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07/12/2015

La déroute du Front de Gauche français

front.pngSympathisant et adhérant souvent et en grande partie à la vision de société de Jean-Luc Mélenchon, je suis évidemment triste des résultats du Front de gauche. Un échec du non seulement à ses divisions, mais peut-être aussi à sa stratégie politique et au flou de son message antisystème. En regardant ce qui se passe chez nos voisins, la gauche de la gauche de notre pays doit aussi oser se remettre en question. Certes, notre système électoral est très différent et il faut tenir compte d'un abstentionnisme beaucoup plus grand en France, au vu du vote non obligatoire. Il n'empêche que celui-ci est aussi en hausse chez nous. Remobiliser les dégoutés de la politique, souvent issus de la classe populaire, demande un long et périlleux travail. Mettre l'accent sur les dérives récurrentes et enrichissantes de nos élus ne suffit pas à convaincre l'électeur d'un changement fondamental de politique. Trop attaquer la gauche et pointer en permanence la conversion du PS au social libéralisme est également bien insuffisant. La question fondamentale est,  selon mon humble avis, le comment rendre audible et crédible un message se présentant comme véritable représentant de l’alternative au libéralisme gardien d'une mondialisation et d'un libre marché destructeurs des valeurs humanitaires et écologiques. Ce message, on le constate, s'il peut parfois être sympathique auprès des électeurs, ne change pas pour autant leur vote qui reste fidèle à des partis traditionnels. L'argumentaire antilibéral ne suffit donc pas. Il ne suffit surtout pas en ce temps de peur et de recrudescence du racisme, plus particulièrement  de l'islamophobie. Le succès du FN tient certainement en grande partie de ce contexte actuel, mais pas exclusivement. Il le tient aussi des personnes qui rejettent aussi bien la gauche que la droite. Cet électorat pourrait aussi se découvrir chez nous et prendre ses marques dans des partis comme le PP. Très difficile donc pour la gauche de la gauche de se faire entendre. Difficulté amplifiée par le fait d'être à la fois antisystème tout en étant présente, même dans l'opposition, dans différents hémicycles dits représentatifs d'une démocratie. Mais alors que faire? Surtout dans un contexte de peur et d'insécurité qui risque bien de durer. Il n'y a sans doute point de recettes miracles. Faut-il sans doute tenter de convaincre la liaison existante entre les politiques économiques et celles liées à la sécurité. Cela ne peut se faire qu'en restant proche et à l'écoute du terrain. Ce combat ne peut se mener  par de simples discours, aussi pertinents ou éloquents soient-ils. La présence permanente auprès des travailleurs et des laissés- pour- compte est indispensable. Il faut écouter, convaincre, mobiliser un électorat potentiel par des actions ponctuelles, concrètes, dans la droite ligne des valeurs égalitaristes et étatistes qui fondent la gauche de la gauche. Il ne faut en tout cas pas tomber dans la séduction employée par une Marine Le Pen, mais bien dans la conviction qu'un attachement aux valeurs altruistes finit toujours par triompher.

09:26 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

…"Cet électorat pourrait aussi se découvrir chez nous et prendre ses marques dans des partis comme le PP."…
Monsieur Mik, pourquoi ne pas avoir ajouté "ou le PTB" ?
Ce parti gauche de chez gauche se base sur l'antilibéralisme ? C'est son droit de privilégier cette doctrine. Mais le petit électeur anonyme et "obligé", qui en a raz-la-casquette d'être gavé de slogans électoraux, lui, n'a pas envie de PERDRE sa liberté… sa "liberté" ! Pour lui, ce mot est le seul critère qui compte !
Et le mot "antilibéral" le fait peur !
Mélenchon ? Son verbe lui assure son succès concrétisé par son mandat de Député Européen (Au fait : combien €€€ ?) Le reste ? Il n'en a rien à f… !
Les politiciens de sa trempe sont, hélas, très nombreux !
Proposez une nouvelle devise à la France : "Liberté, Santé, Sécurité"… et supprimez "qu'un sang impur abreuve nos sillons'.
Car… l'électeur anonyme "obligé", réfléchit-il, lui ?
Merci de nous avoir suggéré cette réflexion.

Écrit par : MDW | 07/12/2015

Courage Jean-Luc

Écrit par : Salieri | 07/12/2015

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