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19/01/2016

La compétence politique

chambre.jpgOsons le dire d'emblée, le charisme et la facilité du verbe comptent bien plus que la compétence en politique, comme d'ailleurs dans d'autres domaines de management. L'assurance que montrent nos décideurs est perçue comme une vérité presqu'intangible. Ce n'est point un hasard de voir le banc de nos parlements occupés par de très nombreux avocats. Majorité comme opposition se livrent à des plaidoiries contradictoires où souvent gagne celui qui communique, non point les meilleurs arguments à partir d'analyses sérieuses, mais bien celui qui sait trouver des formules chocs très éloignées d'une synthèse nuancée laissant une part d'incertitude. Plus que jamais, notre société s'habitue aux communications courtes, via ses nouveaux modes technologiques. Ce qui n'est point nouveau est de voir la formule mieux mémorisée qu'une quelconque analyse, fut-elle même courte. Bref, celui qui gagne un débat n'est pas nécessairement celui qui connait le mieux, mais celui qui parle le mieux. Si selon le " "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément" de Boileau contient une part évidente de vérité, il n'est pas toute la vérité. Notre esprit critique doit redoubler de vigilance en ne cédant pas à l'illusion du beau parler. Analysons les faits plutôt que les discours. Le propre de l'intelligence se caractérise par le doute et l'incertitude. Certes, nous demandons aux décideurs de décider, mais nous devons aussi exiger d'eux une autre posture que celle d'une assurance de la parole qui nous ferait croire à leur compétence. Celle-ci doit être liée aux résultats. Le moins que nous puissions constater est que nous sommes loin de ceux promis par la parole. Ce gouvernement devait amener la paix communautaire. On voit ce qu'il en est dans les faits. La compétence est aussi le savoir-faire. Or, ce que ce gouvernement sait faire est de creuser non seulement la division de pays, mais plus encore les inégalités sociales. La compétence c'est encore aider les autres à le devenir. Quand on voit comment les politiciens nous considèrent comme des cons, il y de quoi se poser des questions! Et que dire de l'objectif du "jobs, jobs, jobs" trafiqué par l'exclusion de chômeurs? Voyons les faits et rien que les faits. La mauvaise rhétorique de Michel fils et l'excellente de De Wever ne changent rien dans le fait de voir notre pays s'enliser dans les mauvaises recettes d'un libéralisme de droite, comme d'ailleurs de gauche qui nous promet depuis des décennies de sortir de la crise économique et sociale. Celle que leur politique a engendré et entretient encore. Le papillon d'Elio, redevenu rouge dans l'opposition, ne peut nous faire espérer un nouveau printemps. Nous pourrons seulement parler de compétence politique lorsque ceux qui la pratiquent pourront nous expliquer autre chose que leur "bonne" adaptation à la compétitivité qui tue le bien-être des travailleurs, à une mondialisation d'un "libre" marché aux mains de multinationales au seul profit de quelques actionnaires millionnaires. Une personne est compétente quand elle peut expliquer pourquoi elle a réussi. Nos politiciens ne savent expliquer que le pourquoi ils n'y arrivent pas, prétextant un mal venant toujours d'ailleurs. Il est temps de remplacer tous ces incompétents. Je préfère l'incertitude d'un autre modèle de société à la certitude de l'injustice qu'engendre celui du présent. Je préfère faire confiance et agir avec celles et ceux qui proposent des actions très concrètes mettant à mal le système capitaliste en redistribuant mieux les richesses d'une production qui ne cesse de s'accroître mais n'enrichit qu'une petite minorité, comme de démontre encore le dernier rapport d'Oxfam. Je crois bien plus à la compétence de l'action collective à celle des beaux parleurs de nos tribunes d'hémicycles dits représentatifs de nos choix politiques.

10:26 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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