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03/11/2015

Personnalisation du pouvoir et infantilisation du peuple

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Ce qui vient de se passer en Turquie n'a rien d'exceptionnel dans ce que nous nommons encore "régime démocratique". Nous assistons partout dans le monde à un renforcement de la personnalisation du pouvoir politique. Que ce soit d'Obama à Poutine, en passant par Hollande ou même chez nous par Michel, ce phénomène infantilisant ne fait que croître.  Une croissance que nous constatons aussi bien dans "l'adoration" que dans le "lynchage" publics. Comment est-il pourtant possible de  croire un instant que dans un monde aussi complexe, les solutions tiendraient dans le cerveau d’un seul homme? Mais à qui la faute? Sans doute à nous, mais aussi et surtout à cette obsession de popularité de nos leaders politiques. A leur emploi du temps principalement consacré à se montrer et à s'afficher partout pour obtenir une médiatisation maximale. Nous nous moquons souvent des dictateurs africains et autres  où le portrait du chef de l’Etat est affiché partout. En allant pas jusque-là,  faisons-nous vraiment autre chose? Si notre excès de personnalisation ne va pas jusqu'à afficher partout le portrait de notre Charlot, nous lui attribuons sans doute, que ce soit dans l'éloge, la caricature ou  le lynchage, une importance bien trop grande. N'incarnons pas trop sur un seul homme l'origine de tous nos maux. L'excès de personnalisation ne peut que nuire à la démocratie.  Elle fausse notre vision du pouvoir. Ce que nous devons rejeter est, me semble-t-il, bien plus large. C'est refuser autant que les dites personnalités politiques, une mainmise de la démocratie via simplement des partis qui n'agissent que dans un carcan imposé par des lobbys d'une économie de profit. Il serait plus que nécessaire de refonder le pouvoir en lui donnant une dimension bien plus collective. Cette dimension que le politique veut saper, notamment par une influence réduite des syndicats.  Il nous faudrait  bien plus associer les forces vives du pays et principalement ses travailleurs, mais aussi tous les représentants d'associations sociales. Notre système de "concertation sociale" est en train de s'écrouler. Il est nécessaire de lui donner un nouveau souffle. La valorisation de la fonction parlementaire que tente, par exemple le PTB, par un relais permanent entre rue- parlement-rue, va dans le bon sens, celui d'un meilleur équilibre des pouvoirs. Il n'est cependant pas à l'abri de s'enfermer à son tour dans le carcan d'un renforcement électoral. A ses militants et sympathisants d'y veiller. Un recours via un référendum de confiance au gouvernement devrait aussi être possible, autant que celui fait chaque année par parlement. Tant qu'une mise en place des structures du pouvoir se résumera à de simples élections et non à une association constante et collective des forces vives d'un pays, notre démocratie continuera à relever de l’illusionnisme, de la supercherie.

 

09:06 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Ce sont les média qui infantilisent le peuple !
Ils se chargent aussi de llui rabacher la "bien pensance unique"
Quant à votre phrase : "Cette dimension que le politique veut saper, notamment par une influence réduite des syndicats. " Qui a voulu que le "bain de sang social" arrive ?

Écrit par : MDW | 03/11/2015

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