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03/07/2015

Un référendum très incertain

référendum.jpgLa majorité du peuple suivra-t-elle les consignes de la mosaïque des partis politiques de ce pays? Certes Syrisa, le parti de Tsipras, a remporté largement les dernières élections, sans toutefois pouvoir obtenir de près la majorité absolue (149 sièges sur 300). Il s'est allié (à tort?) avec le parti ANEL dont la principale revendication est le rejet des accords de prêt à la Grèce par l'Union européenne et le Fonds monétaire international. Mais  à côté de cette revendication commune, ce parti est en divorce complet avec Syrisa. C'est un parti ultra-conservateur qui veut le  maintien de la présence de l'Église orthodoxe de Grèce dans les rouages de la société et particulièrement dans l'éducation. Un parti "nationaliste" avec  refus de l'immigration et rejet du multiculturalisme. Cet allié est déjà divisé puisque 4 députés sur 13 vont à l'encontre du parti et sont pour le OUI. Les communistes (KKE), eux, appellent à l’abstention pour éviter de se trouver du même côté que les « réformistes » de Syriza. Les partis centristes ont voté contre la tenue du référendum et appellent à voter « oui » : Nouvelle Démocratie, La Rivière et le PASOK. Idem pour les néonazis d’Aube dorée et les organisations d’extrême gauche opposé à l’UE. Ajouter à cela les forces "vives" de l’économie grecque – confédérations d’agriculteurs, d’exportateurs, des ingénieurs et entrepreneurs de travaux publics, des professionnels du tourisme et de l’industrie – et l’association centrale des municipalités grecques qui appellent aussi au OUI, cela fait beaucoup! De plus, la propagande du oui est très forte et jouit de moyens que Syrisa n'a pas. Dans ce labyrinthe où se croisent, s'entrechoquent, s'allient autant de positions et intérêts divers, comment la masse populaire grecque va-t-elle s'y retrouver? Risquera-telle l'incertitude ou la peur de voir une crise se prolonger? Cette peur si bien illustrée par les files devant les banques. Sera-t-elle assez forte pour résister et ouvrir la voie à l'alternative que Tsipras propose? Choisiront- ils le moindre mal , du compromis, que les auteurs du pire continuent à faire croire comme préférable?  Tout ceci, trois fois hélas, m'amène à redouter la victoire du OUI.  J'espère me tromper. Mais en cas de nouvelles élections, une espèce de rebelote, pourrait remettre Tsipras en position de force après une démission éventuelle suite au OUI. Ces jeux parlementaires restent ambigus et démontrent combien le grand mot de démocratie est élastique. Comme bien d'autres, je crois bien plus à la force de la rue comme seule force de changement. Car comme me le disait encore un ami, reprenant l'interview de Gino Russo:   "En fait, le changement passera peut-être au Parlement, mais c'est la peur de la rue qui le déclenchera". Wait and see.. En attendant, je serai ce vendredi dans la rue pour manifester mon soutien à ce peuple et au OXI.

00:27 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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