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18/10/2017

Culture du compromis ou fin des idéologies ?

glaive.pngLes partis aiguisent leurs couteaux en vue des prochaines élections tout en veillant à pas trop affûter la lame qui pourrait les exclure du pouvoir. Si les pourparlers préliminaires n’ont pas encore véritablement commencé, nul doute que subrepticement certaines éminences grises tâtent le terrain. Les gouffres idéologiques séparant les partenaires potentiels s’amenuisent très vite dès qu’il s’agit de s’approprier une part du gâteau du pouvoir et des nombreux avantages qui y sont liés.

Si les urnes réservent toujours des surprises, les sondages sont scrutés. Une chose est certaine : la chute du PS et l’affaiblissement du CDH du côté wallon et bruxellois. La situation en Flandre est plus complexe. Il ne faudrait surtout pas oublier que les pourcentages se traduisent en sièges au travers des calculs complexes et des apparentements que le commun des mortels ne maitrise pas. De faibles écarts peuvent faire tout basculer. Ne prenons que le gouvernement actuel à la Région wallonne qui ne dispose que d’un siège de plus au parlement pour former la majorité.

A ne pas oublier encore, le calendrier. On commence par les communales. Des pré-alliances sont déjà secrètement signées dans certaines communes. Prétextant une réalité communale différente de la réalité des autres niveaux de pouvoir, le cas de l’union PS-MR de Rochefort est symptomatique, les alliances dites « contre- nature » se jouent déjà. N’y aurait-il donc aucune idéologie entre le choix de logements sociaux sur une commune et celui de promouvoir la spéculation immobilière du privé ? Entre le choix d’une maison de repos publique et des faveurs accordées à celles du privé ? Entre le choix d’une route à rénover et un budget augmenté du CPAS ? Etc. S’il est plus facile de trouver des accords sur des « petits » points que sur des sujets d’'immigration, de transition énergétique, de fiscalité, de défense ou de politique étrangère, la vision idéologique sous-tend, en principe, tout acte politique. Mais le principe et la réalité sont loin de se rejoindre. C’est toujours aussi plus facile de rejeter les problèmes sur un autre niveau de pouvoir. On connait la chanson : c’est la faute de la région, du fédéral, de l’Europe ! La mosaïque des institutions politiques permet à toutes les couleurs d’y entrer pour autant que le canevas capitaliste ne soit pas rendu caduque. Les mariages d’antan tenaient plus longtemps, non par amour, mais par nécessité économique !

Attendons-nous donc, au nom du sens de la responsabilité, à des unions disparates et incohérentes. L’idéologie sera vite oubliée. Les couteaux de faux duels électoraux vite rengainés. Le propre du vieillissement des institutions est l’oubli du pourquoi elles se sont créées au profit de leur extension, de leur maintien et surtout de leur pognon.

10:08 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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