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29/10/2015

Magnette a tué Jaurès

 

jaurès.jpgQu'il était et reste  beau ce texte de la chanson de Brel. " Pourquoi ont-ils tué Jaurès?". Petit rappel: Professeur de philosophie, journaliste, historien, en 1893, Jean Jaurès devint député de Carmaux (Tarn), cité ouvrière dont il porte les revendications à l'Assemblée nationale. Jouissant rapidement  d'une immense popularité, ce remarquable orateur a mené un combat inlassable et passionné contre toutes les grandes injustices. Magnette, s'en revendiquant hier dans le débat télévisé, l'a bel et bien tué. Loin de porter les revendications ouvrières, celles exprimées dans les dernières grosses manifestations syndicales, le dandy et ambitieux professeur  en science politique, n'a fait que défendre le sérail de la classe politique du PS.  Loin de se battre contre l'intolérable austérité imposée aux petits, il a défendu le compromis du pouvoir qui n'est autre qu'une compromission avec les grands. Non, il n'est pas archaïque de voir encore une classe ouvrière exploitée par la puissance des banques, des multinationales. Les délocalisations, les licenciements pour cause de plus grands profits ailleurs, la destruction lente des services publics, seul patrimoine du "pauvre" sont bien bel et bien actuels. Mais cela ne gêne pas le docte prétentieux qui, du haut de sa présidence, traite ses interlocuteurs comme des élèves, bien plus que comme des citoyens responsables.  Face à un Raoul Hedeboux, véritable porte-parole fidèle de ces ouvriers exploités, vous vous êtes montré le porte- parole d'un PS que sans doute vous aspirez à présider un jour. Ce PS qui n'a plus comme intérêt premier que la course à l'électorat pour garder au chaud ses apparatchiks.  Votre carrure d'éloquence n'a rien de celle d'un Jaurès. Sans doute parce votre apprentissage de la lutte des classes et du socialisme s'est faite dans des auditoires et non dans les combats de rue. Votre académisme vous permet de maîtriser vos dossiers, mais point ce qui se cache derrière eux. Si Jaurès a été assassiné par un nationaliste virulent dans la lignée actuelle des De Wever, vous l'assassinez, vous, par votre hostilité à une vraie gauche qui ose, comme le disait le grand homme: "aller à l'idéal et comprendre le réel ; agir et  se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni s'il lui réserve une récompense. Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques".  Vous n'avez rien de ce Jaurès auquel vous avez donné le prénom à votre fils. Pire, en s'en réclamant, vous bafouez sa mémoire. Et redites-vous bien: pourquoi ont-ils tué Jaurès?

 

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28/10/2015

Débat Magnette- Hedebouw

magnette et raoul.jpgEn ayant suivi avec attention le débat politique de ce soir avec P.Magnette, je me suis posé beaucoup de questions! A travers la brillance indiscutable du président PS de la région wallonne, prêt  à défendre avec habilité sa politique de compromis, tant au niveau régional, fédéral qu’international, on peut se demander si réellement le compromis tant vanté n'est pas purement et simplement le promis aux cons que nous sommes. Si ce PS osant soutenir le reniement de Tsipras en Grèce,  bénir son gouvernement actuel et en même temps se dire adversaire de la politique d'austérité, alors je ne comprends plus rien. Si se raccrocher à la belle citation de Jean Jaurès: “C'est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source” et s'en dire plus connaisseur que R. Hedebouw, en oubliant sans doute cet autre citation: “Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience”, alors j'ose affirmer que vous  trahissez la conscience de la source socialiste. Nous avons assisté au discours péremptoire de celui qui sait tout, travaille sur tout, vit tout. C'était l'arrogance du pouvoir, identique à celle d'un P.Y  Johelet . L'absence de  remise en question, comme reproche et leçon; adressée à vos interlocuteurs, ne semble pas en tout cas faire partie de  votre assurance, du moins verbale. Mais qu'attendre évidemment d'autre de quelqu'un qui, bien que prétendant vivre la réalité de terrain, parce qu'il s'y rend en voiture avec chauffeur, écoute et regarde avec attention la misère y régner, pour aussitôt reprendre la route bourgeoise du pouvoir? Qu'attendre de ce professeur, sinon de belles théories? Mais non Monsieur Magnette, vous le grand connaisseur de Jaurès qui vous aurait sans aucun doute rétorqué ce qu'il écrivait: “On n'enseigne pas ce que l'on sait ou ce que l'on croit savoir : on n'enseigne et on ne peut enseigner que ce que l'on est” vous le trahissez. Oh, vous avez vite coupé  R. Hedebouw qui voulait vous signaler à propos de votre obsession d'un PTB qui ne veut pas se mouiller au pouvoir que son parti avait pourtant osé bloquer une majorité NVA en participant à une majorité communale, celle de Borgerhout.  Oui, là, le PTB (PVDA) savait prendre ses responsabilités pour mener une autre politique que celle de vos compromis mous et rentables à votre classe politique. Mais la parole, je vous l'accorde, plus simple mais aussi plus vraie, qui part d'un véritable partage de vie d'un mandataire avec le quotidien des travailleurs vous paraissait sans doute trop dangereuse pour ne pas l'écraser de votre "science politique". Mais la question plus fondamentale encore que je me pose est celle de croire ou non  encore à un changement de société au profit d'une majorité de citoyens par la voie d'une représentativité qui n'est plus qu'un jeu sans véritablement d'enjeu, sinon d'occuper les sièges rentables d'un parlementarisme de pacotille se perdant dans les dédales d'égos en quête de servir bien plus que de servir. Que dans des dédales où les procédures législatives jouent à cache à cache avant d'accoucher de mesurettes ne touchant pas les  grandes mesures dictées dans les hémicycles opaques de la finance et des multinationales.  Populisme, n'est pas que tout cela…. Non, simple bon sens  qui ne tombe pas dans les blablas menteurs et prometteurs …

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27/10/2015

Le droit de casser un pays et son modèle social

de wever.pngCe que pratique la NVA et ses complices ou alliés va se solder, un jour ou l'autre, par non seulement un séparatisme, mais par l'installation d'une droite pure et dure capable de détruire la solidarité indispensable au progrès d'un pays et de ses citoyens. En jouant sur les peurs, le repli sur soi et la dite nécessité de l'ordre, ce parti fascisant se montre aussi dangereux que celui de la famille Le Pen. A force, non seulement de lui offrir une tribune pour vociférer ses thèses populistes que rallient les naïfs de la misère autant que les ignorants ou peu au courant de la chose publique, le MR lui a offert le pouvoir fédéral et le CD&V celui de la région flamande.  La paix communautaire, promise par le redoutable stratège De Wever, est trahie chaque jour. Pire encore, la droite dite sociale et modérée doit de plus en plus se soumettre aux exigences d'une politique antisociale et habilement xénophobe. Nous sommes loin du cordon sanitaire que les partis démocratiques avaient promis jadis d'établir pour barrer la route à ce parti, devenu par petits jeux politiciens d'un partage du gâteau du pouvoir, non seulement fréquentable mais courtisé et aujourd'hui marié. Le loup est bien entré dans la bergerie. Il ne cesse de régner en maître sur des moutons se croyant en sécurité sous la houlette d'un berger MR qui n'a comme arme que son ambition de tenir un bâton qui ne sert qu'à satisfaire le loup. Et les coups se succèdent. La coupe dans le chômage, l'index, les pensions, les services publics et aujourd'hui dans les syndicats ne cessent de s'abattre sur les moutons les plus faibles et les plus précarisés. Ceux qui le sont moins pensent préserver leur bien petit confort, jusqu'au jour où eux aussi seront touchés. Le droit de casser un pays, de le diviser par langue, par le sol, par la rivalité et compétitivités entre travailleurs devient un modèle de gouvernement. La "révolution" encore bien pacifique de la gauche se fait écraser par celle de la droite qui légifère dans la douceur et le cirque parlementaires  la violence masquée de mesures dictées par le grand patronat et le monde de la haute finance. L'opinion publique se fait manipuler par des médias orientés et muselés par ses gros possédants. L'heure devient grave. Il temps d'accuser en bloc les partis alliés au loup flamand. Il est temps pour la CSC –ACV de quitter le giron et ses combines avec le Cd&V. Il est temps pour la FGTB- ABVV de trouver des partenaires axés sur une vraie et combattante politique d'une gauche résistante. Il est temps d'accuser haut et fort le MR de sa trahison électorale et de son alliance avec un partenaire qui le cocufie en permanence. Il est grand temps de tout mettre en œuvre pour faire chuter ce gouvernement. Il ne s'agit plus seulement de résister, mais bien de combattre.

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25/10/2015

L'intelligence du terrain

Olivier_Besancenot_547.jpgEn regardant hier l'intervention d'Olivier Besancenot dans " On n'est pas couché", nous pouvions constater que l'intelligence de la chose publique n'est pas l'apanage des intellectuels et professionnels de la politique. La connaissance et la pratique du terrain valent souvent  mieux que les grandes théories pensées dans les hémicycles universitaires ou parlementaires. Hélas, le pouvoir et la représentation du peuple sont presqu'exclusivement réservés aux ténors de la parole et à celles et ceux qui se contentent de conceptualiser des situations à partir de leur tour d'ivoire bien chauffée. Ce postier, lui, arrive à conceptualiser, à partir de sa vie de "monsieur tout le monde", de ses difficultés de boulot, de celles de ses camarades. Sans culture académique ou celle enseignée dans hautes écoles, mais par une capacité empirique de saisir les problématiques, grâce à un engagement de lutte pour une société plus juste et plus égalitaire, cet homme peut tenir tête au verbe d'intellectuels qui disent mieux savoir. Indéniablement, il détient autant de savoirs que ceux qui ont tendance à croire au monopole des leurs, via un parcours qui offre titres et références reconnus par une société bourgeoise et élitiste. Loin d'être simpliste ou caricatural, c'est le genre d'homme qui par son expérience de vie, sa capacité d'apprendre et de globaliser à partir d'un quotidien "éveillé" , documenté, et actif, peut rivaliser avec des dits experts de l'économie et autres disciplines politiques. Mais, trois fois hélas, notre société de l'image et du toc peine à faire confiance à celles et à ceux qu'elle pense à tort n'avoir pas la capacité de gouverner. Il a raison ce Besencenot, de dire que c'est dans son propre camp, celui des travailleurs, que son "sérieux" et ses "ambitions" ne sont pas reconnus. Combien de fois, n'ai-je pas entendu lors de meetings ou conférences politiques: " qu'est qu'il parle bien celui-là" et à la question: " ah, oui, de quoi a-t-il parlé?, la réponse du : " Je ne sais pas, mais il a bien parlé!". La tenue, y compris vestimentaire, l'habileté du verbe, la force d'une" improvisation" ( pourtant bien préparée par  l'aide actuelle de plus en plus utilisée des professionnels de la communication), un curriculum universitaire, un vocabulaire riche et étendu,  forgent mieux une popularité qu'une connaissance réelle des problématiques vécues par la majorité des citoyens et la recherche des causes réelles de leur sort.  La forme, plutôt que le fond, fait recette. Toute une classe populaire oscille dans une espèce d'ambivalence entre une identification à l'image du "parvenu", un peu comme celle d'un prince charmant, et celle de sa réalité qu'il croit pouvoir changer en adhérant plus au discours du prince qu'à celui d'un de ses "pauvres" semblables.  Difficile donc de casser ce mécanisme. Bien trop peu de mandataires proviennent du terrain.    Frédéric Gillot, avec toute sa longue expérience d'ouvrier sidérurgique et intelligence de terrain, avec  le jeune Rudy Warnier, petit indépendant un peu élu par hasard grâce au système de l'apparentement, et tous deux sur des listes du PTB,  doivent être les seuls députés à posséder cette qualification tellement importante. Important aussi cette obligation pour tous les mandataires de ce parti de devoir reverser à celui-ci ce qui dépasse le montant d'un salaire moyen (1.600€). C'est une garantie de ne point faire de la politique une carrière à fric!

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23/10/2015

L'art de tout confondre pour tuer les actions syndicales

 

urgence.jpgNotre, hélas, toujours premier ministre, a encore rajouté une couche de "com" pour atteindre les droits syndicaux, véritable opposition à sa politique de droite.  Au vu de certains commentaires lu dans les médias, cela semble bien fonctionner. Dans les pires commentaires, cela va du  libellé de crétins, d'assassins à ceux plus polis d'irresponsables. La "Une" des médias se concentrant sur les incidents regrettables, mais toujours non prouvés comme véritablement liés à la mort de cette brave dame danoise, à laquelle " La Meuse" rajoute celle d' un homme qui aurait fait un malaise  et serait également mort lundi après avoir fait un infarctus dans son véhicule, n'est pas faite pour éclairer des revendications légitimes. Sans aller jusqu'à parler de complot, cela est moins innocent qu'en apparence. Focaliser sur les faits divers dramatiques est un moyen d'écarter du débat les vraies problématiques. " Quand le syndicalisme, point d’appui historique de la plupart des avancées émancipatrices, s’efface, tout se dégrade, tout se déplace. Son anémie ne peut qu’aiguiser l’appétit des détenteurs du capital",  écrit justement  Serge Halimi, dans le "Monde diplomatique". Charles Michel, en clamant que la grève n'est pas un droit absolu, doit se souvenir de Sarkozy, le grand ami de Reynders,  faisant voter une loi restreignant le droit de grève dans les services publics. L’année suivante, il pavoisait  tel un gamin hilare : « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit. »! Cela en dit long.  Diviser les travailleurs est une stratégie bien connue des pouvoirs financiers relayés par leurs antennes politiques. C'est à chacun d'entre nous de ne  point tomber dans ce piège et d'oser ne point culpabiliser une FGTB fragilisée par une opinion publique manipulée par des discours forts de pantins qui se foutent, au fond d'eux, du sort tragique des personnes évoquées et ne les prennent que comme prétexte pour asseoir leur pouvoir.

 

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20/10/2015

Quand les médias forgent nos opinions

 

grève 4.jpgVous me direz certainement que ce  ne sont  pas les médias qui forgent votre opinion, tout comme la pub n'influence pas vos achats. On se demanderait bien alors pourquoi les grandes firmes consacrent des millions pour vendre leurs produits. Bonne chance au petit fabricant pour les concurrencer, bien qu'on parle du bienfait du libre marché. Toujours et encore le dogme de la compétitivité! Comment dès lors, ne pas prendre conscience que les médias nous vendent la politique selon le même mode. Ce sont eux qui font voter pour nos dits représentants qui ne sont en fait que les leurs. D'abord en leur ouvrant largement leurs portes. Une popularité s'acquiert aujourd'hui presqu'exclusivement sur votre présence ou non dans les médias et peu importe ce que vous y racontez. L'important est d'être vu. Plus dramatique encore, et nous venons une nouvelle fois de le voir  concernant les grèves actuelles, combien  la méthode du compte rendu journalistique est liée, non plus à un minimum d'objectivité ou à un  vrai débat d'idées, mais   à une instrumentalisation du consommateur. La remise en cause des syndicats n'est pas fortuite. Elle ne dépend évidemment pas de quelques foyers allumés sur une autoroute. On profite d'un fait isolé, transformé en buzz, pour manipuler une opinion crédule. Une société sans syndicats se porterait mieux. L'apport à la politique gouvernementale est à peine déguisé. Il serait meilleur pour votre santé de les voir mieux contrôler, de la même manière que l'on présente un "activia" comme indispensable au  contrôle et sourire de votre ventre! Et ça marche. Il suffit de lire les commentaires d'une majorité de lecteurs dans nos journaux.  Une chemise déchirée, une petite dégradation de chaussée sont traitées de violence injustifiable. Par contre, point de violence pour des milliers de foyers plongés dans la précarité.  Et ça marche. Les péteux bien au chaud sous d'autres feux que les braseros s'en donnent à cœur joie. Les dits humanistes du style Maxime Prévot se lancent dans des opérations de grande justice pour punir ceux qui pourraient mettre à mal leur carrière, bien plus qu'une chaussée un peu dégradée… De quoi vraiment prendre conscience que ceux qui choisissent nos représentants sont bien plus les possédants des médias via leur financement publicitaire que les électeurs.  Même la Tv dite publique n'échappe pas à la règle. C'est ce monde de la finance qui dicte les lois à ceux qu'ils ont mis en place pour les servir. C'est à vomir

 

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18/10/2015

Le pape François: charismatique, mais aussi bien jésuite.

pape.jpgTout en ayant une sympathie réelle pour l'homme, j'en ai nettement  moins pour le pape qu'il est devenu. Je ne pense pas qu'il soit vraiment progressiste. En regardant un peu son passé, on y voit, bien évidemment, un réel intérêt pour les pauvres et l'avenir de notre planète, mais peu d'engagement ( en dehors d'un discours lissé) sur un capitalisme qui rend pauvre les populations et détruit nos richesses naturelles.  Il ne faudrait pas oublier qu'il s'est situé dans la frange des jésuites qui ont combattu la théologie de la libération (d'inspiration marxiste) en Amérique latine, alors que beaucoup de membres de la Compagnie de Jésus ont été tentés par cette nouvelle vision de la théologie apparue à la fin des années 1960. Sans être jésuite à l'époque, mais jeune bénédictin, j'en étais fervent partisan! Il me parait surtout très libéral et dans la ligne jésuitique traditionnelle des querelles nées avec les jansénismes ( XVII siècle)  autour de la question  de morale individuelle ( casuistique). Rien d'étonnant donc dans sa volonté de voir le synode des évêques se pencher sur un aggiornamento concernant  le mariage, la famille, les homos, etc. dans une ligne apparemment progressiste. La subtilité du jésuite qu'il est réapparait. En soutenant un enseignement moral basé sur l'expérience de cas particuliers et accordant une place importante de la liberté individuelle face à la loi morale (ce qui était traité de laxisme par des jansénistes, comme Blaise Pascal, et aujourd'hui encore par des cardinaux conservateurs) François semble jouer un double jeu. A la fois celui de l'ouverture mais  aussi celui de la rattacher  à une doctrine morale très conservatrice.  Dans ce sens, on peut lui accorder le mot jésuite pris comme une connotation péjorative, synonyme d'hypocrite. "Qui suis-je pour juger un gay", dit-il, mais dans le même temps  refusant d'introduire dans la bergerie vaticane un ambassadeur français gay… Je crains fort qu'à  force de vouloir ménager la chèvre et le chou, ce pape, tenaillé entre son aile gauche et celle de droite, se contente de rester jésuite, sans prise réelle de position. Pire, je ne pense pas qu'il osera une  rupture avec les dogmes, notamment celui de l'indissolubilité du mariage, conçu uniquement comme l'alliance d'un homme et d'une femme. Il n'aura que des réponses retorses pour maintenir l'Eglise dans son clientélisme très  large et diversifié.  Ceci dit, je ne voudrais pas être à sa place! Comment maintenir une unité dans une Eglise de plus en plus diverse aux quatre coins du monde. Le point d'accord sur les questions éthiques sera probablement de "recevoir les bras ouverts les personnes dans les situations où elles se trouvent". Voilà qui est déjà un pas de ne point les vouer aux flammes de l'enfer, mais un pas bien insuffisant pour sortir d'un conservatisme doctrinaire en divorce avec notre société d'aujourd'hui et de demain.

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Virginie Calmels: la droite dans toute son horreur

juppé.pngAvant le témoignage poignant d'Evelyne Emeyé, nous avons eu droit hier, sur le plateau de Ruquier, au discours de la droite dans toute son horreur. Virginie Calmels, l'adjointe d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux nous a lassés par une logorrhée chiante, comme apprise par cœur, sur la nécessité de mener la politique de manière entrepreneuriale. Entendez le profit et rien que le profit. Rien d'étonnant évidemment venant de la part de l'ancienne dirigeante de la filiale française d'Endemol ( la société internationale de production de téléréalités) et toujours présidente du conseil de surveillance d'Euro Disney, dont elle n'a pas voulu révéler ses émoluments pour 4 réunions par an! Elle a tenté et raté de nous démontrer qu'elle quittait le monde des affaires parce qu'elle aimait la  France et la voyait sombrer dans le misérabilisme. Pur profil financier, on peut craindre que son mentor Juppé, en la catapultant tête de liste de l'alliance LR-UDI-MODEM en Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes aux élections régionales de décembre, suive cette ligne de conduite ultra libérale. Encore une personnalité, qui sans nul doute, est atteinte d'un pouvoir complexe à cerner, mais bien présent,  où la réussite personnelle vaut mieux que l'intérêt général, prétexte à gravir les échelons.  Cette nouvelle dame de fer prétend avoir choisi de gagner 50 fois moins pour être utile à la France. Elle finirait par nous faire croire qu'elle a le fer de  Margaret Thatcher et le faire de mère Térésa!! Qui croira qu'elle n'a, selon ses dires, aucun plan de carrière, alors qu'en évidence elle vise d'être ministre en cas de retour au pouvoir de la droite en 2017. Bref, le mensonge politique dans toute sa splendeur et son horreur. Et dire que des tas de pigeons se laissent encore prendre au piège électoral de pareil personnage.  La seule petite différence avec nos politiques belges, est qu'elle maitrise parfaitement la communication. Et pour cause au vu de son parcours passé. Cela n'a heureusement  pas  empêché les deux chroniqueurs Léa Salamé et Yann Moix de la mettre en boîte.  De quoi perdre, comme bien d'autres, leur beurre en cas de victoire de cette horreur de politique déguisée sous le sourire accrocheur de cette dame à qui Juppé a demandé de travailler sur son programme économique.

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15/10/2015

Les représentants du peuple

 

chambre.jpgAh, nos fameux représentants du peuple! Comment ne pas y voir plutôt de piètres représentants de commerce cherchant électorat en détresse. Que de jouxtes inutiles pour de toute façon aboutir à l'obligation d'acheter une marchandise que la rue a pourtant rejetée. Et quand bien même le discours pourrait faire changer d'avis, il ne fait jamais changer de vote. La dénonciation  de l'austérité libérale par le PS fait pour le moins sourire. L'austérité socialiste a précédé et enclenché celle qui succède. Elle est à peine plus digérable en région wallonne et bruxelloise. Cette succession de clowns à la tribune des menteurs ne semble amuser qu'un hémicycle de profiteurs bien éloignés des préoccupations et réalités quotidiennes de citoyens à qui il est imposé de se serrer la ceinture, de retrousser les manches tandis que ces messieurs et dames jouent à qui ment le mieux pour satisfaire bien souvent le narcissisme bêbête du pouvoir. Se saisir de la victoire d'un ballon de foot tricolore pour faire applaudir une assemblée de supporters de la rigueur nécessaire pour travailleurs et de l'argent à gogo pour supporters d'actionnaires est gentil, mais tellement facile. Si la popularité ne se forge que par ce moyen minable, nous ne  sommes pas sortis de l'auberge rouge, bleue, verte ou orange. Peu importe la couleur, nous connaissons le menu servi. Cette assemblée a en tout cas, elle, perdu toute sa force d'arbitrage. Il lui est devenu impossible de sortir sa carte jaune et encore moins la rouge à l'équipe capitaliste des joueurs en bourse et des banquiers, seuls auteurs des buts des matchs truqués auxquels participent nos élus. Les heures de palabres des ténors, barytons ou basses ne valent pas le salaire accordé pour cette opérette faussement populaire. Une réduction de leur temps de faux travail ne serait pas inutile, avec évidemment baisse de salaire! La Laurette majorette dans la rue et choupette à la tribune des faux-culs n'est que l'image bien triste de notre démocratie de pacotilles. C'est nous qui devons redevenir des diables rouges!  "Travailleurs, groupons-nous enfin. Debout! Les damnés de la terre" pour vaincre les blablas de nos politiciens qui se foutent de notre pain! Amen.

 

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13/10/2015

A propos de l'Intégrisme des religions

 

intégrisme.jpgNos grands défenseurs de la "culture" chrétienne et pourfendeurs de la  religion musulmane ont souvent, me semble-t-il,  peu de connaissances historiques et ignorent le long chemin que notre société a du parcourir pour se libérer plus ou moins de "l'emprise" de la religion sur leur vie personnelle et collective.  Grâce à une question de mon ami Hubert Hedebouw, je relisais une encyclique du pape Pie XI. Ce pape n'est pas du Moyen-âge. Il est mort le  10 février 1939. Hallucinant. Je cite: "Une fête célébrée chaque année chez tous les peuples en l'honneur du Christ-Roi sera souverainement efficace pour incriminer et réparer en quelque manière cette apostasie publique, si désastreuse pour la société, qu'a engendrée le laïcisme. Dans les conférences internationales et dans les Parlements, on couvre d'un lourd silence le nom très doux de notre Rédempteur; plus cette conduite est indigne et plus haut doivent monter nos acclamations, plus doit être propagée la déclaration des droits que confèrent au Christ sa dignité et son autorité royales". Plus hallucinant encore: "Les Etats, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l'obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d'obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui l'ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui l'ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles; car sa dignité royale exige que l'État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l'établissement des lois, dans l'administration de la justice, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse, qui doit respecter la saine doctrine et la pureté des mœurs". Ceci ne devrait-il pas nous inciter à nous battre non pas par un rejet pur et simple de qui nous parait aujourd'hui incompréhensible et dangereux, mais bien d'abord par une compréhension historique et la nécessité de laisser le temps au temps faire son chemin? Cela ne veut point dire rester passifs. Cela veut surtout dire favoriser la connaissance, la transmettre par tous les moyens. C'est la meilleure arme à utiliser. Nous ne parviendrons pas à combattre l'intégrisme en retournant dans une autre forme d'intégrisme que sont l'intolérance et le repli sur soi.  Peut-être bon aussi de rappeler que les propos papaux  de l'époque ont comme intention de  mettre un frein à la montée du communisme, du fascisme et du nazisme en Europe… On connaît le résultat!

 

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