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25/10/2015

L'intelligence du terrain

Olivier_Besancenot_547.jpgEn regardant hier l'intervention d'Olivier Besancenot dans " On n'est pas couché", nous pouvions constater que l'intelligence de la chose publique n'est pas l'apanage des intellectuels et professionnels de la politique. La connaissance et la pratique du terrain valent souvent  mieux que les grandes théories pensées dans les hémicycles universitaires ou parlementaires. Hélas, le pouvoir et la représentation du peuple sont presqu'exclusivement réservés aux ténors de la parole et à celles et ceux qui se contentent de conceptualiser des situations à partir de leur tour d'ivoire bien chauffée. Ce postier, lui, arrive à conceptualiser, à partir de sa vie de "monsieur tout le monde", de ses difficultés de boulot, de celles de ses camarades. Sans culture académique ou celle enseignée dans hautes écoles, mais par une capacité empirique de saisir les problématiques, grâce à un engagement de lutte pour une société plus juste et plus égalitaire, cet homme peut tenir tête au verbe d'intellectuels qui disent mieux savoir. Indéniablement, il détient autant de savoirs que ceux qui ont tendance à croire au monopole des leurs, via un parcours qui offre titres et références reconnus par une société bourgeoise et élitiste. Loin d'être simpliste ou caricatural, c'est le genre d'homme qui par son expérience de vie, sa capacité d'apprendre et de globaliser à partir d'un quotidien "éveillé" , documenté, et actif, peut rivaliser avec des dits experts de l'économie et autres disciplines politiques. Mais, trois fois hélas, notre société de l'image et du toc peine à faire confiance à celles et à ceux qu'elle pense à tort n'avoir pas la capacité de gouverner. Il a raison ce Besencenot, de dire que c'est dans son propre camp, celui des travailleurs, que son "sérieux" et ses "ambitions" ne sont pas reconnus. Combien de fois, n'ai-je pas entendu lors de meetings ou conférences politiques: " qu'est qu'il parle bien celui-là" et à la question: " ah, oui, de quoi a-t-il parlé?, la réponse du : " Je ne sais pas, mais il a bien parlé!". La tenue, y compris vestimentaire, l'habileté du verbe, la force d'une" improvisation" ( pourtant bien préparée par  l'aide actuelle de plus en plus utilisée des professionnels de la communication), un curriculum universitaire, un vocabulaire riche et étendu,  forgent mieux une popularité qu'une connaissance réelle des problématiques vécues par la majorité des citoyens et la recherche des causes réelles de leur sort.  La forme, plutôt que le fond, fait recette. Toute une classe populaire oscille dans une espèce d'ambivalence entre une identification à l'image du "parvenu", un peu comme celle d'un prince charmant, et celle de sa réalité qu'il croit pouvoir changer en adhérant plus au discours du prince qu'à celui d'un de ses "pauvres" semblables.  Difficile donc de casser ce mécanisme. Bien trop peu de mandataires proviennent du terrain.    Frédéric Gillot, avec toute sa longue expérience d'ouvrier sidérurgique et intelligence de terrain, avec  le jeune Rudy Warnier, petit indépendant un peu élu par hasard grâce au système de l'apparentement, et tous deux sur des listes du PTB,  doivent être les seuls députés à posséder cette qualification tellement importante. Important aussi cette obligation pour tous les mandataires de ce parti de devoir reverser à celui-ci ce qui dépasse le montant d'un salaire moyen (1.600€). C'est une garantie de ne point faire de la politique une carrière à fric!

11:53 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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