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05/07/2015

Référendum grec: Pas de triomphalisme, mais une joie profonde

oxi2.jpgUn grand coup de chapeau au peuple grec. Voilà qui doit d'abord être dit et fêté.  Il a pu faire face à une désinformation orchestrée par le monde élitiste, celui de la finance, relayée par des commentateurs et sondeurs qui persistaient dans le week-end à fausser les questions (et parfois les réponses), orientant vers le oui les électeurs indécis. Le NON l'emporte et pas avec une légère majorité. Il est franc et massif. Mais pas de triomphalisme ( ce qui me tente)  car demain est un autre jour et nous savons combien la victoire d'aujourd'hui sera dure à négocier. N'oublions pas la volonté de Tsipras, aujourd'hui plus qu'hier encore, confortée. Il a  été clair: le  non  ne veut pas stopper les négociations et  sortir de l’euro, mais bien les poursuivre dans des conditions meilleures. La balle est bien dans le camp de ses interlocuteurs. Tsipras sait que la politique de l'austérité dépasse largement son pays. Il veut simplement et justement  voir cette Europe s'engager dans une autre voie, celle de la solidarité sociale, contraire à l'alliance de la politique et de la finance que Merkel veut imposer. Les deux camps devront donc se remettre à parler. L'intransigeance prolongée de l'Allemagne serait une grave erreur. La France peut jouer son rôle de médiateur, mais je crains que Hollande ne reste égal à lui-même, c’est-à-dire sans couilles (du moins en politique). L’Italie l’a bien compris, qui par la voix de son premier ministre Matteo Renzi, rappele qu’il est " évident que, le jour d'après, on devra se remettre à parler". Mais se remettre autour de la table pourrait-il suffire à une solution qui, selon moi, ne serait trouvée que dans un rapport de force bien autre qu'entre les "grands" interlocuteurs. Le fossé creusé entre la classe politique européenne et la troïka est révélatrice d'un fossé qui se creuse entre riches et pauvres et les inégalités de traitement entre ces deux classes. Encore une fois, celles et ceux qui pensent que cette lutte est obsolète et dépassée se trompent. C'est elle qui a porté Tsipras au pouvoir et valide le "non" du référendum. C'est dans ce duel de classes que nous devons soutenir le gouvernement grec et ne point laisser au seul parlementarisme le soin de "régler" le problème. Sans l'éveil et l'action continue des "dominés" par le capital, la joie de la victoire du référendum risque de n'être qu'éphémère.

 

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