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15/01/2016

Ne nous trompons pas d'inquiétude

inquiétude.jpgQue notre monde soit menacé par le nucléaire, par son changement climatique, par ses guerres, son terrorisme a de quoi nous angoisser. Que notre pays soit menacé par son communautarisme et nationalisme, par ses centrales nucléaires, ses incompétences politiques, son saccage de la sécurité sociale a de quoi nous interroger sur le quotidien de notre avenir. Bien que peut-être moins touchés par les injustices et la misère se développant loin de nous, nous craignons, comme les attentats commis à Paris, que les drames du monde parviennent jusqu'à chez nous. Bref, comment ne pas loger en nous cette inquiétude ambiante, soutenue par des supports d'information si denses et si variés envahissant notre quotidien? A chacun de trouver ses béquilles pour, non seulement se tenir debout, mais pour encore marcher sur le chemin de la vie. Le déni, autant que l'ignorance ou le repli sur soi, sur sa famille suffiraient-ils à apaiser nos angoisses et peurs du présent et de l'avenir? Comment dans notre cohabitation de la peur, du dégoût, et l'espoir d'un meilleur aujourd'hui et demain trouver la force de vaincre cette espèce d'inquiétude morbide semée par les conteurs et profiteurs d'une actualité noire et sans grand espoir? Le vrai soleil est en tout cas à trouver ailleurs que sur les plages ou montagnes des bonheurs éphémères. A mon humble avis, nous ne pourrons vaincre notre inquiétude que par des actions altruistes et engagées. La véritable inquiétude que nous devrions avoir est celle qui éteint en nous l'envie de participer à la vie collective. C'est pourtant à l'intérieure de celle-ci, dans ses nombreuses dimensions artistiques, culturelles, politiques, etc., que nous vivons une convivialité, source de joies intenses. C'est elle qui transforme notre triste isolement en joyeux partages. C'est elle qui dynamise nos moments de solitude. L'inquiétude première ne vient pas de l'extérieur, mais bien de notre tendance à nous réfugier dans nos pantoufles en espérant un meilleur promis par le bruit des bottes sécuritaires. Notre sociabilité, celle qui  rend fort parce que solidaire ne peut se contenter de réseaux virtuels. Elle doit s'incarner dans les luttes concrètes d'un "autre chose" que ce qui nous est présenté comme inéluctable par le pouvoir. Le plus inquiétant dans notre monde réside probablement dans son abandon de révolutions! Celle qu'ici, nous devrions commencer est probablement celle de dire non aux distillateurs du poison subtil qu'est l'inquiétude sécuritaire. Distribué à petites goutes constantes jusqu'à intoxication, il paralyse nos cerveaux, masque les injustices sociales quotidiennes et empêche le combat collectif pour des conditions meilleurs au bonheur.

08:05 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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