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31/08/2015

La "rentrée" politique

 

non.jpgJe peste toujours quand j'entends " moi, la politique, cela ne m'intéresse pas"! Pourtant, je comprends bien cette attitude de celle et de celui pour qui le mot politique est synonyme de partis, d'hommes et de femmes tous considérés comme "corrompus" et magouilleurs qui ne pensent qu'à leur propre profit. Mais résumer la politique à ces cliches est bien triste. Il faut en revenir à ce que politique signifie vraiment. Du grec "polis" "la cité", la politique est avant tout une réflexion et une action.  Réflexion sur le comment organiser une société et comment agir pour rendre cette organisation efficace pour le bien commun de la cité, devenue aujourd'hui celle du monde. Je concède qu'en voyant sa pratique, l'art de gouverner (ce n'est pas nouveau) n'est plus seulement l'art de construire une égalité et une solidarité entre tous les citoyens, mais bien l'art de détenir et surtout de se maintenir au  pouvoir.  La vraie vocation "morale" de la" vertu" du bien commun s'efface vite au profit d'une simple façade tentant de se concilier les faveurs d'électeurs via les soubresauts d'une actualité mouvante, émotionnelle et par définition éphémère. Se maintenir au pouvoir est, peut-être plus que jamais, à ce prix. Si les rapports entre politique et morale sont devenus si difficiles, n'est-ce pas aussi notre faute? Cela ne dépend-t-il pas de notre conception même de la nature humaine. Quand je vois les réactions et commentaires de certains sur les migrants, il y a de quoi devenir pessimiste. Si notre "nature" humaine nous pousse vers nos seuls besoins de sécurité, de conservation de nos us et coutumes, comme chez l'animal, pas étonnant de voir alors le "lien social", considéré pourtant aussi comme "naturel" se dégrader. La clé pour rester optimiste réside peut-être dans "L'insociable sociabilité des hommes" décrite par E. Kant.  Dans cette double tendance qu'aurait chaque individu. L'une de bien vivre avec ses semblables et l'autre à vouloir en tirer profit pour lui-même. Une dualité qui nous pousserait à déployer nos talents….Mais je ne crois pas à l'état de nature. A toute la réflexion des savants de la nature humaine, des faiseurs de morale, des politiques généreux ou pas, intègres ou non,  je préfère nettement l'analyse pragmatique de Marx pour qui les relations sociales sont définies par les systèmes de production des biens matériels qui conditionnent nos consciences et mentalités jusqu'à en faire des superstructures idéologiques. C'est ce mode de production qui crée le chômage, la précarité et l'exclusion. Tant que nous n'aurons pas changé celui-ci, rien de changera vraiment. S'intéresser à la politique, ce n'est point suivre, même si intéressantes, les "fantaisies" de nos parlements ou s'opposer à tel ou tel parti. Vrai qu'ils sont tous les mêmes puisque tous renoncent à changer ce mode de production, sinon une gauche marxiste. Faire de la politique, c'est en tout cas pour moi, rejoindre avant tout le monde du travail et soutenir ses luttes. C'est vouloir empêcher la plus-value capitaliste qui s'empare de cette force de travail pour se remplir les poches. L'automne social s'annonce chaud. A nous donc de soutenir au maximum les actions de ce monde du travail osant sortir dans la rue, osant se regrouper en syndicats, pour modifier le système politique et que ceux qui ne revendiquent pas ne viennent pas alors se plaindre en lançant les clichés faciles que "tous les mêmes" ou que "cela ne changera rien"!

 

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28/08/2015

A propos du dernier sondage RTL sur les migrants

 

migrants.jpgA lire ce sondage, nous pouvons constater, une fois de plus, que la peur entretenue par notre gouvernement, et  d'autres,  fonctionne bien. Les déclarations mensongères et populistes de De Wever et Cie ne sont pas innocentes en la matière et ce sinistre individu sait très bien utiliser un sentiment de peur et  d'injustice pour diviser une opinion publique sur cette question, comme d'ailleurs sur d'autres.  Son utilisation de la lâcheté démagogique de la peur est bien difficile à vaincre. Le sondage le montre. Partagé entre la compassion humaine et la peur de perdre une partie de son beefsteak, le Belge, du moins en relative majorité, semble bien adhérer à une politique sécuritaire dont il mesure mal le danger.  En faisant vibrer toutes les cordes de l’insécurité d’une population captive de sa propagande, De Wever fait encore mouche. Le MR a beau préciser un accord gouvernemental sur une politique d’accueil ouverte, humaine, mais ferme, c'est  ce dernier mot qui sera mis en exergue par son pitoyable allié. Acculés à des choix douloureux, les électeurs, comme des automates, sont manipulables par la peur. La dernière pantalonnade de Charles Michel  à l'Elysée au sujet du geste héroïque des américains dans le Thalys n'avait d'autre objectif que celui-là. Ce que d'aucuns estiment être un honneur mérité n'est évidemment, via ceux qui remettent la médaille, qu'une habileté calculée, bien éloignée d'un remerciement sincère. "Maintenir les hommes dans la peur, c’est les maintenir sous un grand pouvoir" disait déjà Machiavel. A la peur du terrorisme est venue s'ajouter aujourd'hui celle de l' affluence de migrants. Le mécanisme de manipulation par la peur est donc repris de façon identique.  A l'impopularité des mesures antisociales mises en vigueur par son gouvernement, Michel à l'image de bien des politiciens, sait qu'il peut toujours compter sur un événement dramatique, tel que celui du Thalys hier, de Charlie hebdo avant-hier, des migrants aujourd'hui pour détourner l'attention de la population. Les politiciens ont toujours su que la peur est le meilleur moyen de convaincre les populations réticentes à accorder leur soutien inconditionnel au gouvernement. La vague médiatique sur le drame des migrants et  le danger terroriste met en arrière-plan les réformes honteuses sur le chômage, l'augmentation de l'électricité, et taxations injustes. La crise et la montée des inégalités aidant risquent bien d'être masquées et d'engendrer une forme de résignation endiguant ainsi les mécontentements.  Chez nous, le mythe de l’insécurité se porte bien. Son entretien, et le sondage le démontre encore, ne va certainement pas favoriser l’ouverture d’esprit, la compréhension de l'injustice sociale et  la disponibilité à l’action revendicatrice et militante. Il suffit aussi de lire sur les réseaux sociaux le repli sur la sphère privée des gens, avec leurs distractions diverses et une consommation qui fait oublier la solidarité. Eradiquer la peur et l'égoïsme n'est jamais simple. La meilleure arme réside probablement dans l''éducation et l'ouverture d'esprit. Le sentiment de la peur infantilise. A nous de rester adultes et de ne point tomber dans la manipulation politicienne. Gardons aussi la raison. L'histoire nous prouve aussi qu'avec le temps, les peuples ne sont jamais aussi stupides que ce que pensent ceux qui les manipulent…

 

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26/08/2015

Le terrorisme du profit

arbre-argent-homme-genou.jpgSi les médias, plutôt que de mettre à la une et en exergue toutes les violences individuelles, mettaient celles, bien plus cachées, de tous les régimes qui au profit des multinationales et du pouvoir de l'argent assassinent chaque jour des milliers, voire des millions de personnes par la misère qu'ils créent, l'opinion publique pourrait, peut-être, faire changer le monde… Mais tant que le fait divers fait plus de succès que le fait de société, il y a peu de chance de faire triompher la juste répartition des richesses et de voir arrêter les vrais assassins qui tuent bien plus, et sans kalachnikov, les victimes ignorantes des guerres dégoutantes menées par les magnats du dollar…C'est aux révolutionnaires, payant souvent de leur vie, leur lutte pour l'égalité entre tous, qu'il faudrait surtout remettre la "légion d'honneur"! Les fous du dieu fric terrestre sont à combattre, autant que les fous des dieux religieux célestes!

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25/08/2015

Le succès des citations

 

citation.jpgIl m'arrive parfois de publier des citations qui me paraissent judicieuses pour illustrer ma pensée, tout en sachant que c'est de la facilité de pensée! J'avoue que le déferlement des citations sur Facebook m'énerve quelque peu. Une citation est toujours lapidaire, caricaturale ou simplement "tarte à la crème" et s'en contenter risque bien de favoriser notre fainéantise d'esprit.  Les réseaux sociaux ne favorisent-ils pas la paresse qui voudrait tout comprendre en deux ou trois lignes? La véritable réflexion prend du temps, demande de l'ascèse, de la lecture, des rencontres. La compréhension par flashs et hashtags est bien illusoire. Idem pour de la communication via des smileys ou  émoticônes en tout genre. Mettre de l'ordre dans le bordel de nos pensées réclame un minimum de connaissances, de partages,  favorisant l'expression et la communication.  Sans aucune nostalgie d'un passé où l'écriture à la plume relevait d'un art de pensée, les outils actuels revêtent une richesse nouvelle pour autant qu'ils s'emploient d'une manière intelligente en ne cédant pas à une forme de réflexivité peu méthodique, ennemie de la réflexion et du savoir.  Se nourrir uniquement de citations, aussi nobles, généreuses ou acerbes, irrévérencieuses, décalées soient-elles ne suffiront jamais à alimenter une véritable culture et un savoir éclairé. Bien au contraire, trop citer risque bien de nuire à une construction raisonnée et personnelle de la pensée.   

 

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21/08/2015

Pauvreté: fonds de commerce de plus en plus privatisé

 

pauvreté.jpgMême si, comme beaucoup, il m'arrive de succomber à la tentation d'aider par un petit don ou par ma participation à une action d'aide envers les plus démunis, soit par amitié envers des engagés généreux ou courageux, ou par une confrontation concrète avec un "malheureux", j'avoue en avoir marre des appels incessants à la générosité! Le fonds de commerce de la clientèle pauvre n'est plus désormais réservé aux religions. Est venue s'ajouter toute une série d'organisations laïques diverses, des plus petites aux plus grandes. Sans vouloir minimiser les actions menées par des Abbé Pierre, Sœurs Térésa, Emmanuelle et autres grands charismatiques ou non d'une charité sincère, ou encore bon nombre de grandes ou petites organisations non-gouvernementales, nous sommes en droit de nous poser quelques questions fondamentales. Toute cette aide change-t-elle vraiment la misère dans le monde? Cette misère serait-elle  la résultante d'un hasard ou bien la conséquence des politiques menées par des gouvernements valets et complices de l'injustice distributive des richesses? Toute cette aide ne sert-elle pas à museler la révolte des victimes des injustices économiques, sociales, culturelles? Mieux qu'une aumône, ne serait-il pas plus utile de réveiller et de soutenir la colère des pauvres, plutôt que d'apporter un peu de paume sur les plaies de quelques-uns, choisis par notre sentimentalité d'un moment? La "neutralité" politique apparente des églises, autant que celle de mouvements laïcs n'est-elle pas une hypocrisie qui fait des pauvres des adeptes croyants ou athées soumis aux lois du marché dicté par la classe des puissants? La générosité privée ne protège-t-elle pas l'arnaque des pouvoirs publics? Les distributions de vivres, nourritures et autres besoins fondamentaux de survie par les églises, mosquées, temples, maisons de laïcité et autres organisations humanitaires,  ne sont-elles pas de simples soins palliatifs, n'empêchant en rien la mort par asphyxie capitaliste? N'est-il pas paradoxal et incohérent de laisser des gouvernements ériger des murs pour endiguer l'immigration et tenter de faire appel dans un même temps à des dons pour ceux qui ont réussi à braver la mort en les franchissant? Comment ne pas  participer à des politiques anticapitalistes en renversant ceux qui abolissent les frontières pour les marchandises et les renforcent pour les humains fuyant la guerre et la faim? Plutôt que toutes les aumônes déculpabilisant notre lâcheté consciente ou non, ne ferions-nous pas œuvre plus utile en soutenant des politiques alternatives à celles menées par un capitalisme à la fois décrié mais courtisé par toutes les "œuvres" charitables, religieuses et humanitaires?

 

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La Grèce sous un double chantage

 

désastre.jpgAlors que le référendum grec pouvait faire lever l'espoir d'une autre Europe, Alexis Tsipras et une majorité de Syriza ont dû céder au  chantage de Merkel et de ses acolytes européens. A la politique de l'espoir, a succédé celle de la résignation à la misère. Mis en minorité par la fracture au sein de son parti, Tsipras semble bien abandonner le programme d'une  gauche radicale au profit d'un compromis imbuvable. J'avoue ma profonde déception. Au chantage de l'Europe et des lobbys financiers, Tsipras ajoute celui du " moi" ou le "chaos". Celui qui portait l'espoir d'une démocratie de base revêt aujourd'hui le costume de la fausse démocratie parlementaire et entre dans le jeu politicien du pouvoir pour le pouvoir. Se posant en seul maître pour mener les réformes nécessaires bien différentes de celles exprimées par le référendum et de ses promesses électorales, il joue la peur qui ne laisserait pas d'autre choix que le sien. En calculateur parlementariste, il espère revenir à la tête de son pays, débarrassé de la fronde de celles et ceux qui, dans Syriza,  sont favorables à un retour à la drachme et la fin des plans d’aide. Si j'ai soutenu son coup de poker du référendum, comment soutenir encore son calcul électoraliste? Comment soutenir une politique basée essentiellement sur la popularité d'un seul individu? Comment croire encore à un leader qui a, il est vrai, tout tenté dans les négociations, mais qui, objet de chantage de la part des Européens, a rejoint l’ancienne classe politique corrompue? Comment encore croire qu'il puisse représenter une alternative politique? A la voix du peuple, il semble préférer avant tout de rester au pouvoir le temps d’une législature normale (quatre ans). Pour réaliser cet objectif, Il lui fallait clarifier les choses et évincer les "dissidents". Réussira-t-il? Peu importe, car de toute façon ces élections me semblent être un désastre pour une population qui ne sait plus à qui faire confiance. Elles ouvrent la porte à l'extrême droite pour toute une population désorientée. Les problèmes de Syriza devaient se régler, selon moi, en interne. L'intérêt du peuple n'était pas de recourir à de nouvelles élections. La stratégie de Tsipras  est devenue incompréhensible, dangereuse. D'une révolution de rue, elle est passée en révolution de palais. Le seul espoir ne réside plus que dans les réactions de la rue, dont je crains une usure bien compréhensible. C'est ce combat que nous devons absolument soutenir.   

 

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16/08/2015

N'oublions pas la Grèce

grèce400.jpgQuand Merkel salue le changement d'attitude du gouvernement Tsipras, il a de quoi s'inquiéter pour un peuple honteusement mis sous tutelle, mais surtout mis sur misère européenne. Personne n'a jamais nié les réformes indispensables que devaient faire ce pays, mais celles qui touchaient aux privilèges d'une minorité s'enrichissant sur le dos d'une majorité de travailleurs. "L'oxygène" apporté par les milliards promis par l'UE ne fera que faire respirer les banques et les prêteurs usuraires. Bien plus qu'une valse de milliards, c'est le refus de voir entrer dans la danse des nantis, un pas de la gauche radicale que ne voulaient pas les pays rongés par les dictats des lobbys du capital. L'espoir de tout un peuple a été saqué, détruit, manipulé par un dit réalisme des lois du marché. Le profit a vaincu l'espérance de la justice sociale et d'une redistribution équitable d'une richesse accaparée par une classe "d'intouchables". Déjà douloureusement touchée par six années de rigueur sans résultat tangible, la majorité de Grecs va devoir consentir encore à de lourds et injustes sacrifices. Le bol d'air promis ressemble fort à nouvelle forme de gaz moutarde! Loin de relancer une économie en panne de consommation par une imposition d'austérité, ce pays, comme le nôtre, va s'enfoncer dans une crise dont on ne voit pas la fin du tunnel. Comment encore croire aux recettes de la droite et de la sociale démocratie qui, par des procédures de libéralisation et les bénéfices liés à la privatisation, ne font qu'aggraver l'écart entre riches et pauvres? La privatisation des ports du Pirée et de Thessalonique, la vente des aéroports régionaux, ne feront à moyen terme, qu'appauvrir le pays, sans favoriser les investissements publics dont la Grèce a cruellement besoin. L'exemple que nous avons connu avec notre sidérurgie, la libéralisation de l'énergie, et la vente des "bijoux de famille" (Sabena, CGER, etc…) prouve bien l'échec d'une telle politique. De la "découverte", en 2009, par Georges Papandréou des comptes publics maquillés au référendum convoqué par Alexis Tsipras, en passant par les neuf plans d’austérité, seule une politique osant autre chose que les vieilles recettes d'échecs d'un capitalisme à bout de souffle pouvait faire espérer un sort meilleur à une population qui osait la contestation de rue liée à celle d'un parlement "révolutionnaire". La droite a gagné un combat. Entre peste et choléra, assassinat ou suicide, le choix de Tsipras était réduit à néant. La détermination d'un peuple a bel et bien été réduite à devoir s'incliner, momentanément, en tout cas. Je crois peu au changement via des nouvelles élections inévitables en automne.  Le sort de la Grèce ne pourra être modifié que par d'autres succès de la gauche radicale et une solidarité européenne des travailleurs. Ce n'est pas gagné, mais reste possible si nous poursuivons ACTIVEMENT notre lutte.

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09/08/2015

Les cafés d'antan

café sport.jpgSans être un grand nostalgique du passé, je regrette parfois le temps où les cafés étaient vraiment des lieux de rencontres, de partages, de jeux et de convivialité. Autour du jeu de cartes, de celui des boules, du Kicker, on s'y amusait ou y traitait quelques affaires. On y discutait aussi. A côté des pompes à bière, certaines associations diverses  y occupaient même un local pour y tenir ses séances. Il avait aussi les meetings, les conférences, les assemblées pour délibérer sur les actes publics. C’est là que se complotaient même parfois la ruine ou le triomphe de certains hommes politiques. A côté des sociétés  de pêche, de colombophiles,  cyclistes, supporters foot, etc….se faisaient aussi entendre les oracles doctrinaires des socialo, des libéraux ou des calotins. Nos cafés d'aujourd'hui sont devenus bien tristes. Chacun y  va dans son coin tapoter sur son smart phone. Le wifi est plus important que l'ambiance. Rendez-vous des attristés de vie, bien plus que des engagés joyeux ou râleurs d'objectifs communautaires, ils sont aussi, pour certains, devenus des rendez-vous de "pougins " ou de snobs venant pour les uns noyer leur misère et pour les autres se pavaner en Guest, Dior ou Valentino!  Ce qui devait être un lieu réel de plaisir ou de défense d'intérêts communs n'est plus qu'une gargote plus ou moins " chic" où viennent s'asseoir ceux et celles qui cherchent à tromper leur solitude. Le  rôle essentiel des cafés, que ce soit en matière de lien social, de développement économique ou d'attractivité touristique, a bien changé. Je ne suis pas certain qu'il suffit de rénover le décor de nos cafés à l'ancienne avec bois, zing, carrelage, etc.  ou plus contemporain, avec design épuré, lounge etc. , pour retrouver ce qui compte bien plus que le look: l'ambiance, les échanges, le contact. Mais suis-je certainement trop rêveur en souhaitant, comme il n'y pas encore trop longtemps, des cafés semblables à de vrais agoras et qui apportaient une âme à un quartier? Il y en a  et il s'en crée encore et qui, heureusement, semblent mieux résister que d'autres. Pour faire face à l'adversité, nombre de débits de boissons ont intégré la restauration dans leur activité.  De l'offre de la petite brasserie, ils proposent en plus un plat du jour, voire une offre le midi un peu plus étoffée. A Liège, j'en connais quelques-uns et ça marche ( Le Sauvenière, le Pot au lait, le Building, etc.). Mais à côté de ceux-ci, existent aussi les cafés "branchés" que l'on fréquente, selon les cas, pour voir ou pour être vu, et j'en connais aussi (je ne les citerai pas…). Tout espoir, nostalgique ou pas, n'est donc point encore perdu. La fonction de lien social des cafés n'a pas disparu, même si elle a perdu au fil du temps de son importance. Comme nous sommes au temps des vacances, vous serez certainement d'accord avec moi, pour dire que comme touristes, nous recherchons souvent, dans nos voyages,  le petit café du coin  qui nous donne le sentiment de vivre le pays, la ville, la campagne, de l'intérieur, parce que nous nous y retrouvons au même titre que les habitués non touristes…

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08/08/2015

Les primaires américaines

trump1.jpgQuelles soient démocrates ou républicaines, les primaires américaines ressemblent bien à des jeux de bac à sable pour enfants très riches, avec en tête  Donald Trump. Rien vraiment détonnant à voir aux USA le capital remplacer le niveau intellectuel. Les millions et milliards valent mieux que d'autres "qualités". Sans ce dénominateur commun, point d'espérance pour la Maison blanche. Il faut se vendre comme un produit dont la qualité première n'est point sa composition mais sa tromperie communicative. La percée médiatique avant tout, quitte à ce qu'elle soit grotesque. Il faut piquer les électeurs, peu importe si c'est en satisfaisant leur goût vils et bas. La stratégie de la bonne grosse connerie qui polarise les débats vaut souvent mieux qu'une défense sérieuse d'un programme. Si la candidature de Trump risque bien et heureusement de n'être qu'une bulle, elle illustre pourtant bien ce qu'est une élection américaine. Pas certain que des Busch ou Clinton soient d'un niveau beaucoup plus élevé. Le mal américain, dont nous nous amusons à tort, est pourtant aussi à nos portes. Il est porté par des médias exsangues qui n'ont plus le temps de creuser se contentant de relayer la pensée du fric. Et puis, puisque le peuple semble préférer des propos anecdotiques, outranciers ou croustillant, à tout débat d'idées, pourquoi s'en priver? Là-bas, comme ici, il suffit de constater comment fonctionnent la machine à clics… Les téléspectateurs réguliers en savent moins sur l’état du monde que sur celui qui va gagner Love Story, Koh Lanta ou The Voice. Cette campagne américaine semble bien ressembler à cette maladie devenue difficilement curable qui répond à une logique d'un peu partout. Elle voudrait que, dans un groupe, tous s’alignent sur le plus bas niveau non seulement intellectuel, mais aussi raciste, individualiste, ayant comme maître à penser la réussite matérielle. Avant donc de trop critiquer le show américain ou de nous en amuser, il serait bon d'abord de balayer devant notre porte!

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06/08/2015

Au nom du réalisme

 

changer-le-monde.pngRien ne me met plus en colère, en révolte  , en tristesse, que les gens qui se contentent d'accepter le monde comme il est; que ceux qui, au nom d'un réalisme d'une dite nature humaine profonde, acceptent que l'homme soit un loup pour l'homme. Ils ont perdu, à mes yeux, leur jeunesse et la foi d'un avenir meilleur, se contentant d'attendre, sereinement ou pas, le sort que nous aurons tous au cimetière ou au crématorium. Comment ne pas s'indigner, tant que nous sommes vivants, de toutes les injustices que chaque jour nous voyons sous nos yeux dans notre ville, notre village et, au travers des médias, dans le monde? La résignation est  le pire ennemi du progrès. Le silence des pantoufles amène le bruit des bottes. Face à des  situations inacceptables, deux attitudes sont possibles : se soumettre c'est à dire se résigner ou, au contraire refuser, c'est à dire se révolter. J'avoue avoir beaucoup de difficultés à voir dans la résignation quelque chose de légitime.  Face à l'injustice l'homme n'a-t-il pas le droit, voire le devoir, de se révolter? Non seulement en paroles, mais aussi en actes. A la question fondamentale et première, vieille comme l'humanité, de savoir quel est mon pouvoir d'action face au monde, les réponses dépendent essentiellement de notre vision "philosophique". A cette question, les stoïciens répondirent : aucun. Mais je ne suis pas de cette école! Si Galilée s'était résigné, nous n'aurions pas connu les progrès de la révolution copernicienne. L'homme n'ayant réellement aucune liberté d'action est un concept très contestable. Dire oui à ce qui peut être changé est aussi réaliste que de  de croire aux immuables lois du déterminisme. Ce déterminisme courtise évidemment l'individualisme, tandis que la révolte mène à une solidarité que j'estime aussi "naturelle" que le choix stoïcien! Le jeu de l'existence peut se jouer sur d'autres cases que celles préétablies par je ne sais quel inventeur! Hélas, je vois dans la passivité d'une résignation, celle d'une amnésie partielle ou totale d'un conditionnement de soumission dicté par diverses idéologies politiques de gauche, comme de droite. Si le libéralisme prétexte la liberté pour oppresser, je n'hésite pas à dire, bien que de gauche communiste, que le communisme a aussi prétexté le bien de collectivité et la lutte contre l'injustice par des moyens employés très injustes. Je ne me résigne donc point à attendre des " grandes idéologies" passées et présentes un miracle. Mais j'adhère et me bats avec une autre gauche qui tente d’ébaucher des solutions par des modèles alternatifs de société. Pour contrer le fatalisme d'un réalisme que j'exècre, je ne peux que me retrouver dans l’efficacité militante sans laquelle rien ne peut vraiment changer.

 

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