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10/07/2015

Le compromis grec: Tsipras a-t-il perdu?

 

grèce2015.jpgIl semble de plus en plus probable que nous n'assistions pas à un grexit que d'aucuns espéraient. Les revirements, notamment du FMI, sont pour le moins surprenants. Je lis déjà les commentaires d'attaques de gens de gauche, comme de droite, contre Tsipras qui finalement n'aurait obtenu que des cacahouètes sur les propositions initiales de la troïka. La vérité est évidemment bien plus nuancée. Parler de capitulation me parait aller très vite en besogne !Un petit rétroacte est bien nécessaire. Les oligarques financiers et politiques avait tout fait pour mettre fin à l'ère Tsipras, avec déjà des contacts pour la nomination d'un gouvernement de technocrates qui aurait appliqué la pire des politiques d'austérité. L'appui massif de l'oxi référendaire a bien mis fin à cette honteuse tentative et Tsipras est revenu en force à la table des négociations en sachant que la majorité du peuple voulait à la fois rester en Europe, garder son euro et obtenir un plan de sauvetage à long terme grâce à une politique ne rendant pas leur pays exsangue et le maintien de leur misère. Il fallait donc trouver un compromis. Qui dit compromis, dit la nécessité d'offrir à chaque partie la possibilité de s'estimer gagnante. Du coup, nous avons vu les déclarations incendiaires s'atténuer après toute une série de musculations politiques. Aujourd'hui, chacun, en cas d'accord, pourra se réclamer d'un succès inespéré. Les nouvelles propositions de la Grèce aux créanciers, UE, BCE et FMI, en échange d'un financement sur trois ans demandé la veille au Mécanisme européen de stabilité (MES) éviterait le grexit rejeté par la majorité de ses citoyens. Le premier ministre grec savait très bien que le référendum ne signifiait pas absence totale de sacrifices. Il a répété assez souvent la nécessité de réformes. Quel gouvernement, fût-il le plus aiguisé aurait pu changer l'administration et les habitudes d'un pays en six mois dans les conditions auxquelles il devait faire face ? Les plus radicaux hurleront à la trahison, et je peux les comprendre. Parfois même avoir la tentation de les rejoindre. Tsipras, malgré ses concessions, a réussi cependant à bousculer l'Europe des chiffres et a ouvert la porte à une politique autre que celle de l'austérité. La fiscalité revue touchera essentiellement les plus nantis. Des économies importantes seront faites dans les dépenses militaires. Des mesures pour lutter contre l'évasion fiscale et la réorganisation du système de collectes des impôts seront mises en place. Les privatisations restent limitées. Les médicaments resteront accessibles à tous. Le smic sera augmenté.  Etc.., Etc… Cela ne me plait qu'à moitié et sans connaître vraiment bien tous les points de façon précise, j'y vois encore trop de privilèges accordés, notamment à l'Eglise orthodoxe gros propriétaire foncier. Mais compte- tenu de la dictature qu'exercent les eurocrates sur les pays européens entre l'ancienne et la nouvelle tutelle, c'est plutôt "la nuit et le jour", même si des réformes importantes sont mises sous le boisseau (pour l'instant !). La Grèce a réussi un vrai coup : celui de pouvoir décider de ses réformes, chose impensable auparavant .Le combat d'un seul pays ne pouvait évidemment pas changer totalement l'horrible et injuste politique d'austérité. Il ouvre cependant la voie. L'ère tsipras facilitera sans doute la lutte pour une alternative politique à celle de l'UE, en commençant par les prochaines élections en Espagne, mais surtout par une mobilisation et une résistance constante des masses ouvrières encouragées par celle du voisin.

 

08:38 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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