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26/07/2015

L'après Charlie Hebdo

 

charlie.pngEn revoyant hier le best-off de "on n'est pas encore couché" et l'émotion réelle du docteur Pelloux, je me disais que le climat émotionnel de ce drame semble bien loin. Que penser des crises à répétition qu'a subies cet hebdomadaire? Que dire et penser de tous ses collaborateurs et amis, encore traumatisés, et qui après l'élan de solidarité tentent, plus ou moins bien, une douloureuse reconstruction? Qui croire dans toutes les rumeurs, parfois immondes, de la destination des  4,3 millions de dons reçus? Bien au-delà de ce drame que certaines victimes vivent encore dans leur chair, la question qui devrait nous intéresser, me semble-t-il, est  celle de cette fameuse liberté d'expression. Devenue victime d'un horrible terrorisme armé et meurtrier, n'oublions-nous pas cette autre forme de "terrorisme" plus caché et plus subtil qu'est celui, habilement imposé, de la pensée unique ? L'affaire des "guignols de l'info" me fait dire que si la satire reste en danger, elle n'est pas la seule. Celles et ceux-là même qui, au premier rang de l'inoubliable manifestation populaire du "je suis Charlie", se disaient grands défenseurs de la liberté d'expression, continuent à maintenir sur elle une censure discrète, mais réelle. Ce qui fait rire est probablement moins condamné que ce qui ne le  fait pas. Une presse alternative à la pensée unique, sans être explicitement condamnée ou censurée, ne jouit toujours pas d'une fenêtre grande ouverte du côté des médias tant privés que publics. La pensée néo-libérale reste la plus largement diffusée. L'autocensure des journalistes reste bien ancrée et évite ainsi d'être définie et révélée comme  un moyen de pression venant directement de leurs employeurs. Où voir une pression quand une présentatrice de JT fait la part belle à un premier ministre dont elle fut conseillère en communication de son père? La caricature que véhicule des magazines comme Charlie Hebdo et ses apparentés, comme le Canard enchaîné ou autres, dérangent certainement moins le monde politique que celle, moins caricaturale,  émanant d'une presse ou de médias pouvant briser un peu le monopole capitaliste et ses chiens de garde bien dressés et bien alimentés. L'esprit Charlie n'a sans doute été qu'une éphémère émotion, vite oubliée. La dite liberté de presse et d'expression dans nos pays dits démocratiques est bien plus cadenassée qu'en apparence. L'influence des annonceurs et publicités, la concentration économique, l'intimidation managériale ou le copinage sont devenus des armes douces qui tuent quotidiennement l'esprit critique et révolutionnaire. A côté d'une presse et de médias pseudo-populistes et nauséabonds prêts à tout pour vendre, les dits plus sérieux véhiculent une autre forme de la marchandisation de l'information. Celle  dictée par la concentration économique d'un libéralisme où la liberté n'est plus que prétexte à soumission à la loi du libre marché.  

 

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