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01/01/2016

Sécurité et menace de démocratie

artifices.pngLa protection de nos vies est certes un des rôles fondamentaux d'un Etat. La chasse aux terroristes sur notre territoire fait bien partie de notre attente envers ceux qui ont en charge cette mission. Mais faut-il pour ce faire plonger notre société dans une psychose d'attentats dits bien préparés mais dont nous savons finalement peu de choses? Faire une confiance aveugle à nos "protecteurs" et accepter des mesures qui restreignent nos libertés individuelles et collectives risquent bien de saper lentement mais sûrement notre démocratie. L'espèce d'omerta, justifiée par la nécessité d'enquêtes devant être discrètes pour être efficaces, ne peut durer qu'un temps. Ce temps me semble déjà long, trop long. Comment continuer à croire à la crédibilité des actions sécuritaires menées à grande échelle par des dispositifs policiers et militaires hors-normes sans recevoir de justifications plus précises sur leur indispensabilité? Comment croire aux décisions politiques en la matière, alors qu'une espèce de cacophonie se joue entre responsables politiques fédéraux, régionaux et communaux. Nous l'avons encore constaté chez le bourgmestre de Bruxelles devant décider, sans trop croire à une menace réelle, l'interdiction du feu d’artifice du réveillon du Nouvel An à la place De Brouckère. Sans éléments très précis, qu'avouait ne pas avoir cet homme, pouvait-il maintenir l'événement et risquer un drame ? Fallait-il préférer alors alimenter la psychose de la population? Ces choix cornéliens vont devenir à terme insupportables. L'enjeu de la psychose collective mérite pour le moins réflexion, voire procès d'intention. Le gouvernement Michel réussit, grâce à celui-ci, à faire oublier sa politique antisociale qui met lentement mais surement en jeu la vie même de toute une catégorie de personnes vivant dans la précarité et d'autres risquant d'y être plongées. Ce Michel redore sa position via un sentiment populaire qui n'attendrait plus de lui qu'une sécurité physique de première ligne, alors qu'elle perd, petit à petit, celle de sa sécurité sociale et celle de ses libertés démocratiques. Restons vigilants au fait que nous pourrions être instrumentalisés par des menaces terroristes pour justifier des mesures sécuritaires qui n'ont point de rapport avec elles. La généralisation et l'extension de la surveillance des citoyens est dangereuse pour l'exercice de la démocratie. Je n'ai aucune confiance dans ce gouvernement, d'autant que les gros ministères concernés sont aux mains de la NVA. S'il y a menace terroriste, il y a, aussi, menace gouvernementale. L'année qui commence doit s'ouvrir par une transparence gouvernementale plus concrète capable de répondre à nos questions citoyennes sur le bien-fondé des mesures de sécurité. Elle doit aussi s'ouvrir par la remise en cause et la contestation des mesures qui tuent la protection des plus faibles et renforcent la cuirasse des plus riches. Sans oublier cette autre menace que représentent nos centrales nucléaires qui pourraient faire bien plus de victimes qu'une ceinture d'explosifs. Il faut en finir avec une egologie qui n'a plus rien d'une écologie réelle, car ne servant qu'à l'égoprofit de quelques gros intérêts de multinationales. Si le terrorisme de l'EI est à combattre, il ne faudrait pas qu'il nous fasse oublier les autres combats à mener cette année.

09:53 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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