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04/05/2017

L'habileté élitiste face à l'incompétence populiste

marine-le-pen-et-emmanuel-macron-ont-debattu-plus-de-deux-heures.jpgLe pitoyable débat d'hier entre les deux candidats a eu au moins le mérite de faire tomber le masque de Marine Le Pen. Par contre, celui de Macron ne s'est pas détaché des traits que forme celui d'une bourgeoisie dite généreuse, bien éduquée, cultivée et à la suffisance de son savoir. Le pire est que Le Pen a certainement conscience de sa totale hypocrisie et que Macron croit probablement sincèrement à ses convictions de collaboration des classes. D'un côté: l'enfer du repli sur soi, du petit égoïsme, de la peur, de l'insécurité et de l'étranger qui se cachent chez chacun. De l'autre: le purgatoire imposé à celles et ceux qui n'ont pas le fric pour acheter l'entrée au paradis. Marine Le Pen a ouvert son fourre-tout politique se contentant de mettre tous les maux sur les étrangers et les riches. Elle n'a d'ailleurs répondu vraiment à aucune question. A chaque fois, elle a chercher à éviter le défi de reconstruire une véritable offre politique alternative face aux vieilles recettes, remises au goût du jour, par le libéral déguisé en social-démocrate ou socialiste. Ce faux socialisme ou centrisme  qui depuis plusieurs décennies a mené, et en cela Le Pen a raison,  des politiques économiques ayant créé des inégalités sociales dans des proportions de plus en plus grandes. Mais  le discours de la candidate développe en fait des valeurs fondamentalement inégalitaires, xénophobes, multiculturelles, protectionnistes, islamophobes, anti-européens et ultranationalistes. Elle profite simplement d'une crise d'une société plus éclairée sur l'injuste partage d'une production bien cachée de la richesse que semble bien éviter Macron qui laissera à l'économie du libre marché et au capital le soin de partager un gâteau dont la majorité des citoyens devra se contenter des restes.

Marine Le Pen se situe bien dans le populisme moderne, né d’une absence d’alternative et qui se contente de montrer la mesure du fossé séparant le peuple de la classe politique installée. Mais à qui la faute? A une gauche bobo et caviar qui a flirté puis fiancé pour presqu'épousé les thèses d'un capitalisme adouci en libéralisme dit social. Un socialisme qui a abandonné la lutte des classes pour se pervertir dans la lutte des places. Car des alternatives, il y en a. Mélenchon en a fait une démonstration brillante et crédible, tout comme chez nous un PTB qui aligne des propositions vite repoussées, niées, évitées au non d'un populisme qui est simplement populaire car le peuple, en majorité, sait distinguer le pipo de la vérité politique.

Macron gagnera, c'est certain. S'il n'y a pas de sursaut et d'unité à gauche pour les législatives autour de Mélenchon, et je le crains, les Français, comme nous sous Di Rupo ou Michel, retourneront au purgatoire des derniers quinquennats jusqu'à ce que l'enfer FN, simplement postposé, ne s'impose.

06:09 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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