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19/04/2017

Macron: Un La Palice dangereux

macron-1.jpgDans la kermesse de cette campagne électorale française, il faut bien avouer que Macron a le pompon. Bien qu'il ne soit pas le seul à éructer des clichés fourre-tout et des formules horriblement creuses, il bat des records. Je relève quelques florilèges: « La politique est au service de nos concitoyens, et l’économie fait partie de la vie de nos concitoyens »; « La France est une chance, et chacun doit pouvoir y tenir ses promesses. » etc… Les formules roses se succèdent dans des meetings qui ressemblent à des shows publicitaires. On vend Macron comme du bonbon. Et pourtant: attention. Sous son projet flou et désarticulé, se cache bien une colonne vertébrale néolibérale. Sous sa défense d'une nouvelle société "dynamique", on peut vite y remarquer le masque rétrograde d'une technocratie étroitement liée aux milieux financiers. Rien n'est dit sur régulation financière ou de lutte contre l’évasion fiscale (un simple et vague alourdissement  des peines). L'homme qui se dit puiser ce qui bon dans la gauche et dans la droite n'est pas très éloigné de Fillon. Les vieilles recettes, causes du chômage accru et de la paupérisation grandissante de la classe populaire ressortent mais sur une nouvelle assiette décorée par des start-up et Uber. Le seul point de différence entre Fillon et Macron tient de la méthode. L'une est rude et l'autre plus sournoise. La première ressemble à du De Wever et la seconde à du Michel et Peeters. Mais chacun y va de l’obsession du  coût du travail, à l’origine, selon eux,  de tous les maux mais avec comme objectif de mieux épargner le capital. Pas question de faire le constat que les trente années de politiques néolibérales ont mené à une insuffisance de la demande au niveau global et ont flexibilisé toujours plus le marché du travail avec en conséquence l'augmentation du chômage et la perte du pouvoir d'achat. Et que dire de leur programme sur les services publics? C'est le même, avec un peu plus de vaseline chez Macron. La subtilité sémantique de ce dernier est d'ailleurs révélatrice: il parle de "services accueillant du public"! Allons-y pour la privatisation… Bref, la soupe que Macron s'apprête à servir au peuple français sera la même que celle servie par notre gouvernement. Ce n'est pas un hasard que les deux hommes se soient retrouvés en intimité à la table de chez le "vaselineur" du gotha, Stéphane Berne.

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon a résumé en une formule le projet de société que porte Emmanuel Macron : « Chacun pour soi, le marché pour tous ». Non ce n'est point de la caricature. A bien décoder le programme Macron, nous y verrons la démolition des normes nationales et des conventions collectives, avec comme résultat non seulement l’abaissement dramatique des droits des salariés, mais aussi la mise en concurrence accrue des travailleurs entre eux, soumis à des règles sociales différentes entreprise par entreprise, et donc poussés sans cesse à des concessions douloureuses pour être plus « compétitifs » que le voisin. Nous y verrons la même méthode que notre gentil Bacquelaine sur les pensions: « un euro cotisé (qui) donne in fine les mêmes droits à pension » ne se traduirait par « aucune baisse » des pensions. Mais c’est l’inverse qui est vrai. Il s'agit sur ce point comme pour d'autres de la rupture du système solidaire.

Ce serait donc, pour moi, un NON à Macron si semblable à notre Michel national.

 

08:39 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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