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17/10/2017

Le baromètre politique de LLB

sondage llb.jpgVoilà un baromètre qui me parait plus sérieux que les derniers sondages de Sud Presse. L’électorat est en général bien moins versatile que ce qu’il exprime comme mécontentement hors des urnes. La contestation : oui. Le changement : Non. Voilà qui est paradoxal et pourtant réaliste et constant. Les bourgeois aimaient Molière qui se foutaient de leurs gueules, mais restaient attachés aux traditions de leur petit monde.

Ce que je retiens de ce sondage ? D’abord que le « tous pourris » est bien moins porteur qu’en apparence. S’il alimente un sentiment de rejet politique, il n’engendre pas un tout grand chambardement dans l’attachement aux partis traditionnels. Par contre les scandales agro-alimentaires et les changements climatiques effrayent et réveillent la conscience écologique. Ils ont certainement un fort impact sur la montée Ecolo et dans une moindre mesure sur la progression du PTB. Ces deux partis sont plus verts que les autres, mais le vert effraie moins que le rouge même si le capitalisme, que dénonce très faiblement Ecolo, reste le premier assassin de notre planète. L’ancienne crise de la dioxine, il y a 20 ans, avait donné à Ecolo l’opportunité du pouvoir. Rien n’a pourtant véritablement changé et je ne crois pas que des œufs contaminés au fipronil puissent décontaminer le système capitaliste. Comme dans bien d’autres matières, qu’elles soient économiques ou sociales, le marché c’est pour les riches et la démocratie pour les pauvres !

A remarquer aussi que si les leaders pour incarner les idées soutenues par un parti sont importants, ils n’assurent pas pour autant l’entièreté du succès ou de l’échec de celui-ci. La personnalisation des combats politiques reste obligatoire mais aussi aléatoire.

Si les résultats au nord et au sud du pays restent bien différents, il ne faudrait cependant pas s’enfermer dans le cliché simpliste d’une Flandre à droite, une Wallonie à gauche et un «melting pot   » à Bruxelles. La montée du PTB, du SP et de Groen en Flandre prouve le contraire. Le racisme de la NVA, avec son leader Francken, fait aussi des émules en Wallonie et à Bruxelles.

Que dire en conclusion ? La stratégie d’un Michel, soumis à la puissante NVA, reste payante pour la droite, mais jusqu’à quand ? Nous en saurons plus l’année prochaine lorsque la très longue compagne électorale aura commencé en perspective du double scrutin d’octobre 2018 (élections communales et provinciales) et mai 2019 (élections régionales, fédérales et européennes). Tout ne sera pas bouleversé, mais les pronostics d’une très probable reconduction de la coalition actuelle demeure pour le moins hypothétique.

Mon opinion reste la même. Tant qu’une large conscientisation sur le système vicié et vicieux d’une économie capitaliste, déguisée en libéralisme social ou en social-démocratie, ne s’établira pas comme vraie conscience populaire, rien ne changera. Nous resterons dans le théâtre des petits jeux politiciens tandis que la mise en scène et la réalisation de la pièce sera encore et toujours aux mains des grands marchands de fric, d’armes, d’aliments et de consommation destructeurs de notre planète et fournisseurs d’inégalités avec comme seul programme le profit. Autant savoir ! Les sondages d’opinion ne sont que des changements de couverts à une table où nous resterons toujours des invités du genre de Pignon dans le diner de cons. Et apparemment, ce n’est pas encore demain que Pignon comprendra la véritable nature du dîner auquel il a été convié…

09:07 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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