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16/08/2015

N'oublions pas la Grèce

grèce400.jpgQuand Merkel salue le changement d'attitude du gouvernement Tsipras, il a de quoi s'inquiéter pour un peuple honteusement mis sous tutelle, mais surtout mis sur misère européenne. Personne n'a jamais nié les réformes indispensables que devaient faire ce pays, mais celles qui touchaient aux privilèges d'une minorité s'enrichissant sur le dos d'une majorité de travailleurs. "L'oxygène" apporté par les milliards promis par l'UE ne fera que faire respirer les banques et les prêteurs usuraires. Bien plus qu'une valse de milliards, c'est le refus de voir entrer dans la danse des nantis, un pas de la gauche radicale que ne voulaient pas les pays rongés par les dictats des lobbys du capital. L'espoir de tout un peuple a été saqué, détruit, manipulé par un dit réalisme des lois du marché. Le profit a vaincu l'espérance de la justice sociale et d'une redistribution équitable d'une richesse accaparée par une classe "d'intouchables". Déjà douloureusement touchée par six années de rigueur sans résultat tangible, la majorité de Grecs va devoir consentir encore à de lourds et injustes sacrifices. Le bol d'air promis ressemble fort à nouvelle forme de gaz moutarde! Loin de relancer une économie en panne de consommation par une imposition d'austérité, ce pays, comme le nôtre, va s'enfoncer dans une crise dont on ne voit pas la fin du tunnel. Comment encore croire aux recettes de la droite et de la sociale démocratie qui, par des procédures de libéralisation et les bénéfices liés à la privatisation, ne font qu'aggraver l'écart entre riches et pauvres? La privatisation des ports du Pirée et de Thessalonique, la vente des aéroports régionaux, ne feront à moyen terme, qu'appauvrir le pays, sans favoriser les investissements publics dont la Grèce a cruellement besoin. L'exemple que nous avons connu avec notre sidérurgie, la libéralisation de l'énergie, et la vente des "bijoux de famille" (Sabena, CGER, etc…) prouve bien l'échec d'une telle politique. De la "découverte", en 2009, par Georges Papandréou des comptes publics maquillés au référendum convoqué par Alexis Tsipras, en passant par les neuf plans d’austérité, seule une politique osant autre chose que les vieilles recettes d'échecs d'un capitalisme à bout de souffle pouvait faire espérer un sort meilleur à une population qui osait la contestation de rue liée à celle d'un parlement "révolutionnaire". La droite a gagné un combat. Entre peste et choléra, assassinat ou suicide, le choix de Tsipras était réduit à néant. La détermination d'un peuple a bel et bien été réduite à devoir s'incliner, momentanément, en tout cas. Je crois peu au changement via des nouvelles élections inévitables en automne.  Le sort de la Grèce ne pourra être modifié que par d'autres succès de la gauche radicale et une solidarité européenne des travailleurs. Ce n'est pas gagné, mais reste possible si nous poursuivons ACTIVEMENT notre lutte.

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