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22/08/2017

Le PS met de côté la lutte des classes

conquête.jpgLe bureau du PS lance la phase finale du Chantier des idées. Deux débats idéologiques se détachent : écosocialisme, et réécriture de la Charte de Quaregnon. Exit le mot « classe »…

Voilà qui est clair. Le PS pour se moderniser fait table rase de ce qui a permis à des millions de crèves-misère d'accéder à une vie plus confortable. Renier le passé en se disant que le présent est bien autre serait pardonnable, mais nier la situation que nous vivons avec parmi les catégories populaires, le chômage et la dégradation des conditions d’emploi qui ont fait renaître un nouveau sous-prolétariat est indigne du socialisme. Nier l'augmentation du différentiel entre riches et travailleurs au bas de l'échelle sociale, mais aussi de toute une classe moyenne de petits indépendants menacés par la main très visible des multinationales; nier la précarité d'ouvriers, d'employés , marqués par la précarité croissante de leurs statuts, d’intérims, de contrats aidés ou de temps partiels subis, prouve un PS complètement coupé de sa base.

Le PS, mais on le savait, est entré de plein de pieds dans le capitalisme. Il a rejoint la nouvelle bourgeoisie à la santé éclatante qui prétend que la classe ouvrière a disparu et que par conséquence tout son mouvement de mobilisation syndicale est dépassé. Normal alors de défendre la thèse d’une disparition des classes. Le PS ne sort pas de sa nouvelle appartenance à une espèce de "moyennisation" qui a brouillé les frontières de classes. Normal, Magnette trouve le marxisme dépassé! Normal quand la lutte des classes est remplacée par la lutte des places. Normal quand on s'est coltiné avec des libéraux pour qui les classes populaires ou moyennes ont des opportunités de promotion sociale individuelle (massification scolaire, système qui s’efforce d’être méritocratique, mobilité sociale structurelle vers les catégories en expansion: cadres, professions intermédiaires, employés et métiers jugés moins difficiles physiquement que le travail en usine.

Et pourtant, n'en déplaise aux dirigeants du PS, la lutte des classes demeure pertinente pour analyser les conflits actuels et mener les combats nécessaires aux nouvelles inégalités qui se manifestent. La vision marxiste reste valide, car la bourgeoisie domine toujours la société, grâce à ses ressources économiques mais aussi culturelles. Le renforcement des inégalités et le développement de la pauvreté et de la précarité redonnent de l’actualité à cette analyse.

Le Ps continue à vivre dans sa bulle de mandataires qui pensent à la manière dont ils vivent avec leur gras salaire et les relations de copinages avec une bourgeoisie de hauts fonctionnaires, d'affairistes ou d'une minorité de sympathisants ayant réussis l'ascension sociale.

Di Rupo n'est au fond qu'un bas stratège qui n'a comme objectif que la reconquête du pouvoir. "Ecosocialisme"? Mais non, il s'en fout de l'écologie, comme du socialisme. Il s'agit, avant tout, de récupérer les suffrages des anciens électeurs du PS qui sont passés chez écolo et d'y ajouter quelques électeurs mécontents de la volte-face de Lutgen. Et, il faut surtout récupérer les futurs électeurs du PTB en offrant une image rassurante d'un PS "charitable" et pensant non plus à la classe ouvrière, mais aux petits défavorisés du système libéral. Rentre chez toi Elio.

09:07 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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