mik dupont UA-70672535-1

04/06/2017

L'épouvantable marxisme

marx.jpgLe PTB qui n'a pas peur de se revendiquer du marxisme, tout en ayant le vent en poupe, ne cesse d'être, sur cette base, l'objet de diabolisation de tous les autres partis. Mais qu'est-ce qui peut tant effrayer la classe politique qui agite l'épouvantail de la vision marxiste? Pendant longtemps pourtant, l’idéologie marxiste a dominé la réflexion dans les universités. Aujourd'hui, ses détracteurs, dont la majorité n'en connait même pas la véritable teneur, ne font qu'agiter ce qui pour eux est une forme de totalitarisme ayant engendré les camps de travail russes ou chinois et régit encore la Corée du Nord. S'il peut être salutaire de dénoncer l'échec des communismes soviétique, coréen et chinois, cela ne suffit pas pour éclairer les différents et principaux thèmes actuels de propositions basées sur ce qui demeure une véritable alternative au capitalisme dont on connait ,plus que jamais, les dégâts.

Pourquoi sommes-nous si loin d'une unité de la gauche que nous retrouvions en France, au cours des années 1970-80, dans un programme commun de gouvernement visant vraiment à rompre avec le capitalisme? Sans doute, parce les anciens "gauchistes" ont fait carrière et prônent souvent maintenant un libéralisme dit social. La "realpolitik" a fait disparaître une réelle vision de société. Les socialistes n'osent plus parler de "changer la vie" avec un gouvernement de gauche. Ils se contentent de leur slogan devenu éculé: "avec nous, c'est moins pire, car nous sommes des responsables"!

Un peu de sérieux. Osons quitter la caricature. S'inspirer de Marx, en dehors même de toute idéologie, est d'abord trouver une conception sur la nature, l'homme, l'histoire et l'économie se renforçant les unes les autres. Cette conception n'est certainement pas une vérité absolue. La ramener exclusivement à des conditions économiques faisant le moteur de l'évolution sociale, indépendamment de la volonté humaine, est un raccourci à nuancer. Si tout réduire à des conditions matérielles n'est pas entièrement vrai, il n'empêche que le "je finis par penser comme je vis matériellement" contient une grande part de vérité qui régit non seulement la personne mais aussi les rapports sociaux ainsi que les institutions politiques. Il suffit pour s'en convaincre de voir la mise en lumière de tous les scandales actuels touchant le monde politique et son fonctionnement lié au profit.

Prendre comme exemple Staline et Mao-Tsé-toung ou encore l'actuel Kim Jong-Un qui ont pu justifier le massacre de dizaines de millions de personnes pour nier le côté humaniste des discours communistes et affirmer qu'il n'y a rien dans la philosophie marxiste qui permette de fonder la dignité et les droits de l'homme, si ce n'est sa participation au travail social et son utilité dans le processus révolutionnaire, est une malhonnêteté ou une ignorance intellectuelle. Par contre, ce qui me semble évident, est que ce respect des libertés et droits de l'homme ne peut vraiment s'établir dans une espèce de compromis mou entre la bourgeoisie, l'oligarchie financière et politique et la masse populaire. La majorité du peuple se retrouve alors, de fait, dans une subordination à cette "élite". Le communisme actuel qui dénonce, avec raison, toute la manipulation des médias et de lobbys, ne met pas pour autant dans son programme la suppression de toutes les libertés fondamentales, comme la liberté de la presse, d'association, d'opinions, etc…Il veut simplement inverser le rapport de force qu'il considère, comme moi et beaucoup d'autres militants, indispensable.

Qui peut nier aujourd'hui que dans les pays capitalistes avancés, l'on a assisté à la formation de grandes entreprises multinationales, dont le capital est concentré entre les mains de quelques grands capitalistes? Et qu'on ne me dise pas que parce qu'une très petite partie des travailleurs achètent des actions, ils deviendraient des "capitalistes" puisqu'ils reçoivent des dividendes! Qui peut aussi nier que la faillite, au cours des dernières décennies, d'un bon nombre de petites et moyennes entreprises a considérablement augmenté? Et qu'on ne vienne pas dire que le nombre croissant de petites start-ups va compenser cela. On constatera qu'avec le développement du capitalisme, le capital ne s'est pas dispersé, popularisé, mais reste plutôt bien concentré dans le maintien ou un renouvellement accéléré des grandes fortunes. Tout ceci répond, contrairement à ceux qui veulent le nier parce qu'ils sont des nantis du système, aux prévisions de Marx. Il n'a pas eu raison sur tout. Lui- même a évolué dans ses analyses et théories. Il n'en demeure pas moins un visionnaire important sur lequel peut s'alimenter aujourd'hui une réflexion et une action politique.    

En conclusion, malgré ces différentes évolutions, révisions et contradictions apportées à la théorie originale, les marxistes continuent une approche pertinente et réaliste de l'histoire passée et présente. Alors, en quoi avoir peur de cette référence? Sinon chez celles et ceux qui se sont convertis à un système qui les privilégie dans le confort de leur égo, de leurs privilèges et de leur portefeuille.

 

09:12 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.