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30/11/2015

La COP 21: L'hypocrisie mondiale au sommet

climat4.jpgLa 21e conférence des Nations unies sur le climat s’ouvre donc ce lundi à Paris. L’enjeu : limiter à 2ºC le réchauffement de la planète. Et oui, en pastichant De Gaule, nous pourrions dire: " planète outragée, planète brisée, planète martyrisée" mais en changeant la fin de ce discours célèbre par: planète pas encore libérée. Pas encore libérée par tous ces chefs d'Etats réunis dans une capitale érigée en forteresse dressée contre le terrorisme qui vient de cruellement la toucher. Ville aussi dressée en forteresse pour empêcher l'expression de milliers de démocrates, dignes représentants d'un monde prisonnier des politiques de profit destructrices d'un écosystème nécessaire à la survie de notre planète.  Cette vingt et unième sera-elle différente des autres? Aboutira-t-elle à autre chose qu'à la signature d'intentions jamais ou très peu mises en pratique?  Tout l'enjeu de celle-ci  est d'obtenir un engagement contraignant de ses 147 participants. C'est loin d'être acquis. Dans le fastueux décor très protégé du Bourget, comment vraiment croire, à la détermination de toutes les plus hautes éminences du monde pour une cause à long terme, lorsque nous connaissons leurs préoccupations perpétuelles du court terme? Comment croire à la recherche et à l'application sincère des mesures indispensables à la survie des générations futures, alors même que celles actuelles sont sacrifiées sur l'autel bien protégé, lui aussi, des multinationales qui n'ont comme objectif que le profit à gogo? Le diable de la croissance contre le dieu de l'environnement risque bien de l'emporter. Au sommet des 147 chefs d'Etats réunis, tous ne pèsent pas le même poids. Outre la Chine et les Etats-Unis, premiers pollueurs au monde et pays-clés des négociations, d'autres pays pèsent lourdement. L'Inde reste intransigeante, l'Arabie saoudite préfère le statu quo, les "Pays les Moins Avancés" haussent le ton... Le salut viendra peut-être par ceux qui commencent à comprendre que la transition mondiale vers les énergies renouvelables est inéluctable. Mais rien n'est sûr, dans ce domaine comme dans d'autres. Cette transition mondiale visant l'abandon des combustibles fossiles - pétrole, gaz, charbon - d'ici le milieu du XXIe siècle est loin d'être gagnée. Bref, nous aurons certainement droit au lyrisme des intervenants. Pour ce qui est du concret, n'espérons pas trop. N'espérons que dans les pressions citoyennes, comme celles de ces 500.000 citoyens qui ont manifesté hier dans le monde. Les hypocrites du pouvoir ne bougent que dans la mesure où leur politique risque d'être mise à mal par des révolutions citoyennes.

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28/11/2015

Le capitalisme vu à travers la dynastie Empain

empain.jpgLa RTBF proposait hier un film captivant sur la dynastie fracassée des barons Empain. Sous la face sympathique de son dernier représentant, Edouard-Jean "Wado", nous y découvrions en premier lieu la vie tumultueuse des capitaines de l'industrie de cette famille où amour, non amour, haine se taisaient pourvu que les énormes fortunes amassées demeurent au sein d'un clan familial pourtant déchiré. Mais à travers la saga des "saints" ou débouchés et noceurs Empain, nous pouvions découvrir toute l'horreur du capitalisme et du colonialisme. Face à la caméra, "Wado" évoquait sans complexe l'histoire de ses ancêtres parvenus à la reconnaissance sociale d'une bourgeoisie grâce à la fortune construite par les mains de travailleurs qu'on n'hésitait pas à exploiter, sous prétexte de progrès et de créations industriels. Pour le spectateur plus attentif à une histoire de la Belgique à travers le prisme des trois générations de cette riche famille, nous pouvions comprendre tout le décalage des possédants persuadés, sans complexe , de participer au progrès d'un pays par l'exploitation de sa main d'œuvre et par le pillage des matières premières des pays coloniaux soumis à un racisme meurtrier. Etonnant de voir encore subsister une inconscience éthique dans la tête de l'ancien playboy de cette dynastie à la mode "Dallas". L'ancien kidnappé au doigt coupé osait trouver injuste le "vol "partiel de son empire par des nationalisations! C'est que la richesse créée par des travailleurs peu payés et exploités devait revenir, dans sa logique de capitaliste, à ceux qui par le génie des affaires et des relations pouvaient amasser de colossales fortunes et se permettre, par leur "intense travail", des vies débauchées ou charitables. Si la dynastie fracassée des Empain s'éteint, il demeure encore  un système capitaliste qui en crée d'autres, en dehors de toute justice sociale. Le petit doigt coupé du sympathique et "malheureux" Edouard-Jean est finalement peu de chose à côté de ce qui n'est toujours pas arrivé: couper la tête du système capitaliste!

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27/11/2015

Sécurité et liberté

sécurité.pngMalgré la baisse du niveau de menace à Bruxelles, avouons qu'il n'est pas facile de faire baisser notre niveau de peur. La probabilité d’attentats reste haute. Dès lors comment, sans oser un certain déni, retrouver une vie normale? Comment ne rien craindre et en premier pour ceux qui nous tiennent particulièrement à cœur? Dans ce climat, bien entretenu par nos dirigeants et nos médias, comment faire entendre un autre discours que celui de la rhétorique de la guerre au terrorisme? Comment à la fois vouloir sauvegarder notre liberté et notre sécurité? Nous tenons à part égale aux deux. Ne nous mettons pas la tête dans le sable. La menace terroriste est un danger plus immédiatement tangible que les atteintes à la liberté. Ce qui importe avant tout est de vivre. C'est une évidence. Si les mesures de sécurité, efficaces ou non, prises par notre gouvernement nous rassurent, nous savons qu'elles ne peuvent durer. Vivre entourés de policiers et de militaires n'est pas tenable. Nous priver de sorties, de manifester ne peut être que très provisoire. Notre espoir de voir la disparition de Daech par des bombardements de forces alliées unies est une chose, mais croire que cela va faire totalement disparaitre les terroristes en est une autre. La solution ne sera pas uniquement militaire. Elle ne se trouvera pas non plus dans la xénophobie musulmane répandue par les inévitables imbécillités professées par des esprits embrumés par l’exaltation identitaire. La fermeture des frontières, le refoulement des étrangers, la négation d'une religion, n'empêcheront pas notre société d'être multiculturelle. L’obsession de l’islam n’est pas la réponse à notre revendication de liberté. Notre liberté ne se retrouvera pas par les semeurs de colère ou pire de haine. Mais alors que faire? Comme vous sans doute, je n'ai pas la solution. La recette magique n'existe pas. Pour ce qui est de notre sécurité immédiate, je crois bien plus à un renforcement des services de renseignements généraux et de sureté de l'Etat qu' à la voie illusoire de la surveillance de masse. Mais à long terme, c'est d'une autre politique que celle qui crée le terreau du terrorisme que je crois. L'exemple italien qui va consacrer autant de moyens à renforcer la culture que la sécurité est intéressant. Sécurité et culture pour investir dans l'avenir des nouvelles générations et ainsi prévenir l'essor du terrorisme me semble bien être une des clés pour réconcilier liberté et sécurité. Mathéo Renzi n'en reste pas au discours et ses propositions concrètes vont dans le bon sens. C'est autre chose que le discours et les actes de notre Premier. Ce changement politique ne dépend pas que des décideurs, elle dépend fortement de l'opinion publique. Si le président du Conseil italien s'oppose à s'engager dans des bombardements, craignant avec raison une "Lybie-bis", c'est qu'il veut rassurer une opinion publique italienne majoritairement hostile à un engagement militaire en Syrie. Notre combat pour la sécurité et la liberté ne peut se séparer. Les deux se complètent et s'entrecroisent. Qui veut propager la guerre des civilisations ne fera que prolonger le terrorisme. Qui refuse d'investir dans la culture, l'enseignement, la jeunesse et une meilleure égalité sociale ne fera qu'entretenir le terreau qui fait naître l'anti occidentalisme. Tout étant dans tout, combattre ce gouvernement Michel, aussi inaudible que cela paraisse aujourd'hui, est aussi combattre pour notre liberté et notre sécurité. Nous engager dans un le bras de fer en faveur d’une autre Europe que celle de l'austérité imposée qui mène à la désespérance de nos sociétés et minent nos démocraties fait aussi partie de notre arsenal de guerre contre le terrorisme.

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26/11/2015

La vertu du discernement

discernement.jpgDans le moment que nous vivons, la vertu principale, me semble-t-il, est le discernement, déclarait avec justesse J.L Mélenchon. Le flot d'informations versé en nombreuses gouttelettes sur nos médias risque bien de nous faire croire  à un savoir que pourtant nous n'avons pas. La surinformation véhiculée par l'immédiateté des moyens actuels de communication fausse souvent notre réflexion. Ajoutons à cela nos émotions, ennemies de la raison et une forme de voyeurisme dans l'horreur d'événements sanglants et dramatiques, et nous voici perdus, ne sachant plus trop à qui faire confiance dans ce qui nous est transmis. Nous restons alors dans des impressions, des intuitions, des approximations voire dans des trahisons interprétatives de ce qui, pour nous tous, demanderait un minimum de recul. Décrypter ce qui nous arrive par ce terrorisme au cœur de nos cités doit s'alimenter par autre chose que nos intuitions, souvent relayées et entretenues par des médias en course d'audimat. Un premier pas de meilleure compréhension serait sans doute de prendre l'information à partir de plusieurs sources, de mieux écouter ce qui est débattu dans des médias sérieux. Un bon discernement réclame de faire appel à différents modes de raisonnement. Dans le cas présent, bien qu'il en soit toujours ainsi, il est bon de refaire un peu d'histoire, celle d'un enchaînement d'événements qui ont fait de l'E.I. ce qu'il est aujourd'hui. De comprendre au mieux l'identification de l'intention réelle des personnes, devenues des bourreaux barbares dans leurs actes. De tenter de décoder au mieux tout un discours humaniste derrière lequel les questions de fric, d'intérêts individuels et collectifs se cachent. Sans un minimum de réflexion, nous risquons bien d'être de simples moutons de panurge en suivant ce que fait le plus grand nombre. Le" je suis Paris, Tunis, Beyrouth ou ailleurs" ne suffit pas à rendre un mouvement collectif efficace. Pas plus d'ailleurs que, par sentiment patriotique, arborer le drapeau national, comme on le voit en France. Cela risque même de paralyser notre esprit critique et de nuire à l'intelligence qu'on peut espérer d'un être humain.

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25/11/2015

Le silence du roi

roi ph.jpgJe lis que certains s'étonnent du silence de notre roi à propos de la situation actuelle du pays face au danger terroriste. Comment en serait-il autrement ?  S'il est vrai que Beaudouin soit probablement intervenu et même Albert, rien d'étonnant que Philippe reste muet. Le roi règne et ne gouverne pas. Aucun acte de Roi ne peut avoir d'effets s'il n'est contresigné par un ministre qui, par cela seul, s'en rend responsable´, précise l'article 106 de la Constitution. Cela a comme corollaire son irresponsabilité, laquelle postule que les ministres responsables servent de couverture au chef de l'Etat. C'est à eux qu'échoit notamment la responsabilité des actes du Roi qu'ils assument par le contreseing ministériel. Dès lors, comment voulez-vous qu'avec un gouvernement dominé par la NVA et tout particulièrement un ministre de l'intérieur de ce parti, il soit demandé ou accordé la moindre déclaration royale. La NVA reste un parti indépendantiste et anti monarchique. Ce n'est pas lui qui va autoriser une espèce de renforcement de l'aura du roi, symbole d'une unité qu'il vise à détruire. Bien qu'unitariste, ce n'est pas moi qui vais pourtant me plaindre de ce silence. Je suis républicain, même si pour mon pays, ce n'est pas ma priorité. La fonction royale n'a rien de démocratique puisque le pouvoir, même s'il n'est que d'influence, est attribué par la naissance. Un pouvoir doit émaner évidemment du peuple et non du sang. Mais ce qui plus étonnant et dangereux est cette demande de recours à une personne demandée par les étonnés du silence. Elle pourrait presqu'être comparée à la prière retrouvée chez des non-croyants en cas de guerre. C'est cette recherche d'un être providentiel qui pourrait faire basculer la peur et retrouver un espoir. Etonnant, voire dangereux, à mes yeux, de voir encore une fraction de notre population adhérer encore, un peu ou prou, au mythe d'un roi "sauveur"! Etonnant de voir encore des citoyens ignorer la jungle inextricable de l'appareil de l'Etat et dans ce cas la réduction, voire la suppression, de la manœuvre dont disposerait le roi pour sortir de son silence. Personnellement, la perte de prérogatives royales, par le droit ou par la pratique ne me gêne pas.

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24/11/2015

Le cinéma panique de Charlot et de nos médias

panique.jpgNotre metteur en scène menteur Charlot national, tout revalorisé par le scénario de l'après dramatique réalité de Paris, peine sur la mise en place d'un film panique devenant de plus en plus illisible. Le pauvre spectateur n'y comprend plus rien. Je sors ou je ne sors pas? Je vais conduire mes gosses à l'école, mais je dois me méfier d'aller au super marché! L'école francophone de mon quartier est fermée, mais celle à 600 mètres à côté est ouverte parce qu'en Flandre! Le scénario de panique à bord, de dramatique devient comique. La bande annonce de ce mauvais film est reprise en boucle par des médias toujours en bataille d'audimat. Si les rues se désertent, les couloirs de nos télé et radios se remplissent. Depuis samedi, nos édiles sont présents à l'appel. Il suffit de reprendre la chronologie des déclarations faites sur antenne radio ou télé et il ne nous restera plus qu'à applaudir une communication cacophonique. On se pousse devant les micros, les caméras où chacun tient visiblement à dire "coucou, maintenant c'est à moi de parler". Les journalistes ont peine, eux, à meubler des émissions en direct puisqu'il n'y a pas grand-chose à dire, à révéler. dans un style qu'aurait aimé La Palisse, on répète et répète mille fois la même chose, entouré d'experts qui, au fond, ne disent rien d'autres que ce pense et dit l'homme de la rue, mais avec un vocabulaire plus choisi et plus riche. La presse est identique. Elle remplit ses colonnes et se garde bien d'être critique sur cet état d'urgence. Pire exemple, Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du "Soir", se permet de glisser en bonne et due forme une attaque syndicale dans un édito sur les conséquences du terrorisme à Bruxelles. La censure, toute justifiée pour efficacité d'enquête et de sécurité, fait son petit bout de chemin. Ah, la sacrée sécurité! Nos responsables font tout pour nous la garantir, y compris des privations de liberté. Mais attention, cette garantie est très limitée. On ne cesse de vous dire que le risque zéro n'existe pas et que vous risquer gros à n'importe quel endroit.

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22/11/2015

De qui faut-il avoir peur?

policiers-et-militaires-le-20-novembre-2015-a-bruxelles_5467620.jpgEn ce temps où la terroriste de quelques fous sur notre territoire engendre des déclarations politiques disant de ne pas céder à la panique tout en alimentant notre peur par des mesures extraordinaires de sécurité, je me demande si notre principal ennemi n'est pas en nous. Dans ce nous, partagé entre compassion et peur de perdre cette liberté très relative que nous croyions exercer par nos fêtes de la consommation et de notre petit confort personnel et égoïste. Voilà que quelques kalachnikovs, tuant atrocement des innocents, nous font à la fois ressortir l'étendard sanglant et les devises d'union pour la liberté, l'égalité et la fraternité. Voilà que le sang "impur" et vicié de quelques fous fanatiques, capables de se faire sauter au nom d'un dieu, devrait nous faire former des bataillons au service d'Etats dits soucieux de notre liberté. Celle qu'ils commencent par nous enlever au nom d'un idéal constamment bafouer pour le profit d'une petite minorité. C'est le " aux armes citoyens"! Ces armes vendues par eux et qui nous reviennent en boomerang. Alors notre petit nous, plongé dans la peur, se voit réveiller par son désir de vivre une paix lâchement mise en danger par celles et ceux qui proclament le devoir de ne pas paniquer. Notre Charlot national et ses complices internationaux se font les apôtres de notre sécurité, tout en nous plongeant dans le déni de leurs responsabilités et la louange de grands idéaux culturels, politiques et humanitaires. Et nous cédons à leurs chants guerriers. Nous cédons par peur de l'étranger. Par la peur qu'il vienne assombrir nos lumières artificielles d'un Noël dont nous avons oublié, depuis longtemps, son symbole de paix universelle. Et si la véritable peur que nous devrions craindre était essentiellement en nous? Dans nos petits égoïsmes créateurs et protecteurs d'une société laissant libre cours à une dualisation de plus en plus grande entre ceux qui "savent", ceux qui possèdent et ceux qui se voient de plus en plus marginalisés. Le laxisme dit meurtrier n'est pas uniquement celui des non-contrôles de quartiers d'immigrés, mais plus celui de les avoir laissés en silence et sans révolte se paupériser. Qu'on m'entende bien. Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire et laisser courir les bouchers de la folie divine. Mais pas au point de déployer tout un arsenal armé et de nous imposer des restrictions de circuler et de manifester. Ce n'est point cela qui va vraiment nous protéger. Cela n'a de raison qu'à nous donner une apparence de sécurité. De toute façon, nous ne pourrons qu'écarter provisoirement les menaces. Alors oui, j'ai peur. Surtout de moi. Je suis capable et tenté, comme une large majorité, de tomber dans le panneau du sentiment que quelques milliers de policiers et militaires vont garantir ce qui m'est le plus précieux, ma vie et celle de ceux que je chéris le plus. C'est ce combat de peur en moi que je dois livrer et que vous invite à gagner par la réflexion bien plus que par l'émotion. C'est par lui que nous pourrons exiger avec colère et détermination une autre forme d'extermination de la vermine semée par Daesh.

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20/11/2015

Le bon grain et l'ivraie des medias

ivraieblc3a9.jpgPas facile de distinguer dans toutes les émissions sur les attentats, dont nous sommes actuellement "bombardés" ce qui relève d'une vraie volonté d'informer et ce qui relève du seul objectif de faire de l'audimat. Notre droit à l'information doit-il s'alimenter en permanence d'une vision et d'une écoute directes, passées en boucles et sans grand intérêt, sinon de servir notre voyeurisme naturel! L'ivraie est une graminée sauvage et nuisible qui est censée provoquer une sorte d'ivresse (le mot dérive indirectement du latin populaire "ebriacus" qui signifiait "ivresse"). C'est donc bien de cette espèce d'ivresse malsaine nous procurant frisson et peur que nous risquons d'obtenir par le flot incessant de l'information. Rester dans cette ivresse voyeuriste va-t-elle nous aider à mener une véritable réflexion ou simplement nous maintenir dans une émotion, un dégoût et un vomissement bien connu de "l'après cuite"? Je ne suis pas de ceux qui, suivant la parabole, voudrait couper cette ivraie risquant ainsi d'arracher également le bon grain de la réflexion. D'ailleurs toutes les graines d'ivraie ne sont pas vénéneuses, il en existe, plus rares, qui constituent d'excellents pâturages. Mais soit, si on se tient à la parabole, le sage maître recommande à ses serviteurs de laisser pousser les deux plantes, bonnes et mauvaises, jusqu'à la moisson; d'attendre le bon moment, de ramasser alors l'ivraie pour la faire brûler puis de moissonner le blé pour le ranger dans le grenier. Bien vu, même si la parabole était à l'époque, bien loin de connaître les chaînes de télévision par satellite...Mais, si celle-ci semble encore bien actuelle, je peux lui reprocher d'être un peu trop déterministe en considérant qu'il y aurait à la base des méchantes et des gentilles graines .Cherchons d'abord comment elles se construisent. Nuançons aussi nos aprioris sur ce qui serait une bonne et mauvaise presse. C'est à nous qu'il convient de récolter ce qui est bon ou pas dans leur champ d'information. Il y va de notre liberté, comme de celles de nos informateurs, charognards ou pas, surtout mais pas exclusivement dans le climat des jours présents. .. A la guerre des informations, de la communication, nous devons opposer celle du "savoir" pour mener une critique solide et une action efficace.

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19/11/2015

L'union fait la force, mais doit éviter la soumission

union2.jpgSi nous pouvons nous réjouir d'une union nationale contre le terrorisme et l'Etat Islamique, il ne faudrait pas tomber dans le panneau d'une union voulue et guidée par la droite, avec en objectif bien masqué de réduire non seulement la liberté individuelle, mais surtout la collective. Alors que le politique ne cesse de nous inviter à vivre "normalement", il multiplie les déclarations qui font peur. Il nous dit de ne rien changer à nos habitudes de spectacles, de concerts, etc. mais dans le même temps, il interdit les manifestations contestataires à ses actions intérieures et extérieures. L'exercice de mise en question, de contestation devient très difficile. S'il est décent de laisser s'exprimer l'émotion de tristesse, de révolte, de la population suite aux derniers événements dramatiques, il ne faut cependant pas hésiter à dénoncer une série de mesures sécuritaires en trompe l'œil. Un sentiment de sécurité n'est pas synonyme de véritable sécurité. Combattre les radicalisés de l'Islam, leurs départs vers la Syrie ou leur retour au pays en les parquant dans des prisons ou en les assignant à résidence, peut se montrer utile, mais en aucun cas être un gage d'une véritable sécurité. En tout cas, la "guerre" engagée contre le terrorisme ne peut mettre en sourdine la voix de ceux qui dénoncent les dessous de cartes des politiques courtisanes envers des pays qui financent d'un bras le terrorisme et de l'autre se font acheteurs d'armes pour les combattre! L'union sacrée politique, saluée à gauche comme à droite et vue comme la force indispensable qui va nous débarrasser de la peste islamique ne peut être prétexte pour affaiblir les luttes sociales. Et pourtant, comment concilier à la fois l'aspiration légitime à la sécurité d'une très large, si pas de la totalité, de la population avec la nécessité de pointer les racines plus profondes logées dans un système capitaliste enfermé dans ses contradictions de paix et de guerre? Une réponse miracle n'existe pas et les tenants purs et durs de recettes exclusivement idéologiques risquent bien de louper complètement le changement politique qu'ils souhaitent. Ils ne feront que renforcer le populisme de droite auquel nous assistons. L'exploitation de la peur, autant du côté djihadiste que du côté de la droite sécuritaire, ne pourra être combattue à coup de slogans simplistes ou idéologiques. Je crois bien plus au soutien, ou non, du coup par coup aux mesures proposées, mais surtout à tout un travail d'une conscientisation patiente des grands enjeux géoéconomiques via un renforcement d'un militantisme d'une gauche décomplexée dans diverses actions d'explications. Le maintien d'une lutte des classes, à laquelle je continue d'adhérer, ne se fera qu'à travers une "pédagogie" lucide, réaliste, organisée, patiente et non par des coups de gueules qui s'évanouiront vite dans l'émotion populaire qui mérite respect et compréhension. Alors union oui, mais surtout attention et  pas soumission!

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Le mal est bien plus politique que religieux

EI.jpgQue l'Islam revête un danger pour la démocratie et la dignité humaine, plus encore que les autres religions monothéistes, je peux l'admettre. Mais quel Islam ? Celui qui est toujours dans l'obscurantisme et dans une interprétation littérale du Coran est une évidence, mais est-il le seul Islam? Bien des experts en la matière divergent sur la connaissance de cette religion que nous connaissons finalement très peu. Notre obsession du vivre ensemble, ferait de nous, pour certains, de grands naïfs. En étant même d'accord que les racines du mal résident dans l'obscurantisme et le prosélytisme barbare de cette religion, que faire? Partir dans une nouvelle croisade religieuse ou laïque? N'est-ce pas encore plus illusoire et naïf que ceux qui voient dans le vivre ensemble la seule solution raisonnable? Ne nous trompons pas. Bien des musulmans ne tombent pas dans le fanatisme prêché par des imams déjantés et dangereux. Nombreux sont ceux qui refusent l'interprétation guerrière du Coran. Le problème est bien plus politique que religieux. Une religion exploitée par les pouvoirs politiques ne date pas d'aujourd'hui et n'appartient pas au seul Islam. Si cette religion a réussi aujourd'hui de se former en Etat terroriste et a pu étendre ses racines obscurantistes et belliqueuses au sein de nos sociétés, ce n'est pas la faute aux naïfs du vivre ensemble, et encore moins à celle de musulmans qui croient aussi en la valeur universelle du respect de la vie et de l'amour. C'est celle de nos dirigeants, celle d'un système capitaliste qui n'a d'yeux que pour le profit financier. Non seulement nos dirigeants politiques auraient pu éviter la création de l'Etat islamique par des politiques autres qu'interventionnistes et surtout militaires, mais une fois cet Etat créé, ils auraient pu, comme cela semble aujourd'hui se construire, mobiliser une coalition mondiale la plus large possible pour lancer une opération militaire d'envergure, capable d'éradiquer l'Etat islamique. Je donne raison à ceux qui disent qu'on n'est pas en guerre depuis les attentats de Charlie hebdo ou des attentats d'hier à Paris, mais bien, au moins, depuis le 11 septembre 2001. C'est alors qu'il aurait fallu accepter les offres chinoise, russe, indienne, d''une coalition mondiale contre le terrorisme. Mais les USA voulaient rester à la manœuvre et Bush était tellement soucieux de protéger ses intérêts pétroliers et ses amis arabes qu'il croyait à ses propres mensonges. A force d'avoir et d'être encore et toujours les larbins des américains, notre Europe vit aujourd'hui dans la peur et se décide enfin à réclamer cette large alliance internationale. A la solution militaire, il faudra aussi ajouter celle d'éviter à tout prix la radicalisation de jeunes, souvent non religieux à l'origine, mais trouvant dans une idéologie religieuse barbare, une référence et une raison de vivre, que nos sociétés ne leur offrent plus. Leur intégration dépendra aussi de nos luttes pour établir une société plus égalitaire et marginalisant moins celles et ceux qui aspirent et luttent pour autre politique que celle qui fait du capital un nouveau Dieu.

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