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03/01/2016

Les aspirines du MR pour le Jobs, jobs, jobs

Borsus.jpgIncapable d'une vraie vision politique, sinon celle d'une Europe championne des paradis fiscaux et d'un "ordo-libéralisme" de l'austérité pour les masses populaires, le MR se plait à nous illusionner par des mesurettes sympathiques, comme la dernière en date. Fier de soutenir les petits indépendants, tout en faisant les plus gros cadeaux aux multinationales, Willy Borsus, le ministre des Classes moyennes, des Indépendants, des PME, de l'Agriculture et de l'Intégration sociale annonçait une bonne nouvelle: la suppression des cotisations patronales pour le premier emploi. C'est très bien. Et en maître de la communication, le sieur Borsus montrait sa culture du terrain en s'entretenant avec le responsable de la sandwicherie "Les Fées maison", à Beyne-Heusay (en province de Liège), qui a engagé son premier employé. Magnifique. La fée MR masque bien par ses petits tours de magie l'échec de l'austérité qu'il continue à défendre et à appliquer au nom du dit indispensable équilibre budgétaire. Au nom du pragmatisme, de l'efficacité notre gouvernement, comme d'ailleurs le précédent sous une houlette pourtant socialiste, persiste dans une orthodoxie qui pourtant aboutit à des échecs qui ne sont point seulement ceux des pays comme la Grèce, l'Espagne ou le Portugal, mais gagnent toute l'Europe. Faut-il être aveugle pour constater que dans les pays d'Europe du sud où l'austérité est la plus forte, la demande s'effondre. Vouloir à tout prix rétablir une compétitivité au prix d'une baisse du coût du travail et d'aides aux entreprises ne relance pas l'économie. Bien au contraire. Il en résulte une guerre absurde où chacun se bat pour augmenter sa part d'un gâteau que les politiques d'austérité généralisées s'acharnent à faire diminuer. Bien des économistes observent que les marges des entreprises baissent à mesure que la guerre commerciale s'intensifie. Un simple bon sens devrait faire comprendre que lorsque chacun cherche à diminuer ses coûts pour être plus compétitif que son voisin, il faut diminuer le coût de la main d'œuvre avec comme conséquence une baisse des revenus qui conduit à la réduction de consommation. La pub MR, sa magie pour arriver aux jobs, jobs, jobs, risque bien de faire " pschitt !". Les bonnes petites mesures ponctuelles ne changeront rien sans un changement radical capable de rétablir de façon conjoncturelle la politique économique absurde menée par l’Union au nom du respect des traités. Ne nous laissons pas avoir par la diversion de petites mesures utiles mais très marginales. Regardons un peu plus loin que le bout de notre nez! Pour que le petit indépendant puisse engager, il faudrait surtout qu'il puisse vendre. Or, pour financer ce qui est offert en subvention ou exonérations fiscales l'est via une augmentation de l'impôt sur les ménages, une compression des prestations sociales et une dégradation des services publics. Et quand les subventions ne suffisent pas, le gouvernement Michel, comme d'ailleurs d'autres, réforment le " marché du travail ", ce qui revient à laisser au marché le soin d’organiser la rigueur salariale. La compétitivité dont on nous rabâche les oreilles nous mène droit le mur. Nous ferions mieux d'écouter et de suivre les conseils d'économistes tirant la sonnette d'alarme. Ainsi, je lisais encore une conclusion de David Cayla, chercheur au GRANEM et maître de conférences à l'université d'Angers: "Car c’est bien là le drame de la situation actuelle : poussée jusqu’à l’absurde, la logique de la compétitivité n’aboutit qu’à la disparition de la prospérité générale, sans créer le moindre emploi supplémentaire, et participe à l’effondrement de la demande des ménages et à l’intensification de la concurrence. L’Europe est en train de réinventer le mercantilisme le plus obtus ; celui qui confond la logique marchande avec la logique économique, et la balance commerciale avec la prospérité. Aveuglé par l’idéologie, elle conduit une guerre commerciale contre elle-même". Mais toute cette information ne nous parvient pas. Nos medias, bien trop branchés sur la politique à la petite semaine, se contentent de relayer l'accessoire et les anecdotiques petites bagarres de couloirs en oubliant de nous renvoyer à l'essentiel.

07:25 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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