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11/09/2015

Migration: remettre les pendules à l'heure.

migra.jpgComment encore ignorer que la migration qui fait la une de notre actualité n'est pas un phénomène nouveau. Elle fait partie intégrante de l’histoire de l'humanité. En ce qui concerne notre petite Belgique, nous avons tendance à oublier que bien des Belges ont été aussi des migrants. Pour fuir l’invasion allemande en 1914. 1.300.000 Belges sont partis se réfugier dans les pays voisins. En l’espace de quelques semaines, près d’un cinquième de la population avait quitté le territoire belge ! Mais nous avons été également  un pays d’immigration au XXe siècle. Nous avons eu à cette époque un afflux d’immigrés par le souhait des autorités d'attirer des travailleurs étrangers, surtout pour faire tourner l’industrie du charbon, alors en pleine prospérité. La plupart de ceux qui se sont laissé convaincre étaient italiens, grecs et originaires d’Europe de l’Est (Pologne, Tchécoslovaquie et Yougoslavie). Mais diront certains: nous ne sommes plus en période de prospérité.  Nous n'avons pourtant jamais autant produit. On évite, bien sûr, la  question de fond de la distribution de la richesse . La richesse du pays est globalement plus forte que durant les années où l'immigration était importante. Cette richesse est aussi le fruit de tous les fils de migrants ajoutée à celle produite aujourd'hui par les étrangers dans notre pays. Ne nous trompons donc pas d'ennemis. Relativisons d'ailleurs cette "affluence". Cessons cette islamophobie qui menacerait notre culture et notre portefeuille. Il y avait l'an dernier en Belgique 1 195 122 étrangers, sur une population totale de 11 099 554 personnes. En première position, on trouve les Italiens (157 426), un nombre qui a baissé puisque beaucoup ont acquis la nationalité belge. Le podium est complété par les Français (153 413) et les Néerlandais (143 977). L'immigration vers la Belgique est donc principalement intra-européenne, contrairement à ce qui est véhiculé par des racistes cons et ignorants. L'arrivée de nouvelles nationalités, issues des anciens pays de l'Est (Pologne, Roumanie, Bulgarie surtout) semble aussi passée  sous  silence. Entre 2004 et 2013, on est ainsi passé de 24 349 à 156 148 étrangers issus de l'un des 12 nouveaux pays européens. Que dire aussi de la population marocaine si décriée, alors qu'elle représente seulement 3,9 % du total de notre population et qu'elle offre l'atout de s’élever à 6,7 % pour les moins de 15 ans, alors que nous devons  affronter le défi du vieillissement? Il est donc temps de remettre les pendules à l'heure et de remettre à leur place tous ceux qui crient que nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde. La juste appréhension des phénomènes migratoires passe forcément par la réalité des chiffres, mais aussi et surtout par une analyse des motifs. Ne nous leurrons pas. Tant que les hommes auront des raisons de se déplacer, la migration subsistera. Ces raisons restent multiples. Nous ne parviendrons pas à briser ou du moins à réduire les préjugés sans un large éclairage et une meilleure connaissance des migrations et de leur histoire. Préférons cette méthode à celle employée par les petits esprits qui ne voit ce phénomène, comme d'ailleurs d'autres, qu'à travers le petit bout de la lorgnette des anecdotes qu'ils ont vues, vécues ou simplement entendues.

12:40 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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