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05/01/2016

L'heure des grèves

sncb.jpgA l'heure où tant de nous pestent sur les grèves, il serait bon que nous réfléchissions un peu sur ce que la pensée libérale véhicule et génère dans notre conception du travail. Jobs, jobs, jobs, chante notre premier ministre, plaçant ainsi le travail au haut des valeurs humaines. Sans nier une espèce de nécessité tant biologique que sociale du travail, il ne faudrait pas n'en faire qu'une apologie! L'humanisme du travail est une notion très ambigüe. Elle s'oppose, en tout cas, à ce que voudrait nous faire avaler ce gouvernement de droite. Ne perdons pas de vue que ce qu'il veut nous imposer est bien contraire à la liberté dont se targue être les défenseurs, ceux qui nous obligent à travailler plus, plus longtemps, tout en gagnant moins. On ne s'étonnera pas, si je défends une autre position. Celle d'un Marx, si souvent considéré, à tort, comme rétrograde et obsolète, y compris par la gauche bobo. " A la vérité, le règne de la liberté commence à partir du moment où cesse le travail dicté par la nécessité et les fins extérieures" disait-il. Nul ne niera cette nécessité, mais nul ne niera non plus que nous n'avons jamais autant produit de richesses qu'aujourd'hui. Une richesse mal partagée et accaparée par une minorité qui voudrait nous maintenir dans la nécessité  de maintenir leur liberté de pognon gagné par la sueur, le stress et le labeur des pauvres cons que nous sommes en nous pliant à leurs exigences. On ne peut donc penser liberté en se pliant aux processus de production que veulent nous imposer ses gros profiteurs. C'est pourtant ce qui se passe. Le plan de la dite nécessaire restructuration de la SNCB n'en est qu'un exemple. L'humanisme du travail, ça, nos politiciens s'en foutent, tout comme les dirigeants grassement payés à la tête des entreprises ou des institutions politiques, comme vu encore avec l'augmentation des fonctionnaires européens. C'est le baromètre du fric qui passe en force, bien avant celui du bien-être que vient de publier la mutuelle Solidaris. Comment alors ne pas adhérer à la réduction du temps de travail que prône, dans la droite lignée du marxisme, le PTB et les syndicats? Sur base d'une nécessité amplifiée de toute pièce par une pensée capitaliste et libérale, c'est tout le contraire qui se passe. L'élite veut nous faire travailler plus et dans des conditions de plus en plus stressantes. Avec de pareilles exigences, comment encore voir le travail comme instrument de liberté? Où est la liberté de celui ou de celle qui rentre du boulot éreinté, au bord d'un burnout, parce qu'il faut à tout prix être "rentable"? Et que dire de la liberté de celui qui n'a pas de travail ou de celui qui a peur de perdre le sien? Peut-on être libre quand on se sent encore soumis aux exigences d'une institution, d'un patron, en dehors du temps rétribuant le boulot demandé? Et si le travail est un droit, pourquoi dans les faits n'y en a-t-il pas pour tous? Alors plutôt que de pester sur les grèves et les grévistes, élargissons un peu notre lorgnette pour prendre conscience de notre propre situation de travail et la nécessaire solidarité avec celles et ceux qui mettent la pression pour que leur travail, mais aussi le nôtre, celui du voisin soit meilleur et humain.

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