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11/01/2016

Les copains d'abord: Vincent Peremans et le TEC

peremans.jpgJ'ai souvent souligné l'importance des hommes de l'ombre que sont les grognards de cabinets ministériels. Les vrais ministres sont souvent les chefs de cabinet de ceux-ci. Puisés dans le vivier des administrations ou dans le management des entreprises privées, ceux et celles qui préparent les dossiers et pèsent de leur influence sur les décisions à prendre ont, il faut le souligner, une compétence que leur patron  a rarement. Leur recrutement est le résultat d'un subtil cocktail où se mélangent compétence sur les matières traitées par un ministre, affinité avec celui-ci et surtout ancrage et loyauté dans son parti. Il faut très souvent la bénédiction du président de parti pour accéder au graal de la haute fonction. Ceux qui en bénéficient savent que, même si le contrat a une durée déterminée par celle du temps de vie ministériel de leur patron, le job a toutes les chances d'être un tremplin vers de hautes fonctions administratives plus stables ou  des possibilités d'accéder à des mandats électifs. La plupart des ministres ont eux-mêmes été chefs de cabinet ou ont arpenté les couloirs du pouvoir. L'exemple, dévoilé ce jour au grand jour par la nomination de Vincent Peremans à la tête du TEC, n'a rien d'un scoop. Il est sans doute le résultat d'une fuite bien orchestrée, ce qui n'est point nouveau non plus, par un candidat déçu de son éviction. Tous les partis traditionnels agissent de la sorte. Il serait donc mal venu de leur part de jouer aux vierges effarouchées! Dans le cas présent, c'est la négation de cette pratique politicienne bien connue qui me fait rire. Le déni du ministre Di Antonio, qui se défend de tout clientélisme, dans la nomination de son chef de cabinet à la tête du TEC relève de l'hypocrisie généralisée du monde politique et de son art de nous faire avaler des couleuvres. Il est clair que la nomination de ce monsieur relève bien d'un marchandage politique. Plus difficile de certifier que ce monsieur n'aura pas la compétence d'exercer sa nouvelle fonction. Il a tout même un fameux CV. :ingénieur civil diplômé de l’Ecole royale militaire, diplômé en gestion (HEC Liège), il a travaillé pour la Défense puis comme consultant au SPF "Personnel et organisation" et, ensuite, comme expert sur le projet du RER. Un CV complété par une liste de mandats rémunérés qui prouve que la politique est bien loin d'être un apostolat au service du citoyen! Echevin de Nassogne, Administrateur AIVE, Commissaire du gouvernement SOWASPACE sa, Président du conseil d'administration Viapass - Entité publique interrégionale – et officier de réserve,  ( mandats rémunérés) le "brave" cdh se tape tout de même gratuitement la présidence de la section locale et est membre du comité d'arrondissement de celui-ci… Tout aussi gratuitement, il se dévoue comme Président de la Commission Locale de Développement Rural , Administrateur de la Maison de la Culture Famenne-Ardenne , Administrateur d'Action Solidaire Marche-en-Famenne asbl , Administrateur Fondation Rurale de Wallonie, Administrateur Amis du Royal Juillet musical de Saint-Hubert ,Membre du conseil de fabrique d'église de Harsin, Membre comité Salle de Village de Grune! Voilà de quoi prouver un grand dévouement et, bien entendu, une bonne base électorale… Ah, la bonne gouvernance prêchée aux tribunes parlementaires, comme jadis la bonne parole du "faites comme je dis mais pas comme je fais" des curés en chair de vérité ! Quel cirque, notre démocratie. Mais chacun a ses qualités et ses défauts. Le jury présidé par le professeur Laurent Taskin (Louvain School of Management), et sans doute totalement indépendant politiquement... a retenu finalement trois personnes jugées aptes à l’exercice de ces délicates fonctions. Vincent Peremans en faisait bien partie. Alors bon, nous verrons bien sur le terrain si ce choix est bon ou pas. En tout cas, le chassé-croisé perpétuel entre administration et cabinet ministériel est un système malsain, inutilement coûteux. Mais ce n'est pas demain que nous assisterons à voir à la barre du navire dénommé pays des capitaines et matelots qui ne soient pas des copains d'abord! Bon vent donc à ce Monsieur Peremans.

10:20 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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