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06/08/2015

Au nom du réalisme

 

changer-le-monde.pngRien ne me met plus en colère, en révolte  , en tristesse, que les gens qui se contentent d'accepter le monde comme il est; que ceux qui, au nom d'un réalisme d'une dite nature humaine profonde, acceptent que l'homme soit un loup pour l'homme. Ils ont perdu, à mes yeux, leur jeunesse et la foi d'un avenir meilleur, se contentant d'attendre, sereinement ou pas, le sort que nous aurons tous au cimetière ou au crématorium. Comment ne pas s'indigner, tant que nous sommes vivants, de toutes les injustices que chaque jour nous voyons sous nos yeux dans notre ville, notre village et, au travers des médias, dans le monde? La résignation est  le pire ennemi du progrès. Le silence des pantoufles amène le bruit des bottes. Face à des  situations inacceptables, deux attitudes sont possibles : se soumettre c'est à dire se résigner ou, au contraire refuser, c'est à dire se révolter. J'avoue avoir beaucoup de difficultés à voir dans la résignation quelque chose de légitime.  Face à l'injustice l'homme n'a-t-il pas le droit, voire le devoir, de se révolter? Non seulement en paroles, mais aussi en actes. A la question fondamentale et première, vieille comme l'humanité, de savoir quel est mon pouvoir d'action face au monde, les réponses dépendent essentiellement de notre vision "philosophique". A cette question, les stoïciens répondirent : aucun. Mais je ne suis pas de cette école! Si Galilée s'était résigné, nous n'aurions pas connu les progrès de la révolution copernicienne. L'homme n'ayant réellement aucune liberté d'action est un concept très contestable. Dire oui à ce qui peut être changé est aussi réaliste que de  de croire aux immuables lois du déterminisme. Ce déterminisme courtise évidemment l'individualisme, tandis que la révolte mène à une solidarité que j'estime aussi "naturelle" que le choix stoïcien! Le jeu de l'existence peut se jouer sur d'autres cases que celles préétablies par je ne sais quel inventeur! Hélas, je vois dans la passivité d'une résignation, celle d'une amnésie partielle ou totale d'un conditionnement de soumission dicté par diverses idéologies politiques de gauche, comme de droite. Si le libéralisme prétexte la liberté pour oppresser, je n'hésite pas à dire, bien que de gauche communiste, que le communisme a aussi prétexté le bien de collectivité et la lutte contre l'injustice par des moyens employés très injustes. Je ne me résigne donc point à attendre des " grandes idéologies" passées et présentes un miracle. Mais j'adhère et me bats avec une autre gauche qui tente d’ébaucher des solutions par des modèles alternatifs de société. Pour contrer le fatalisme d'un réalisme que j'exècre, je ne peux que me retrouver dans l’efficacité militante sans laquelle rien ne peut vraiment changer.

 

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