fin de vie. Cette affection dont il me semble, mais l'époque le voulait aussi, restait assez cachée, pudique, tue, et qu'il fallait deviner.  J'ai aimé le changer de fauteuil, l'aider à uriner, le câliner timidement. J'ai apprécié son merci lorsque je l'ai ramené de l'hôpital chez lui, lui évitant un acharnement thérapeutique inutile. Il le savait. Il a été magnifiquement accompagné par tous mes frères et sœurs qui se sont relayés sans relâche pour le veiller et soutenir maman. Sa mort a été la plus grande leçon de vie qu'il nous a offerte. Il la savait proche et l'affrontait avec une sérénité et une paix surprenantes. Et puis, il y ce baiser d'adieu de maman avant la fermeture du cercueil, lui murmurant à l'oreille: " qu'est-ce que tu m'en as fait voir, mais qu'est-ce que je t'aimais bien!" Oui, je crois que nous l'aimions, chacun de notre manière, la mienne toujours avec une sorte de déception et une sorte de bête revanche à prendre sur ce que tu avais raté et qu'il ne regrettait pourtant pas. Continue donc, papa, ce repos serein, festif et paisible que tu as bien mérité.

23:29 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.