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16/04/2017

L'utopie en politique: mort ou résurrection?

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La campagne présidentielle française montre, une fois de plus, combien toute la pensée politique et juridique semble encore tourner autour de cette interrogation essentielle de l'utopie politique. Cela ne date pas d'aujourd'hui. Il y a toujours eu à la fois un rejet et une attirance pour oser vouloir changer ce qui serait inchangeable. Etonnant de voir tous les candidats réclamer un changement de système et attaquer le seul candidat qui ose proposer l'utopie d'un vrai changement: Mélenchon. Son utopie est vite identifiée à un leurre ou un rêve; censurée en ce qu'elle serait dangereuse; parfois simplement ridiculisée. Le citoyen suit et oscille souvent entre tentation d'y croire, d'y adhérer et celle de l'exclure de sa sphère quotidienne préoccupée par ses soucis élémentaires de famille, de boulot, de santé, de fins de mois à boucler. Mais attention. Le rapport que chacun entretient avec le nécessaire, le rationnel et l’irrationnel, l’idéal et la raison ainsi qu’avec l’excès et la mesure est complexe. Le politique le sait et en joue. Ce qui me plait chez Mélenchon est son audace de remettre de l'utopie en politique et il n'est pas le seul en Europe. Une utopie fondée sur des principes de justice clairement identifiés et mesurés qu’il propose. Reste à voir si sa politique aura le succès que j'espère car, comme le pensait déjà Machiavel, la politique obéit à une rationalité fondée plus sur l’idée de calcul que sur des sentiments ou des idéaux. Mélenchon utilise même le terme de bonheur. J'y reconnais sa culture des Anciens pour qui la cité n’est pas qu’un ensemble d’hommes unis par le besoin, mais réunis afin d’obtenir le bonheur. Mais un bonheur, entendons-nous bien, qui n'est détachés des circonstances matérielles. Et si ses propositions peuvent paraitre, selon ses adversaires, irrationnelles, elles ont le mérite de donner des clés, de fixer des orientations pour aider les hommes à sortir du malheur dans lequel la vision trop politicienne de la politique les enferme. Celle d'une société commerciale organisée en vue de faux besoins qui spolient les plus faibles au profit des plus forts. Mais cette résurrection, cette "pâques" de l'utopie bien comprise risque bien d'être encore battue par le conservatisme d’une longue période de néolibéralisme qui n'a cessé de promouvoir le marché autorégulateur. Joyeuse Pâques!

10:52 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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