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21/08/2015

La Grèce sous un double chantage

 

désastre.jpgAlors que le référendum grec pouvait faire lever l'espoir d'une autre Europe, Alexis Tsipras et une majorité de Syriza ont dû céder au  chantage de Merkel et de ses acolytes européens. A la politique de l'espoir, a succédé celle de la résignation à la misère. Mis en minorité par la fracture au sein de son parti, Tsipras semble bien abandonner le programme d'une  gauche radicale au profit d'un compromis imbuvable. J'avoue ma profonde déception. Au chantage de l'Europe et des lobbys financiers, Tsipras ajoute celui du " moi" ou le "chaos". Celui qui portait l'espoir d'une démocratie de base revêt aujourd'hui le costume de la fausse démocratie parlementaire et entre dans le jeu politicien du pouvoir pour le pouvoir. Se posant en seul maître pour mener les réformes nécessaires bien différentes de celles exprimées par le référendum et de ses promesses électorales, il joue la peur qui ne laisserait pas d'autre choix que le sien. En calculateur parlementariste, il espère revenir à la tête de son pays, débarrassé de la fronde de celles et ceux qui, dans Syriza,  sont favorables à un retour à la drachme et la fin des plans d’aide. Si j'ai soutenu son coup de poker du référendum, comment soutenir encore son calcul électoraliste? Comment soutenir une politique basée essentiellement sur la popularité d'un seul individu? Comment croire encore à un leader qui a, il est vrai, tout tenté dans les négociations, mais qui, objet de chantage de la part des Européens, a rejoint l’ancienne classe politique corrompue? Comment encore croire qu'il puisse représenter une alternative politique? A la voix du peuple, il semble préférer avant tout de rester au pouvoir le temps d’une législature normale (quatre ans). Pour réaliser cet objectif, Il lui fallait clarifier les choses et évincer les "dissidents". Réussira-t-il? Peu importe, car de toute façon ces élections me semblent être un désastre pour une population qui ne sait plus à qui faire confiance. Elles ouvrent la porte à l'extrême droite pour toute une population désorientée. Les problèmes de Syriza devaient se régler, selon moi, en interne. L'intérêt du peuple n'était pas de recourir à de nouvelles élections. La stratégie de Tsipras  est devenue incompréhensible, dangereuse. D'une révolution de rue, elle est passée en révolution de palais. Le seul espoir ne réside plus que dans les réactions de la rue, dont je crains une usure bien compréhensible. C'est ce combat que nous devons absolument soutenir.   

 

09:17 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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