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18/10/2015

Le pape François: charismatique, mais aussi bien jésuite.

pape.jpgTout en ayant une sympathie réelle pour l'homme, j'en ai nettement  moins pour le pape qu'il est devenu. Je ne pense pas qu'il soit vraiment progressiste. En regardant un peu son passé, on y voit, bien évidemment, un réel intérêt pour les pauvres et l'avenir de notre planète, mais peu d'engagement ( en dehors d'un discours lissé) sur un capitalisme qui rend pauvre les populations et détruit nos richesses naturelles.  Il ne faudrait pas oublier qu'il s'est situé dans la frange des jésuites qui ont combattu la théologie de la libération (d'inspiration marxiste) en Amérique latine, alors que beaucoup de membres de la Compagnie de Jésus ont été tentés par cette nouvelle vision de la théologie apparue à la fin des années 1960. Sans être jésuite à l'époque, mais jeune bénédictin, j'en étais fervent partisan! Il me parait surtout très libéral et dans la ligne jésuitique traditionnelle des querelles nées avec les jansénismes ( XVII siècle)  autour de la question  de morale individuelle ( casuistique). Rien d'étonnant donc dans sa volonté de voir le synode des évêques se pencher sur un aggiornamento concernant  le mariage, la famille, les homos, etc. dans une ligne apparemment progressiste. La subtilité du jésuite qu'il est réapparait. En soutenant un enseignement moral basé sur l'expérience de cas particuliers et accordant une place importante de la liberté individuelle face à la loi morale (ce qui était traité de laxisme par des jansénistes, comme Blaise Pascal, et aujourd'hui encore par des cardinaux conservateurs) François semble jouer un double jeu. A la fois celui de l'ouverture mais  aussi celui de la rattacher  à une doctrine morale très conservatrice.  Dans ce sens, on peut lui accorder le mot jésuite pris comme une connotation péjorative, synonyme d'hypocrite. "Qui suis-je pour juger un gay", dit-il, mais dans le même temps  refusant d'introduire dans la bergerie vaticane un ambassadeur français gay… Je crains fort qu'à  force de vouloir ménager la chèvre et le chou, ce pape, tenaillé entre son aile gauche et celle de droite, se contente de rester jésuite, sans prise réelle de position. Pire, je ne pense pas qu'il osera une  rupture avec les dogmes, notamment celui de l'indissolubilité du mariage, conçu uniquement comme l'alliance d'un homme et d'une femme. Il n'aura que des réponses retorses pour maintenir l'Eglise dans son clientélisme très  large et diversifié.  Ceci dit, je ne voudrais pas être à sa place! Comment maintenir une unité dans une Eglise de plus en plus diverse aux quatre coins du monde. Le point d'accord sur les questions éthiques sera probablement de "recevoir les bras ouverts les personnes dans les situations où elles se trouvent". Voilà qui est déjà un pas de ne point les vouer aux flammes de l'enfer, mais un pas bien insuffisant pour sortir d'un conservatisme doctrinaire en divorce avec notre société d'aujourd'hui et de demain.

11:27 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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