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03/10/2016

Le PS en panique

papillon rupo.jpgLes attaques successives de personnalité du PS envers le PTB, qu'elles soient ouvertes et agressives chez Onkelinx et Magnette ou plus subtiles et larvées chez Di Rupo démontrent bien la panique d'un parti qui n'ose se remettre en question. Si je peux me réjouir de certaines propositions, comme celles de la réduction du temps de travail, je regrette l'agitation qui est faite de l'épouvantail communiste utilisé comme argumentation. Il rejoint ainsi la droite dans une caricature grossière et réductrice d'un communisme à la sauce coréenne et soviétique. Ramener la notion communiste à ces exemples, comme l'a encore fait par ailleurs hier RTL, alors qu'elle désigne souvent des réalités différentes relève de la malhonnêteté intellectuelle. Si la référence marxiste du PTB est et reste essentielle, je ne vois pas en quoi elle dérange tellement le PS. Probablement parce qu'il s'est, lui, perdu dans une sociale démocratie qui n'est autre qu'un capitalisme "light" qui dans les faits n'a fait qu'aggraver des inégalités, des injustices et l'exploitation des travailleurs. En oubliant la lutte des classes au profit de la lutte des places, le PS a perdu son âme. Qu'y a-t-il donc d'effrayant et de dérangeant dans une analyse marxiste? A l'heure des fermetures ou de délocalisations d'usines et d'entreprises, des changements et d'externalisation de la production, nous nous retrouvons bel et bien dans ce que Marx appelait l'"armée industrielle de réserve", qui garantit au capitalisme la préservation de ses immenses profits en lui permettant de faire pression sur les salaires. L'abandon par le PS de la réalité de terrain et son partage de pouvoir avec la droite, ont, de toute évidence, affaiblit les organisations syndicales qui ne peuvent plus imposer des augmentations de salaires et une fiscalité de redistribution des richesses. Rien d'étonnant alors de les voir aujourd'hui se tourner de plus en plus vers le PTB. Plutôt que de diaboliser le PTB, le PS ferait mieux de revoir l'analyse marxiste, comme moyen d'explication des situations politiques et économiques et lui redonner, comme le PTB, un nouvel attrait! Qui peut encore croire aujourd'hui que le PS est le parti des ouvriers? Au contraire, sa dite prise de responsabilité au pouvoir n'a profité qu'à une faible partie de la population ainsi qu'aux détenteurs de capitaux des grandes entreprises multinationales. Pour toutes les victimes de la mondialisation, pour tous les laissés pour compte de l'économie de marché, Marx est encore d'actualité. Je ne vois pas un autre mode d'analyse politico-économique plus cohérent et plus pertinent pour créer un mouvement politique de luttes contre les travers du système capitaliste et du libéralisme. Quand les socialistes brandissent la rose et chantent l'internationale, ne devraient-ils pas, plutôt que de s'attaquer au PTB en le diabolisant et le traitant de communiste, s'allier au dénominateur commun qui fait que d'autres le chantent de façon plus forte et plus sincère qu'eux, avec la volonté et la nécessité de l'autonomie du mouvement ouvrier et de l'internationalisme pour transformer le mode de production capitaliste. A force de butiner les fleurs du pouvoir et d'empoissonner celles du jardin pétébiste, le papillon rouge d'Elio et de ses comparses finira par perdre ses ailes pour retourner au stade larvaire tandis que PTB, sortira de sa chrysalide!

08:57 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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