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27/10/2017

Parler de la mort

oneux.jpgLe temps d’Halloween est venu remplacer celui de la Toussaint. Fête folklorique et païenne traditionnelle originaire des Iles Anglos-Celtes, où on se fait peur. On y implique généralement la mort avec ses fantômes, ses maisons hantées, les cimetières, des personnages à tête de citrouille. Cette citrouille qui me fait penser à la superbe chanson de Brel des Marquises : « Ils parlent de la mort, comme tu parles d'un fruit ».

J’ai connu un autre temps, celui d’une génération. Celui où l’on croyait aux ancêtres revivant au ciel. Nous leur rendions hommage en allant fleurir leur tombe après un office religieux qui nous paraissait interminable avec la longue liste des « recommandations » des défunts qui rapportait pas mal au curé. Nous devions accompagner soit mon père et son frère pour l’église d’Oneux ou ma mère, ses sœurs et grand-mère à Chanxhe. Nous préférions accompagner les hommes. Ils ne faisaient qu’accompagner le cortège religieux de l’église au cimetière. Le temps de l’office se passait au petit café en face du clocher qui les rappelait à achever leurs petits pékès blancs et nous les grandes limonades pour le cortège vers le cimetière. A Chanxhe, les femmes étaient plus pieuses ! Mais cette « pénitence » était vite oubliée par la réunion familiale qui en découlait. Nous aimions manger les bonnes tartes au riz, aux fruits avec tous les cousins, tantes et oncles. L’évocation des morts devenait fête. Je n’en avais connu aucun de ma famille jusqu’à l’âge de mes neuf ans. Ma grand-mère paternel, Marie Pasquasy, mourut chez nous. Cela laisse des traces. Ma mère m'avait obligé, en signe d'adieu, de poser une caresse sur un masque blafard de sorcière au grand nez. Le décor macabre du bureau de mon père tapissé de tentures noires et argentées accentuait encore l'angoisse de l'enfant que j’étais. Quelle horreur ! Jamais depuis et jusqu'à aujourd'hui je ne voulus voir et approcher d'autres dépouilles mortelles. La messe de funérailles à Esneux, puis le long cortège des voitures pour rejoindre le caveau familial d'Oneux m'avaient dispensé de l'école. Un jour de congé de plus que les autres, voilà qui comptait ! La tête du curé d'Oneux, sa voix fausse avec sa bouche en forme de son bec –de- lièvre avaient brisé auprès des frères, sœurs, cousins et cousines le sérieux de circonstance. Nous avions eu peine à cacher nos rires, au grand drame de celles et ceux qui ne pardonnent pas aux enfants l'insouciance de la mort. Moins réjouissante la période de deuil "officiel" qui s'en suivit. Plus de musique, plus de cinéma durant, me semble-t-il, un mois. Depuis, c’était surtout le souvenir du curé comique  qui dominait la visite du cimetière à la Toussaint. Une façon de rendre la mort joyeuse !

Les temps ont bien changé. Sans vraie nostalgie, ces souvenirs me reviennent sous le soleil gris et pluvieux du premier novembre. La toussaint avait beau être une fête joyeuse célébrant les grands et petits saints de l’histoire, nous en retenions surtout celui de la fête des morts du lendemain ou succédait directement à la célébration joyeuse  celle très théorique de la tristesse.

Si comme écrivait Cocteau « le vrai tombeau des morts est le cœur des hommes », je regrette parfois l’oubli favorisé par la perte de signes liturgiques, qu’ils soient religieux ou laïques. Les cimetières ne seront bientôt plus que du patrimoine historique. Les chrysanthèmes et pomponettes ne décoreront plus que balcons ou galeries commerçantes. La convivialité des réunions familiales de ce jour se mue en cortège d’enfants en quête de bonbons chez les voisins. C’est bien et j’adhère à cette nouvelle façon de conjurer l’horreur de la mort. Celle qui nous fait tous peur, même en la déguisant. J’ai bien sûr quelques regrets d'un autre temps que les jeunes n’ont pas connu. Et surtout, qui ne voudrait, comme Brel et Gaughin que le temps ne s’immobile comme aux Marquises.? Là où « l'avenir est au hasard, et passent des cocotiers qui écrivent des chants d'amour que les sœurs d'alentour ignorent d'ignorer » et où les pirogues s'en vont, les pirogues s'en viennent et mes souvenirs deviennent ce que les vieux en font. Veux-tu que je dise, gémir n'est pas de mise… »

 

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L'Etat meurtrier

Boulin.jpgIntéressant reportage que celui de « Envoyé spécial » sur le mystérieux suicide de Robert Boulin, ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing, retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979. Depuis 38 ans, le doute plane sur les circonstances exactes de ce décès. Suicide ? Meurtre crapuleux ? Assassinat politique ?

Au-delà de qui semble bien être aujourd’hui un assassinat politique, comme jadis celui de J.Lahaut et plus récemment celui d’André Cools, chez nous, il est bon de souvenir que la mort de Boulin correspond également au grand basculement vers la mondialisation des marchés financiers et au triomphe du libéralisme économique. C’est la confirmation des liaisons étroites et mafieuses entre le monde financier et la politique. C’est la confirmation de l’hégémonie de quelques grands groupes financiers sur des politiciens devenus leurs marionnettes. Période qui se traduit par la victoire de Thatcher en Grande-Bretagne, avec chez nous le « Baby Thatcher de Guy Verhofstadt et la montée d’homme comme J.Gol, retournant sa veste de gauche pour la droite. Pire probablement, c’est la conversion des partis socialistes européens au libéralisme, à partir du tournant de la rigueur, en 1983. C’est aussi la période des tueries du Brabant !

L’affaire de la mort « crapuleuse » de Boulin, n’est pas seulement celle d’un homme. C’est la mort d’une certaine façon honnête de faire de la politique. Boulin avait une conception d’un Etat de l’intérêt général, autre que celui devenant mercantile. Sans être de gauche, c’était un homme de consensus, un régulateur, un partisan du progrès social, de la participation des salariés dans l’entreprise.

A bien scruter la façon dont est menée aujourd’hui la politique dans notre pays, les leçons à tirer tant sur l’affaire Boulin, que sur les tueries du Brabant, mais aussi plus généralement en Europe où se côtoient des vagues de droite et de gauche radicale, il est urgent de combattre ce qui se trame derrière notre naïveté ou ignorance des coulisses d’une droite d’austérité et de son inféodation au monde des « affaires » du grand patronat, des banques, des multinationales.

Si la droite peut abriter des personnes honnêtes, comme Boulin, c’est le libéralisme assassin qui gouverne. Bien plus qu’à des gens honnêtes, c’est à l’idéologie véhiculée et aux transformations qui agitent notre société qu’il nous faut porter toute notre attention. Des questions aussi diverses que la flexibilité du travail, l’école, la privatisation des services publics, la réduction de la sécurité sociale, la conception de la famille, de la fin de vie, la mondialisation et les transformations à l’Est, etc., etc. , nous obligent à repenser la gauche. Pas la repenser en façade par peur électorale, comme le fait le PS une fois dans l’opposition, mais celle qui promeut bien plus qu’une démarche réformatrice. Une gauche qui s’accroche à un horizon radical de transformation sociale. Une démarche qui associe en permanence la résistance et le projet, la protestation et l'alternative, l'audace et le réalisme transformateur autre que simplement parlementaire.

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23/10/2017

Sortir des "mythologies économiques" ?

grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr.jpgComment sortir des "mythologies économiques" quand nous sommes en permanence intoxiqués par les discours tenus par nos principaux médias comme la RTBF, RTL, TF1 et consorts? Quand en permanence nos entendons parler de la nécessité de réduire la dette de l’Etat, du chômage dû à notre mauvaise compétitive au vu du coût de nos salaires, de la nécessité de la flexibilité du travail, et j’en passe ! Ce qui est aux antipodes de cette intoxication existe pourtant bien. De brillants économistes osent la dénoncer et avancer des alternatives. En 40 ans, aucune baisse du chômage n'a jamais été liée à la flexibilité. La baisse de la taxation des entreprises non plus. La dette s’est accrue par le fait qu’elle ne passe plus par la banque nationale, mais bien par des banques privées. Des banques qui ont été sauvées hier par les Etats et qui appliquent aujourd’hui une politique d'austérité et bradent les biens publics pour combler le trou. Et toujours et encore cette foutue complicité per des Etats et une Europe qui, de fait, sont dirigés par des financiers.

Toujours les mêmes mensonges. Et nous continuons à les croire. Que faut-il donc faire pour en sortir ? Comment arriver à nous faire sortir de la tête la mythologie économique libérale ? Je peux encore comprendre que certains soient effrayé par un communisme qui, soi-disant, leur enlèverait liberté et bien. Mais, de toute façon, les petits biens que nous possédons sont déjà en grande partie perdus par la diminution du bien-commun. Votre pension ou votre salaire ne suffira plus pour faire face à l’augmentation des soins de santé. J’entendais samedi au débat intéressant organisé par « Notre gauche » qu’en moyenne les soins apportés à une personne soignée du cancer coûtait 20.000€ par an. Vous vous imaginez les payer si vous n’avez plus de sécurité sociale ? Et que dire de l’enseignement de vos enfants devenant de plus en plus cher, etc. etc…

Bref, comment résister à la chanson bien connue et mensongère qui nous fait croire en la fatalité d’une fiscalité, entre d’autres dogmes, qui fait peser sur le grand nombre une austérité injuste et sur le petit nombre, une fiscalité privilégiée (intérêts notionnels et mécanismes savants et divers, employés par une ingénierie de spécialistes au service de la grande finance) ? Comment trouver encore sympathique le beau Macron qui baissent les impôts de 3 milliards d'impôts pour les 3.000 foyers les plus riches ! Et nous ne sommes pas en reste avec notre Michel…

Nous avons chacun notre responsabilité. Payez nos taxes est indispensable au bien commun, autant qu’à notre bien-être PERSONNEL. Encore faut-il que nous nous battions pour une redistribution équitable. Si nous n’avons pas le courage de nous joindre aux mouvements de contestation, de grèves, d’information alternative, osons au moins ne pas les attaquer ou déclarer qu’ils sont inutiles. Informons-nous au moins un minimum en sachant que ce qui nous est servi en permanence par les médias traditionnels n’est que le miroir d’une pensée tronquée et inféodée consciemment ou non au pouvoir politique et financier.

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20/10/2017

Le poison du pragmatisme politique

Le pragmatisme politique n’est que le bras du capitalisme pour qui la seule vraie valeur est le profit. A partir de cette conception économique se greffe toute une série d’emplâtres socials destinés à museler toute revendication populaire qui mettrait en danger le système. Niant ou considérant idéologique tout ce qui pourrait empêcher des écarts de richesse, le pragmatisme est en fait une autre forme d’idéologie mieux cachée et plus stratégique pour empêcher l’émancipation des masses populaires. Sous prétexte de valeurs de liberté, de méritocratie, l’idéologie pragmatique met la réalité de la concurrence sur le devant de la scène économique. Plus grave encore, elle incite à la compétitivité non seulement des marchés, mais des personnes entre elles. Ainsi, l’individualisme l’emporte sur la solidarité.

J’ai encore été frappé hier en regardant l’émission politique du jeudi sur FR2. L’invitée était Marine Le Pen. Si son visage avait changé, non seulement par le port de lunettes, mais par une attitude plus douce et un sourire moins agressif et forcé qu’autrefois, le discours restait le même. Face à l’habile Gérald Darmanin, ministre français du budget, il y eu ce moment révélateur. Il lui envoya un « mais vous êtes capitaliste, Madame, sinon dites-le, ce serait un scoop ». Elle ne répondit pas. La messe était dite. Et la suite tourna de nouveau autour du pragmatisme et de la réalité économique. Le ministre avait bien intégré ce que Macron avait répété tout au long de la campagne. Il serait avant tout pragmatique. Il en a fait sa ligne, la marque de son indépendance par rapport à l’approche dogmatique droite/gauche et de sa différence par rapport à la démarche utopique d’un Mélenchon. Macron n’est pas un con. Il est peut-être même honnête et sincère dans une conception qui fait référence à une tradition de pensée née aux États-Unis au tournant du XIXe et du XXe siècle. Celle qui valorise la portée pratique des idées davantage que leur appartenance passée à un arsenal idéologique donné. Le succès a été au rendez-vous. Et pour cause, le peuple étant lassés des résultats médiocres d’une droite et d’une gauche qui ne lui apportaient qu’austérité, chômage et misère.

Congédier tout idéalisme abstrait pour envisager une manière de faire de la politique par rapport à ce qui est faisable ou pas est séduisant. Se libérer des blocs idéologiques de droite et de gauche et prendre la liberté d’y puiser les mesures, les idées qui peuvent fonctionner, voilà qui va marcher. Pour appuyer cette thèse, Macron va plus loin encore. Il s’engageait à « être le président des sans droits, des oubliés, des sans-grade » ! On voit déjà ce qu’il en est et comment est traité celui qui ne « réussit » pas…

Cet exemple français peut facilement être transféré sur ce qui se passe chez nous. Ce discours, avec quelques petites variantes, est celui tenu par tous les partis, à l’exception du PTB. Le pragmatisme est un des grands poisons de la vie sociale et politique actuelles. Les discours de toutes les « élites » politiques, comme Marcourt et Magnette au PS, Nollet et Javeau chez Ecolo, Lutgen et Milquet au CDH, Michel et consorts, pour ne citer que quelques-uns, déclinent, sous diverses étiquettes, cette conception pragmatique de la politique. Tous mettent en avant la libération des énergies, de juger les lois au vu de leur efficacité pratique, de déplacer l’intervention politique du côté de l’expérience des usagers ou de l’expertise de ceux qui disposent d’un savoir sur cette expérience, d’ouverture à la société civile, etc. Tout ce »blabla » est typique d’un système capitaliste qui s’habille de « néo-libéralisme» qui se veut social. Et pourtant, nous le constatons depuis longtemps : allier des mesures libérales à une politique de protection sociale a toujours été un échec.

Mais pourquoi donc, la politique du pragmatisme réussit-elle encore à rallier une majorité d’électeurs ? Parce que probablement,  existe un lien entre la peur de perdre le pouvoir chez « l’élite » et celle de perdre le peu de biens dont jouit encore (mais jusqu’à quand ?) une masse populaire. La majorité des électeurs ne veulent plus de cette politique, mais n’ont pas le courage de la quitter.

« Mon combat est celui qui rendra aussi possible votre combat, sans l’écraser sans nier nos différences, avec tous nos désaccords. Élisez-moi pour mieux me combattre. » lançait Macron à Le Pen lors du débat qui contribua à la perte de la chatelaine. Voilà bien illustré le fléau d’un pragmatisme d’un pouvoir clos ne se jouant qu’entre gens d’argent…

 

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18/10/2017

Culture du compromis ou fin des idéologies ?

glaive.pngLes partis aiguisent leurs couteaux en vue des prochaines élections tout en veillant à pas trop affûter la lame qui pourrait les exclure du pouvoir. Si les pourparlers préliminaires n’ont pas encore véritablement commencé, nul doute que subrepticement certaines éminences grises tâtent le terrain. Les gouffres idéologiques séparant les partenaires potentiels s’amenuisent très vite dès qu’il s’agit de s’approprier une part du gâteau du pouvoir et des nombreux avantages qui y sont liés.

Si les urnes réservent toujours des surprises, les sondages sont scrutés. Une chose est certaine : la chute du PS et l’affaiblissement du CDH du côté wallon et bruxellois. La situation en Flandre est plus complexe. Il ne faudrait surtout pas oublier que les pourcentages se traduisent en sièges au travers des calculs complexes et des apparentements que le commun des mortels ne maitrise pas. De faibles écarts peuvent faire tout basculer. Ne prenons que le gouvernement actuel à la Région wallonne qui ne dispose que d’un siège de plus au parlement pour former la majorité.

A ne pas oublier encore, le calendrier. On commence par les communales. Des pré-alliances sont déjà secrètement signées dans certaines communes. Prétextant une réalité communale différente de la réalité des autres niveaux de pouvoir, le cas de l’union PS-MR de Rochefort est symptomatique, les alliances dites « contre- nature » se jouent déjà. N’y aurait-il donc aucune idéologie entre le choix de logements sociaux sur une commune et celui de promouvoir la spéculation immobilière du privé ? Entre le choix d’une maison de repos publique et des faveurs accordées à celles du privé ? Entre le choix d’une route à rénover et un budget augmenté du CPAS ? Etc. S’il est plus facile de trouver des accords sur des « petits » points que sur des sujets d’'immigration, de transition énergétique, de fiscalité, de défense ou de politique étrangère, la vision idéologique sous-tend, en principe, tout acte politique. Mais le principe et la réalité sont loin de se rejoindre. C’est toujours aussi plus facile de rejeter les problèmes sur un autre niveau de pouvoir. On connait la chanson : c’est la faute de la région, du fédéral, de l’Europe ! La mosaïque des institutions politiques permet à toutes les couleurs d’y entrer pour autant que le canevas capitaliste ne soit pas rendu caduque. Les mariages d’antan tenaient plus longtemps, non par amour, mais par nécessité économique !

Attendons-nous donc, au nom du sens de la responsabilité, à des unions disparates et incohérentes. L’idéologie sera vite oubliée. Les couteaux de faux duels électoraux vite rengainés. Le propre du vieillissement des institutions est l’oubli du pourquoi elles se sont créées au profit de leur extension, de leur maintien et surtout de leur pognon.

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17/10/2017

Le baromètre politique de LLB

sondage llb.jpgVoilà un baromètre qui me parait plus sérieux que les derniers sondages de Sud Presse. L’électorat est en général bien moins versatile que ce qu’il exprime comme mécontentement hors des urnes. La contestation : oui. Le changement : Non. Voilà qui est paradoxal et pourtant réaliste et constant. Les bourgeois aimaient Molière qui se foutaient de leurs gueules, mais restaient attachés aux traditions de leur petit monde.

Ce que je retiens de ce sondage ? D’abord que le « tous pourris » est bien moins porteur qu’en apparence. S’il alimente un sentiment de rejet politique, il n’engendre pas un tout grand chambardement dans l’attachement aux partis traditionnels. Par contre les scandales agro-alimentaires et les changements climatiques effrayent et réveillent la conscience écologique. Ils ont certainement un fort impact sur la montée Ecolo et dans une moindre mesure sur la progression du PTB. Ces deux partis sont plus verts que les autres, mais le vert effraie moins que le rouge même si le capitalisme, que dénonce très faiblement Ecolo, reste le premier assassin de notre planète. L’ancienne crise de la dioxine, il y a 20 ans, avait donné à Ecolo l’opportunité du pouvoir. Rien n’a pourtant véritablement changé et je ne crois pas que des œufs contaminés au fipronil puissent décontaminer le système capitaliste. Comme dans bien d’autres matières, qu’elles soient économiques ou sociales, le marché c’est pour les riches et la démocratie pour les pauvres !

A remarquer aussi que si les leaders pour incarner les idées soutenues par un parti sont importants, ils n’assurent pas pour autant l’entièreté du succès ou de l’échec de celui-ci. La personnalisation des combats politiques reste obligatoire mais aussi aléatoire.

Si les résultats au nord et au sud du pays restent bien différents, il ne faudrait cependant pas s’enfermer dans le cliché simpliste d’une Flandre à droite, une Wallonie à gauche et un «melting pot   » à Bruxelles. La montée du PTB, du SP et de Groen en Flandre prouve le contraire. Le racisme de la NVA, avec son leader Francken, fait aussi des émules en Wallonie et à Bruxelles.

Que dire en conclusion ? La stratégie d’un Michel, soumis à la puissante NVA, reste payante pour la droite, mais jusqu’à quand ? Nous en saurons plus l’année prochaine lorsque la très longue compagne électorale aura commencé en perspective du double scrutin d’octobre 2018 (élections communales et provinciales) et mai 2019 (élections régionales, fédérales et européennes). Tout ne sera pas bouleversé, mais les pronostics d’une très probable reconduction de la coalition actuelle demeure pour le moins hypothétique.

Mon opinion reste la même. Tant qu’une large conscientisation sur le système vicié et vicieux d’une économie capitaliste, déguisée en libéralisme social ou en social-démocratie, ne s’établira pas comme vraie conscience populaire, rien ne changera. Nous resterons dans le théâtre des petits jeux politiciens tandis que la mise en scène et la réalisation de la pièce sera encore et toujours aux mains des grands marchands de fric, d’armes, d’aliments et de consommation destructeurs de notre planète et fournisseurs d’inégalités avec comme seul programme le profit. Autant savoir ! Les sondages d’opinion ne sont que des changements de couverts à une table où nous resterons toujours des invités du genre de Pignon dans le diner de cons. Et apparemment, ce n’est pas encore demain que Pignon comprendra la véritable nature du dîner auquel il a été convié…

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15/10/2017

Le jeune Karl Marx

Le-Jeune-Karl-Marx-la-critique.jpgDans la petite salle du Churchill, presque pleine malgré une soirée d’été, j’ai enfin pu voir ce film. Je n’en suis pas sorti déçu, mais pas non plus « emballé ». Pas facile de suivre la boussole du réalisateur qui s’amiante tantôt sur la politique, tantôt sur l’intrigue individuelle. Mais c’est peut-être ce mélange qui apporte au film une incarnation subtile du combat des idées et des stratégies politiques qui animent les personnages. Le combat mené par Karl Marx, Friedrich Engels, Joseph Proudhon, Wilhelm Weitling, Mikhaïl Bakounine ou Gustave Courbet, n’a rien de « mortifère ». C’est entre parties d'échecs endiablées, nuits d'ivresse, amour et débats passionnés, que sera rédigé “Le manifeste du Parti Communiste”, une œuvre révolutionnaire sans précédent. Mais ce mélange a aussi un défaut. Le film s’en trouve, tour à tour, trop joliment sentimental et trop sèchement discursif.

La reconstitution historique de l’époque est remarquable, sobre. Elle montre bien, non seulement le contexte social de l’industrialisation, mais aussi de ses prolongements. Les acteurs incarnant Marx et Engels sont excellents. Ils incarnent formidablement les deux révolutionnaires en débatteurs rompus à toutes les subtilités de la dialectique, convaincus de leur supériorité, voire même arrogants ! Gourmet dans le rôle de Proudhon est remarquable.

Mais il y a surtout des intuitions, des brillantes analyses portant sur le logiciel du système capitaliste du XIXe siècle qui pourraient s’appliquer, sans en changer un iota, aux sociétés postindustrielles d’aujourd’hui et qui peuvent encore servir. Le temps des iniquités n’est pas révolu, même si elles ont changé de visage et s’engluent dans la fausse démocratie dite sociale qui maintient en place les dominés et les dominants. La négation des classes est un leurre. Le gouffre entre l’oligarchie et le peuple est encore bien là. Les injustices sociales, en progression, n’appartiennent pas au passé.

La droite ne manquera pas de trouver, évidemment, le film poussiéreux et mettra en exergue les dérives des régimes communistes. Elle tente de nos jours de lutter contre le « dégagisme » et l’espoir que suscite une gauche au succès grandissant, bien vite définie d’extrême.

En tout cas, Marx n’est pas qu’un souvenir. Il participe encore à l’émancipation d’une classe cocufiée que le capitalisme endort. Et, je pensais à la belle chanson de Raphaël :

« Et dans 150 ans, on s'en souviendra pas

De ta première ride, de nos mauvais choix

De la vie qui nous baise, de tous ces marchands d'armes

Des types qui votent les lois là-bas au gouvernement

De ce monde qui pousse, de ce monde qui crie

Du temps qui avance, de la mélancolie

La chaleur des baisers et cette pluie qui coule

Et de l'amour blessé et de tout ce qu'on nous roule

Alors souris ».

Non, au simple sourire. On s’en souvient de Marx. Non à ce qui engendre la fatalité. « Le bonheur est dans le combat », dit si justement sa femme.

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12/10/2017

Les moustiques Hedebouw et Vanhees

moustique rouge.jpgDans le ronron traditionnel d’une Chambre où tourne la troupe théâtrale de petits acteurs jouant à tour de rôles ceux étant principaux dans la majorité et les secondaires dans l’opposition, les deux parlementaires du PTB apparaissent comme parasites de cette scène. Leur costume rouge était prévu pour rester en coulisses, mais voilà qu’ils apparaissent en moustiques, piquant de plein fouet la langue bien pendue des blablateurs faisant passer leurs discours de café de commerce en termes savants. La réplique de l'argument " populiste" devient caduque quand ce populisme se transforme en chiffres éloquents prouvant la manipulation gouvernementale. L’horreur devient totale quand les chiffres du parti rouge se voient confirmés par des médias dits sérieux. La Libre et l’Echo seraient-il passés en « stoemelings » au service de ces horribles gauchistes empêcheurs de tourner en rond ? Pire, ne seraient-ils pas dépendants, voire financés par la Corée du Nord ? L’attaque de Michel traitant le service d’étude du PTB de vénézuélien tombe comme un flop argumentaire. L’association du parti moustique aux méchants et vilains partis communistes a du plomb dans l’aile. Les chiffres de l’ONSS, sources du décryptage rouge ne peuvent trouver l’argument que cet organisme serait à la solde de Castro ou Maduro ! Briser la montée du PTB par ce genre de commentaires ne fonctionne plus. Que faire donc pour éviter la multiplication des moustiques ? Que trouvez comme autre insecticide ? Que trouver pour dire que la responsabilité vaut bien 11.000€ par mois pour être bon acteur ? Pas question de perdre la moindre goutte de fric par les piqûres d' Hedeboux et Vanhees. Accepter celles des autres mannekens ( PS, CDH ou Ecolo), qui ne faisaient que chatouiller, suffisait au succès de la pièce, mais le danger est aujourd’hui bien plus grave. Le duo de l’ex- biologiste et de l’ex- inspecteur des finances commencent à bien faire. Critiquer le populisme quand on le pratique, voilà qui se remarque. L’électeur naïf et manipulé commence à se raréfier. Le narcissisme de Michel devient moins payant que le charisme de Raoul. Attendons-nous donc à une large alliance des partis traditionnels pour prolonger le vaudeville qui leur offre un costume sur mesure en obligeant le peuple à s'habiller du prêt-à-porter avec leurs mesures qui nous font serrer notre ceinture !

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09/10/2017

Pourquoi a-t-on besoin d’icônes ?

che.jpgPeut-être parce que trop marqué par l’iconographie religieuse, je me montre très réticent envers le "culte" de leaders, aussi charismatiques et engagés soient-ils, devenus icônes populaires, y compris pour des causes que je soutiens. Sont-ils, sans doute, une bonne référence pour réveiller des mouvements solidaires et unificateurs, tels les saints de jadis ou ceux encore canonisés aujourd’hui. Contrairement au « saint », modèle de perfection personnelle, l’icône politique est devenue, telle que celle du Che, une icône sociétale. Très bien, mais avec le risque d’un manque d’analyse critique et une forme d’idolâtrie infantilisante de la personne admirée. Une icône reste un symbole et donc peut être reprise et transformée de nombreuses manières différentes. La personnalisation et l'individualisation du pouvoir établi ou révolutionnaire mettent toujours la démocratie en danger. Je regrette la constante historique de voir les hommes toujours éprouver le besoin de voir l'autorité s'incarner en une personnalité, y compris dans des régimes politiques communistes. Le piège est alors de rendre responsable un être humain, loué ou blâmé, de la réussite ou de l’échecs d’un gouvernement ou d’un mouvement.

Ceci ne m'empêche pas de soutenir toute action pour entretenir la mémoire collective de celles et ceux qui se sont battus, avec un engagement total pour la justice sociale.

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05/10/2017

Les grèves seraient-elles devenues inutiles ?

lutte10.jpgAlors que les grèves ont rythmé toute l’histoire sociale, il faut bien avouer, à en croire les sondages, qu’elles n’ont plus le soutien populaire d’autrefois. L'opinion, les usagers des services publics supportent de moins en moins bien les blocages. Dans une société de communication où l’adhésion de l'opinion publique pèse de plus en plus sur le choix de la communication et de l’action, les gouvernements surfent sur ce manque d’adhésion pour introduire des lois subtiles affaiblissant le rôle syndical.

Si l'organisation d'une journée nationale d'action, avec grève et manifestations, ne constitue pas une recette miracle capable d’effet à court terme, elle joue pourtant à moyen ou long terme un rôle de « régulation » sociale non négligeable, même si mon espérance est celle d’une révolution radicale.

Comment dans la situation que nous connaissons avec des soins de santé toujours plus chers, des projets de pensions imbuvables, des services publics rabotés, un pouvoir d’achat réduit par des hausses d’électricité, etc. etc. ne pas croire à l’utilité d’une forte mobilisation contre de telles mesures ? Les organisations syndicales savent bien que sans celle-ci, elles seront affaiblies pour négocier avec les autorités.

Le gouvernement table, lui, sur l’individualisme, la résignation et l’abattement pour imposer ses plans au nom d’une démocratie qui ne fait que servir toute une oligarchie politique et financière. C'est l'avenir, sur le long terme, qui est aujourd’hui concerné, bien plus encore que des intérêts immédiats.

Comment obliger nos politiciens à sortir de leur bulle quand nous restons dans la nôtre ?

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