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08/12/2015

Un temps de Noël sous crainte de kalachnikovs

noel marché.jpgLe choc émotionnel suite aux attentats terroristes, spécialement ceux de Paris s'estompe peu à peu, mais est loin de s'éteindre. Nous avons beau déclarer vouloir vivre normalement, nous gardons un réflexe de peur. Celle-ci ne peut nous faire perdre raison. Elle ne peut nous entrainer dans  la perte de nos libertés individuelles et collectives. C'est pourtant ce qui est en train de se passer. La peur de la kalachnikov de quelques barbares liés à un fanatisme religieux ayant réussi à s'emparer d'un territoire et de ressources financières énormes a réussi à nous faire basculer dans la paranoïa sécuritaire. La seule chose qui semble aujourd'hui compter, et que nous demandons à notre Etat, est d'assurer notre protection. Quoi de plus normal. Notre message a bien été entendu. Hélas, les mesures prises par notre gouvernement ne me semblent pas, comme à beaucoup d'autres, celles qui s'attaquent à la racine du mal. Si se balader sur un marché de Noël, dit sécurisé par une présence policière renforcée et quelques militaires lourdement armés peut en rassurer certains, nous savons que cette "prévention" n'est qu'un placébo .Les mesures d'exception édictées par une échelle de menace, dont nous ne connaissons pas comment  et par qui  exactement  elle est construite, n'empêche pas certains auteurs et complices des attentats à Paris d'être toujours dans la nature. Elles n'empêchent pas d'autres barbares de préparer d'autres atrocités. Restons donc lucides. Toutes ces mesures ne sont prises et exécutées que pour répondre à notre sentiment d'insécurité, mais ne dépasser pas le stade du sentiment. A bien analyser les 18 mesures du gouvernement, nous constatons que la moitié d'entre elles sont des mesures de masse. Ne serait-il pas préférable de consacrer le budget de celles-ci à des mesures de surveillance ciblée? Un renforcement des services de renseignements est indispensable, mais pour qu'il se concentre sur les suspects et non sur tout un chacun. Ajouter 2 juges d'instruction spécialisés dans le terrorisme est bien insuffisant. Autant faut-il être dur avec les terroristes, autant faut-il ne pas tomber dans l'arbitraire. Le moins que l'on puisse dire est que les mesures gouvernementales ont manqué de cohérence et que tout et n'importe quoi a été fait pour nous rassurer en même temps que pour nous faire paniquer. Dans ce climat, il semblait impossible d'ouvrir un vrai débat de fond. Si l'union nationale s'imposait, elle ne pouvait se faire dans l'aveuglement de l'émotion et de la peur. Nous arrivons doucement à Noël et la trêve des confiseurs ne sera pas celle des autres années. L'étoile légendaire mènera-t-elle nos mages et peu sages politiciens à prendre des décisions et mesures autres que celles prises dans la hâte, qui risquent de durer inutilement et dangereusement. Cette lumière ne viendra que par un vrai débat démocratique. Elle ne viendra aussi que dans une véritable mise en question de notre politique internationale et spécialement celle menée au Moyen-Orient. De sorte qu'on ne travaille pas seulement sur la menace, mais que l'on mène aussi une politique qui s'attaque à ses causes. Or à ce sujet, il existe aujourd'hui particulièrement peu de débats, par exemple sur les relations commerciales de notre pays avec l'Arabie saoudite, alors qu'il est de plus en plus clair que l'on ne peut pas mener de politique anti-terroriste tout en armant et en finançant le royaume saoudien. Faut-il vraiment nous allier aux forces de frappe en Syrie? Comment assécher les ressources financières de Daech ? C'est la réponse aux vraies questions suivie de l'action la plus ferme, la plus puissante, capable de briser les racines du mal et de la terreur qui nous apportera d'autres Noël sans peur de kalachnikovs.

17:10 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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