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02/12/2015

«Belgium, failed state»

belge.jpgLa notion d'État en déliquescence ou État défaillant ou État failli ou État déstructuré ou État en échec, selon cette foutue langue anglaise qui envahit notre culture, mais a le mérite de la synthèse, ne surprendra que les naïfs qui ont crus depuis longtemps à une paix communautaire. Déjà mise à mal depuis des décennies, elle n'a évidemment fait que de s'amoindrir et l'alliance MR-NVA va la mettre à feu et à sang pour atteindre son objectif déclaré: l'indépendance de la Flandre. Rien de bien étonnant lorsqu'ici, comme ailleurs, l'intérêt d'un parti et de ses chefs passe avant l'intérêt collectif. La particratie partisane, partiale et sectaire qui règne dans des hémicycles dits représentatifs de la nation est atteinte de plus en plus d'une boulimie de privilèges et de carriérisme. La loyauté envers les promesses électorales passe vite à la trappe, tout comme celle de la parole donnée et de la signature. Ces messieurs et dames jouent des coudes pour apparaitre le plus souvent dans les médias, quitte à poser les crocs en jambes à ses "amis". Prisonniers entre des lobbyistes de la finance, des multinationales et des corporatismes incapables de se réformer, ils n'ont plus qu'un pouvoir opportunisme, très loin d'un intérêt national. Ajoutez à cela le nationalisme flamand parvenu à entrer dans le gouvernement et vous aurez tous les ingrédients de l'implosion d'un pays. Comment ne pas adhérer alors au mépris du public pour la classe politique? Mais le mépris ne suffit pas à faire changer les choses. Malgré les échecs après les échecs de ces dernières décennies et des gouvernements qui se sont succédé, l'électorat est resté stable dans ses choix. Incompréhensible. La division des partis anciennement nationaux, le saucissonnage des compétences et la multiplications des institutions de décision ont peu changé les résultats électoraux, sinon l'affaiblissement sévère du parti chrétien flamand et la montée de la NVA. Seul parti unitaire, ayant réussi une percée électorale, le PTB a pu créer et s'allier des mouvement d'opinion pour remettre en place les grands intérêts collectifs. "Un c'est eens" martèle ce parti. Le "un "c'est le monde des travailleurs et des laissés pour compte, c'est le "un" pour l'avenir écologique de la planète, c'est le "un" pour l'intérêt collectif. C'est un " eens" pour dégager une véritable autorité de l'Etat face aux grands leviers économiques volés par les requins de la finance. Sans ce "un", la maladie de notre Etat ne fera qu'aboutir à sa paralysie pour se terminer en mort. Ce pays est menacé autant par cette mort lente et la misère en découlant que par un terrorisme que nous ne vaincrons, lui aussi, que par l'unité.

09:37 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Vous avez tout dit !
Ils ont eu "tout faux" !
Si je vous dis : "Ma nation est celle de ma culture", suis un "mauvais Belge", parce que pas unitaire ?

Écrit par : MDW | 02/12/2015

Mais quelle est MA culture? Celle sans doute d'une Belgique avec ses éléments intercommunautaires devenus aujourd'hui moins nombreux. Celle d'une laïcité devenue, elle, plus grande que celle de la tradition judéo-chrétienne. Parler de la culture de la Belgique est un débat en soi! Et puis qu'est-ce que la culture? Se résumerait-elle dans ce que nous avons de commun dans notre hier et notre aujourd'hui? Dans les arts, dans notre patrimoine collectif, dans notre développement économique et social? La culture n'est pas un quotidien figé sur le seul passé, elle a une dynamique et évolue constamment, y compris par les échanges avec d'autres coutumes, d'autres architectures, d'autres musiques, d'autres humours, d'autres religions, etc., ect. Alors, je ne sais donc si on peut vraiment parler de "sa" culture… Difficile aussi de préciser ce que nous entendons par nation et ce qu'elle représente pour nous. Si nous la voyons comme une communauté humaine ayant conscience d'être unie par une identité historique, culturelle, linguistique ou religieuse, nous pouvons craindre une conscience très différente entre le nord et sud du pays. Et si nous la considérons comme une communauté caractérisée par un territoire propre, organisée en un Etat régi par une même constitution, là aussi nous voyons le problème de l'union! Et oui, comme souvent, nous voici devant plus de questions que de réponses!!

Écrit par : Mik | 03/12/2015

Votre phrase : "Alors, je ne sais donc si on peut vraiment parler de "sa" culture… "
Certes oui, je m'estime le droit d'avoir "ma" culture ! Tout comme un accusé a "sa vérité" et le tribunal "LA" vérité. L'infaibilité existe-t-elle ? Sioui, pour le pape (sic)
En bonne démocratie comme nous la souhaitons, je m'estime aussi le droit d'avoir "ma" façon de réfléchir en me basant sur les valeurs que j'ai toujours appréciées, sans qu'on m'oblige à penser différemment. S'en tenir à cela devient, hélas, dangereux dans nos "démocraties" !
Devinez aussi pourquoi j'en ai mis des gillemets ?
A-t-on encore le droit, aujourd'hui, de parler, d'écrire librement ?
Bien amicalement.

Écrit par : MDW | 04/12/2015

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