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27/10/2017

L'Etat meurtrier

Boulin.jpgIntéressant reportage que celui de « Envoyé spécial » sur le mystérieux suicide de Robert Boulin, ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing, retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979. Depuis 38 ans, le doute plane sur les circonstances exactes de ce décès. Suicide ? Meurtre crapuleux ? Assassinat politique ?

Au-delà de qui semble bien être aujourd’hui un assassinat politique, comme jadis celui de J.Lahaut et plus récemment celui d’André Cools, chez nous, il est bon de souvenir que la mort de Boulin correspond également au grand basculement vers la mondialisation des marchés financiers et au triomphe du libéralisme économique. C’est la confirmation des liaisons étroites et mafieuses entre le monde financier et la politique. C’est la confirmation de l’hégémonie de quelques grands groupes financiers sur des politiciens devenus leurs marionnettes. Période qui se traduit par la victoire de Thatcher en Grande-Bretagne, avec chez nous le « Baby Thatcher de Guy Verhofstadt et la montée d’homme comme J.Gol, retournant sa veste de gauche pour la droite. Pire probablement, c’est la conversion des partis socialistes européens au libéralisme, à partir du tournant de la rigueur, en 1983. C’est aussi la période des tueries du Brabant !

L’affaire de la mort « crapuleuse » de Boulin, n’est pas seulement celle d’un homme. C’est la mort d’une certaine façon honnête de faire de la politique. Boulin avait une conception d’un Etat de l’intérêt général, autre que celui devenant mercantile. Sans être de gauche, c’était un homme de consensus, un régulateur, un partisan du progrès social, de la participation des salariés dans l’entreprise.

A bien scruter la façon dont est menée aujourd’hui la politique dans notre pays, les leçons à tirer tant sur l’affaire Boulin, que sur les tueries du Brabant, mais aussi plus généralement en Europe où se côtoient des vagues de droite et de gauche radicale, il est urgent de combattre ce qui se trame derrière notre naïveté ou ignorance des coulisses d’une droite d’austérité et de son inféodation au monde des « affaires » du grand patronat, des banques, des multinationales.

Si la droite peut abriter des personnes honnêtes, comme Boulin, c’est le libéralisme assassin qui gouverne. Bien plus qu’à des gens honnêtes, c’est à l’idéologie véhiculée et aux transformations qui agitent notre société qu’il nous faut porter toute notre attention. Des questions aussi diverses que la flexibilité du travail, l’école, la privatisation des services publics, la réduction de la sécurité sociale, la conception de la famille, de la fin de vie, la mondialisation et les transformations à l’Est, etc., etc. , nous obligent à repenser la gauche. Pas la repenser en façade par peur électorale, comme le fait le PS une fois dans l’opposition, mais celle qui promeut bien plus qu’une démarche réformatrice. Une gauche qui s’accroche à un horizon radical de transformation sociale. Une démarche qui associe en permanence la résistance et le projet, la protestation et l'alternative, l'audace et le réalisme transformateur autre que simplement parlementaire.

00:48 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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