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31/08/2015

La "rentrée" politique

 

non.jpgJe peste toujours quand j'entends " moi, la politique, cela ne m'intéresse pas"! Pourtant, je comprends bien cette attitude de celle et de celui pour qui le mot politique est synonyme de partis, d'hommes et de femmes tous considérés comme "corrompus" et magouilleurs qui ne pensent qu'à leur propre profit. Mais résumer la politique à ces cliches est bien triste. Il faut en revenir à ce que politique signifie vraiment. Du grec "polis" "la cité", la politique est avant tout une réflexion et une action.  Réflexion sur le comment organiser une société et comment agir pour rendre cette organisation efficace pour le bien commun de la cité, devenue aujourd'hui celle du monde. Je concède qu'en voyant sa pratique, l'art de gouverner (ce n'est pas nouveau) n'est plus seulement l'art de construire une égalité et une solidarité entre tous les citoyens, mais bien l'art de détenir et surtout de se maintenir au  pouvoir.  La vraie vocation "morale" de la" vertu" du bien commun s'efface vite au profit d'une simple façade tentant de se concilier les faveurs d'électeurs via les soubresauts d'une actualité mouvante, émotionnelle et par définition éphémère. Se maintenir au pouvoir est, peut-être plus que jamais, à ce prix. Si les rapports entre politique et morale sont devenus si difficiles, n'est-ce pas aussi notre faute? Cela ne dépend-t-il pas de notre conception même de la nature humaine. Quand je vois les réactions et commentaires de certains sur les migrants, il y a de quoi devenir pessimiste. Si notre "nature" humaine nous pousse vers nos seuls besoins de sécurité, de conservation de nos us et coutumes, comme chez l'animal, pas étonnant de voir alors le "lien social", considéré pourtant aussi comme "naturel" se dégrader. La clé pour rester optimiste réside peut-être dans "L'insociable sociabilité des hommes" décrite par E. Kant.  Dans cette double tendance qu'aurait chaque individu. L'une de bien vivre avec ses semblables et l'autre à vouloir en tirer profit pour lui-même. Une dualité qui nous pousserait à déployer nos talents….Mais je ne crois pas à l'état de nature. A toute la réflexion des savants de la nature humaine, des faiseurs de morale, des politiques généreux ou pas, intègres ou non,  je préfère nettement l'analyse pragmatique de Marx pour qui les relations sociales sont définies par les systèmes de production des biens matériels qui conditionnent nos consciences et mentalités jusqu'à en faire des superstructures idéologiques. C'est ce mode de production qui crée le chômage, la précarité et l'exclusion. Tant que nous n'aurons pas changé celui-ci, rien de changera vraiment. S'intéresser à la politique, ce n'est point suivre, même si intéressantes, les "fantaisies" de nos parlements ou s'opposer à tel ou tel parti. Vrai qu'ils sont tous les mêmes puisque tous renoncent à changer ce mode de production, sinon une gauche marxiste. Faire de la politique, c'est en tout cas pour moi, rejoindre avant tout le monde du travail et soutenir ses luttes. C'est vouloir empêcher la plus-value capitaliste qui s'empare de cette force de travail pour se remplir les poches. L'automne social s'annonce chaud. A nous donc de soutenir au maximum les actions de ce monde du travail osant sortir dans la rue, osant se regrouper en syndicats, pour modifier le système politique et que ceux qui ne revendiquent pas ne viennent pas alors se plaindre en lançant les clichés faciles que "tous les mêmes" ou que "cela ne changera rien"!

 

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