mik dupont UA-70672535-1

04/07/2017

Le spectacle du pouvoir

macron versailles.jpgEn regardant un peu Macron se pavaner hier à son Congrès de Versailles, le faste du pouvoir politique m'amusait. Quel beau spectacle que cette entrée présidentielle encadrée de gardes républicains, sabre au clair et casque avec crinière! Moins amusante la question de son utilité. Faut-il cette mise en scène prestigieuse pour incarner l'importance d'une fonction? Admettons qu'un certain cérémonial soit nécessaire parce que favorisant une tenue correcte de débats. Bien, mais il ne faut pas exagérer! Comique aussi de voir toutes les réceptions de palais, y compris dans notre monarchie, s'entremêler d'un cérémonial bien plus simplifié lors d'inaugurations les plus diverses ou de visites au petit peuple. De quoi certainement donner une patine plus sociale. C'est qu'il faut aussi soigner ce dernier. N'est-ce pas chez  lui qu' on puise le fric et les privilèges? Chez les braves et très nombreux contribuables partagés par l'envie d'être prince et la révolte de payer ce à quoi ils ne pourront, sauf quelques exceptions ( comme au Lotto) ne jamais accéder.

Le simple citoyen a-t-il besoin de tout un spectacle du pouvoir pour le reconnaître et le respecter?  La question reste posée. Ce faste, même  simplifié et "modernisé" fascine encore le peuple ( qui n'est rien). Il y opère même une étrange fusion avec la nouvelle bourgeoisie des parvenus ( ceux qui réussissent) et les restants de l'aristocratie.

Le pouvoir politique a-t-il vraiment besoin, encore aujourd'hui, de se mettre en scène ? Comment rompre avec cette règle qui va de Néron à Macron, en passant par les pharaons, Clovis, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle...

Nous avons tous besoin de symboles, de cérémonials. Ils "marquent" des moments importants de vie ou simplement de convivialité. Par contre, ceux qui entourent et mettent en scène le pouvoir politique et son discours ne me font pas que rire. Ils m'horripilent aussi! Ce protocole, qui ne soutient que l'émotion, ramollit la raison. Pire encore, il nous met à distance des décisions. Et pour rester dans l'actualité, ce n'est point un hasard que Macron a épousé sa prof de théâtre. Elle lui a sans doute transmis du Shakespeare pour qui le " monde est une scène". Son mari brille dans l'ère de la communication moderne qui n'est pas en reste et où d'ailleurs on parle couramment d' "acteur" politique, de " scène". La fête politique macronienne, pour autant qu'elle ait existé, a donné l'illusion de permettre un rassemblement de classes où les gens, pauvres et riches, se voyaient dans le slogan "En marche". Il s'est confirmé  à Versailles que rien n'inversera les hiérarchies sociales et que donner un rôle – fut-il illusoire- aux exclus de la politique n'était qu'un entracte.

07:09 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.