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21/08/2015

Pauvreté: fonds de commerce de plus en plus privatisé

 

pauvreté.jpgMême si, comme beaucoup, il m'arrive de succomber à la tentation d'aider par un petit don ou par ma participation à une action d'aide envers les plus démunis, soit par amitié envers des engagés généreux ou courageux, ou par une confrontation concrète avec un "malheureux", j'avoue en avoir marre des appels incessants à la générosité! Le fonds de commerce de la clientèle pauvre n'est plus désormais réservé aux religions. Est venue s'ajouter toute une série d'organisations laïques diverses, des plus petites aux plus grandes. Sans vouloir minimiser les actions menées par des Abbé Pierre, Sœurs Térésa, Emmanuelle et autres grands charismatiques ou non d'une charité sincère, ou encore bon nombre de grandes ou petites organisations non-gouvernementales, nous sommes en droit de nous poser quelques questions fondamentales. Toute cette aide change-t-elle vraiment la misère dans le monde? Cette misère serait-elle  la résultante d'un hasard ou bien la conséquence des politiques menées par des gouvernements valets et complices de l'injustice distributive des richesses? Toute cette aide ne sert-elle pas à museler la révolte des victimes des injustices économiques, sociales, culturelles? Mieux qu'une aumône, ne serait-il pas plus utile de réveiller et de soutenir la colère des pauvres, plutôt que d'apporter un peu de paume sur les plaies de quelques-uns, choisis par notre sentimentalité d'un moment? La "neutralité" politique apparente des églises, autant que celle de mouvements laïcs n'est-elle pas une hypocrisie qui fait des pauvres des adeptes croyants ou athées soumis aux lois du marché dicté par la classe des puissants? La générosité privée ne protège-t-elle pas l'arnaque des pouvoirs publics? Les distributions de vivres, nourritures et autres besoins fondamentaux de survie par les églises, mosquées, temples, maisons de laïcité et autres organisations humanitaires,  ne sont-elles pas de simples soins palliatifs, n'empêchant en rien la mort par asphyxie capitaliste? N'est-il pas paradoxal et incohérent de laisser des gouvernements ériger des murs pour endiguer l'immigration et tenter de faire appel dans un même temps à des dons pour ceux qui ont réussi à braver la mort en les franchissant? Comment ne pas  participer à des politiques anticapitalistes en renversant ceux qui abolissent les frontières pour les marchandises et les renforcent pour les humains fuyant la guerre et la faim? Plutôt que toutes les aumônes déculpabilisant notre lâcheté consciente ou non, ne ferions-nous pas œuvre plus utile en soutenant des politiques alternatives à celles menées par un capitalisme à la fois décrié mais courtisé par toutes les "œuvres" charitables, religieuses et humanitaires?

 

17:02 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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