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07/07/2015

Les guignols de l'info et du pouvoir

 

merk.jpgNous pourrions légitimement nous demander si nous nous y connaissons assez pour nous prononcer intelligemment sur non seulement la crise grecque mais aussi sur tous les mécanismes économiques complexes qui régissent la monnaie. Il suffit de lire des commentaires de lecteurs dans la presse pour voir que les "réflexions" vont dans tous les sens. Chacun avec des préjugés, bien plus qu'avec une solide information. Pas certains d'ailleurs que les hauts édiles politiques y connaissent beaucoup plus. Sans leur staff de conseillers,  lobbyistes de la haute finance, que seraient-ils capables de faire? La banalité de leurs déclarations ressemble très fort à des propos de café de commerce enrobés de subtilités de langages qui les font paraitre plus savantes. Quand aurons-nous des explications claires et maitrisées? La démocratie est aussi une pédagogie. A cela s'ajoutent l'incompétence de médias qui ne cesse de relayer la pensée unique avec  les règles uniques du Capital. Lire le pire de la couverture médiatique du référendum grec est à mourir de rire ou de pleurer. Les premières annonces d'un OUI gagnant de certains journaux,  les amalgames et les mensonges répétés, notamment dans le registre des « amis imaginaires de Syriza », avec, comme il se doit, l’immense Bernard-Henri Lévy, qui invente une « alliance » entre Syriza et le parti néo-nazi Aube Dorée! Les propos du très savant et pertinent Jacques Attali qui trouve que si le NON l'emporte la Grèce va être en très grande difficulté, comme si elle ne l'était pas avant! Ou encore la question très élégante de de Léa Salamé à Costa Gavras: " Dites- nous ce matin, Alexis Tsipras, il est visionnaire ou il est complètement fou ?". Voilà qui va donc faire avancer le schmilblick! Faut-il pourtant être spécialiste et expert pour comprendre que tuer son créancier est le meilleur moyen de ne rien récupérer de ce qui a été prêté? Qu'une politique d'austérité qui amène la perte de salaire et généralise la misère a  comme effet la baisse du PIB?  Que, comme le souligne l'économiste Cédric Durand: " En Europe, la dette publique ne devrait pas être un problème. Au Japon et aux États-Unis, elle est, en proportion du PIB, bien plus importante que dans la zone euro prise dans son ensemble". En tout cas, si le fameux euro a pour conséquence d'alourdir les différences entre les Etats et à engendre des politiques d'austérité, autant s'en débarrasser. Ne soyons pas naïfs, l'économique est lié au politique. Ce que l'UE veut surtout éviter est de perdre les avantages qu'offrent à une minorité sa politique socio-libérale. Les Grecs ont osé jeter un grand coup de pied dans cette fourmilière technocratique en anti démocratique. L'Espagne se prépare à le faire aussi. Les chocs sociaux seront-ils plus forts que le bâton accompagné de la carotte qu'offrent Merkel et sa clique? Rien n'est moins sûr, si nous ne poursuivons pas notre mobilisation. Face à la cohésion des forces dominantes, il nous appartient d'y opposer celle de notre solidarité. C'est au peuple de prendre le pouvoir pour ne plus le laisser à des guignols qui nous ruinent et pour qui nous comptons moins que le profit du fric.

 

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