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05/05/2017

Quand la rue est trahie

réssistance sociale.jpgA l'exemple américain, avec un Trump lançant le détricotage de la régulation financière, loin des accents populistes de la campagne où il prétendait dénoncer la trahison des élites, la France, non seulement avec le populisme de Le Pen (aussi menteuse que le président fou) mais aussi avec le libéralisme de Macron, risque bien le même sort. Son élection sera en tout cas bien une véritable bénédiction pour les banques. Il suffit de regarder l'optimisme de la bourse. Pour les autres, il ne faudra pas s'attendre au miracle providentiel d'un homme.

Comment espérer des réformes autres que celles favorables au patronat. Si tout n'est pas à rejeter dans la loi El Khomri qui a suscité tant de manifestations anti, elle est significative de toute une vision de société qui veut, sous couvert de flexibilité, soumettre le travailleur aux seules exigences du profit sans qu'il n'en tire une juste rétribution. Déroger aux accords de branches après consultation des employés directement concernés est la marque d'une fracture pour la démocratie sociale. Loin de l'objectif déclaré de faire évoluer un monde syndical, c'est en fait l'affaiblir. Cela fait partie du projet Macron.

L'argumentation macronienne est celle du monde de la finance. Non, les entreprises d'aujourd'hui ne sont pas par nature éphémères. Elles le sont par la course concurrentielle aux plus gros profits pour actionnaires. Bien entendu que les PME, elles, connaissent des difficultés spécifiques. Si elles ferment chaque année un peu plus, à qui la faute? Elles finissent souvent par la faillite, mais aussi par la reprise par des grands groupes qui finissent par avoir le monopole sur le produit. Que se passe-t-il aussi avec les start-ups tant vantées Macron. Après croissance où vont-elles? Et à qui va la plus-value lors de leur rachat? L'exemple chez nous de Marc Coucke, le CEO et fondateur d'Omega Pharma, est significatif. Il a vendu son entreprise à l'américano-israélienne Perrigo pour 3,6 milliards d'euros. Suite à cette cession, il a intégré le classement Forbes des hommes les plus riches du monde. Comment a été partagée cette richesse? Un peu facile de le vénérer à Ostende ou Durbuy!

L'élan spontané ou forcé vers les urnes pour élire celui qui prétend rassembler pour réformer risque bien de décevoir, une fois de plus, la grande espérance exprimée par la rue. Ce qui va se passer en France aura inévitablement une influence sur l'Europe et donc dans notre petit pays. Une vague macronienne se transformera en vague et flore microbienne infectant l'Europe et ses travailleurs.

Mais suis-je peut-être trop pessimiste. Reste toujours le bénéfice du doute à accorder au nouveau venu. Oui, mais assorti d'une vigilance accrue et surtout prêt à rejoindre les mouvements de résistance…

09:12 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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